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Yamina Belaïdi-Benguigui, femme du "Siècle"

samedi 19 mai 2012, par Pierre Dortiguier

Une femme chasse l’autre, mais la société « Le Siècle » demeure toujours aussi présente au gouvernement de la République Française.

Car une autre fille de l’immigration –pour reprendre une expression populaire, inexacte sur le plan politique, celui de la citoyenneté au sens strict, mais non pas moral – a illustré, avant de devoir l’abandonner, ce même club parisien fermé, de forme et de mentalité maçonniques « Le Siècle » : Rachida Dati !

Il est utile de préciser que ce pays des Droits de l’Homme dont Yamina, de son vrai prénom musulman abandonné Zora, mariée Benguigui se réclame, comme défenseur de ces valeurs, est une sorte de pays sans frontières autres que celles fixées par les puissants du jour ! Et elle-même en a la garde, tout comme le fidèle mameluk d’Egypte veillait sur le sommeil de Napoléon !

Nous comprenons par cette adhésion à ce club politico-financier, la raison des honneurs attribués à cette descendante de militant algérien pour l’indépendance nationale, qu’est l’ordre de Chevalier du Mérite et autres dignités, Chevalier des Art et Lettres. etc, nommée ministre déléguée aux Affaires Etrangères, chargée des Français de l’Etranger !

Ce n’est point que nous discutions de la valeur de celle que M. Hollande a intégrée dans son gouvernement, comme un second Fabius, parmi les 17 femmes du sexe faible –selon la terminologie classique- devant les 17 hommes, le tout étant inséré dans un admirable agencement de parité, de principe d’égalité qui fait, en ce temps de crise, pour retourner une formule du philosophe Kant, que « cent thalers réels valent cent thalers imaginaires » ou empruntés !

Peu importe la crise, ce que la République célèbre, comme le sculpteur Pygmalion de la fable grecque, c’est sa création : mais d’abord, qu’est-ce « Siècle » dont la productrice de cinéma, madame le ministre socialiste, est, aux côtés de la présidente du syndicat patronal MEDEF, Laurence Parisot, ou Fadela Amara, Françoise Chandernagor, Nicole Notat ex dirigeante de la CFDT, un des piliers ?

C’est une société dont le journaliste d’investigation Emmanuel Ratier a publié en mars 2011 les noms dans son livre « Au cœur du pouvoir, enquête sur le club le plus puissant de France ».

751 personnes le composent au janvier 2011, mais la liste d’attente est grande pour cette cour de Versailles des nouveaux Rois de France, issus de dynasties de droite ou de gauche.

Et l’adhésion à cette société fait penser aux obligations d’assiduité des cellules communistes ou des loges des sociétés de pensée.

Les débats ne sont point publics ni publiés : il s’agit donc d’une société secrète, et la régularité mensuelle - tous les derniers mercredis du mois, dix fois par an - de ses réunions laisse supposer que la politique économique, culturelle, nationale et internationale y est suivie, discutée, sinon ordonnée.

Serait-ce là le véritable pouvoir occulte, dont les autres Assemblées ne seraient que l’expression publique, alors que tout serait déjà programmé ailleurs ?

Le peuple n’y voit goutte. Celui qui est victime de discriminations dans son travail ou à l’école, ignore que son défenseur présumé est à la table servie aux frais de la laïcité, du milieu financier réconciliant ceux qui dans les rues, au milieu des porteurs de pancartes, lèvent le poing fermé contre les patrons, et ceux qui engrangent une fortune, au détriment du bien commun !

Semblable réflexion devrait certainement atteindre les électeurs du Front de Gauche renvoyés à leurs revendications ou exigences d’équité, et qui ne sont que des forces d’appoint, des échelles pour accéder au pouvoir, et que l’on rejette au bas des murailles républicaines, une fois les remparts atteints.

Cette organisation du « Siècle » fut fondée en 1944, et siège au 13 avenue de l’Opéra : le vote de réception des postulants par boules blanches est un rituel typiquement fraternel, à savoir maçonnique ; en fait, il s’agit véritablement de ce que l’on appelait les arrière-loges, celles qui à l’ombre des proclamations philanthropiques, reçoivent et appliquent les instructions venues d’en haut, et que les esprits religieux véritablement, non sans ironie, disent d’en bas !

Mais au fond, demandera-t-on, est-ce librement qu’un gouvernement français élit ses ministres ? N’est-il point soumis à une censure supérieure, à ce gouvernement nocturne dont parle Platon, mais qui dans la cité de Dieu seulement est composé de sages, et non point dans celui des droits de l’Homme, dont on peut se demander s’il s’agit véritablement encore d’une créature venue du peuple ou de ces milieux sectaires qui prennent en main la marche du monde ?

Cette attention portée à Yamina Benguigui, n’a pas la même importance que celle portée, par exemple, au nouveau ministre de l’Intérieur dont un ami ou camarade de parti appartient aussi à la société du Siècle, le Don Juan socialiste DSK !

Nous ne préjugeons point de la capacité politique ou culturelle des compagnons de table de Yamina Benguigui, autour de cet apéritif mensuel qu’elle dédaigne peut-être, à la différence de son mari, par scrupule religieux ! Mais nous nous alarmons de l’indépendance politique, de la liberté d’action des membres d’un gouvernement qui ont une main sur le cœur, soit, mais comme disait un député conservateur à feu le président radical, le frère maçon ultra laïque et rusé combinard de la 3ème République Edouard Herriot (1872-1957), qui a également deux mains ; et celle-là, cette deuxième, nous semble enchaînée.

Sera-ce le sort du gouvernement choisi par M. le Président Hollande, sous le coup de cette nécessité ?

Qui lui fait déjà dire, devant M.Obama, que l’Iran est face à ses responsabilités, pour menacer ainsi un peuple qui ne fait qu’appliquer son droit à l’acquisition de la technologie nucléaire ?

Pourquoi douter des bonnes intentions d’un gouvernement de gauche, d’un changement annoncé ? Oui, mais à la table des repas du « Siècle », suffit-il de changer les chaises pour ne pas avoir à lire et consommer le même menu ?

Enfin, si vous êtes curieux de la vie parisienne, sachez que chaque dernier mercredi, madame Benguigui, entre 20h30 et 21 h, est à l’apéro, à la table du « Siècle » et que vouloir y trouver à redire serait la marque d’une discrimination médicale ou religieuse, dont toute sa personnalité est un démenti. C’est la citoyenne d’une république conviviale, de moins de 800 personnes. Ce que l’on doit nommer l’élite. En doutez-vous ?

 
 
 
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