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Voltaire justifié

dimanche 17 février 2013, par Pierre Dortiguier

Le siècle est mutilé, comme l’esclave vu
Par Candide en Guyane, où le portaient ses pas ;
Son maître hollandais, Vanderdendur pourvu
D’or et réputation, le conduit au trépas !
Ce Noir du Surinam*, que nous dîmes Nègre
Au temps déjà ancien où les races vivaient,
Horrifie nos modernes enchaînés à l’Histoire,
Sorte de Caverne, dont aucuns survivaient
Sinon des philosophes aveuglés de lumière
Ou laissant le poison aux mains démocratiques :
Exigeant qu’ils finissent en commune posture !
Car le bonheur n’est sûr qu’en termes politiques !
C’est ainsi que Voltaire aurait été trompé
Quand l’anglais Medina, ayant placé ses francs**
Pleura en usurier, qui l’a ainsi dupé !
Comment peut la mère croire aussi en ces blancs
Pour leur vendre son fils ? Mais cela est partout
Au pays des fétiches*** où l’illusion fait tout !

* Maintenant République du Suriname, mentionnée dans un passage du conte de Voltaire, Candide ou l’optimisme.

**« Quand M. Medina, votre compatriote, me fit à Londres une banqueroute de vingt-mille francs, il y a quarante ans, il me dit que ce n’était pas sa faute, qu’il était malheureux, qu’il n’avait jamais été enfant de Bélial, qu’il avait toujours tâché de vivre en fils de Dieu, c’est-à-dire en honnête homme, en bon israélite. Il m’attendrit ; je l’embrassais ; nous louâmes Dieu ensemble, et je perdis quatre-vingts pour cent. » Voltaire, Dictionnaire philosophique, article : Juifs, section IV, réponse à quelques objections

*** « Cependant, lorsque ma mère me vendit dix écus patagons sur la côte de Guinée, elle me disait : « Mon cher enfant, bénis nos fétiches, adore-les toujours, ils te feront vivre heureux ; tu as l’honneur d’être esclave de nos seigneurs les blancs, et tu fais par là la fortune de ton père et de ta mère. » Hélas ! Je ne sais pas si j’ai fait leur fortune, mais ils n’ont pas fait la mienne. Les chiens, les singes et les perroquets sont mille fois moins malheureux que nous ; les fétiches hollandais qui m’ont converti me disent tous les dimanches que nous sommes tous enfants d’Adam, blancs et noirs. Je ne suis pas généalogiste ; mais si ces prêcheurs disent vrai, nous sommes tous cousins issus de germains. Or vous m’avouerez qu’on ne peut pas en user avec ses parents d’une manière plus horrible. »

 
 
 
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