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Victoire d’Hollande : Une victoire à la Pyrrhus ?

dimanche 6 mai 2012, par Pierre Dortiguier

Une bataille trop lourdement coûteuse fragilise la victoire ; ce qui serait arrivé à Pyrrhus Ier, un neveu d’Alexandre, en bataillant contre Rome.

Imaginons une victoire électorale où le vainqueur aurait sacrifié son programme, le rendant illisible pour être approuvé de la plus large masse !

C’est ainsi que l’on peut qualifier de triomphe non décisif la fin de cette bataille électorale où, par une victoire incontestée mais politiquement inutilisable, un homme accède à une charge sans programme connu ni de ses électeurs ni, ironisent ses adversaires, de lui-même !

Il a annoncé des effets merveilleux de baisse du chômage et de créations d’emplois (terme plus indécis que celui de travail et qui s’adapte mieux aux occupations distribuées par une république des camarades) mais sans donner de cause matérielle. Peut-être sommes-nous devant les miracles de la nouvelle religion du New Age, où l’homme adore sa volonté, ou ce que les psychologues nommaient la velléité !

On parle de « s’atteler à un chantier », formule pompeuse, mais qui oublie l’urgence des rendez-vous européens, et surtout écarte le premier reniement de la campagne démagogique : l’impossibilité de renégocier le traité européen sur la règle d’or, que M. Sarkozy – peut-être heureux d’échapper aux difficultés de son rival trop naïf et inexpérimenté, choisi par défaut d’un D.S.K emporté par le démon de la luxure !

Ceux qui vivent dans le petit futur comptent les jours de grâce et Michel Sapin, qui jouera un rôle dans le prochain quinquennat, en économiste « socialiste » dit que le temps s’accélère, en effet, et que là où Mitterrand avait pu demeurer auréolé des mois durant, jusqu’aux premières faillites industrielles, le bonheur ne sera que celui d’une lune de miel.

La France est à cet égard, pour M. Hollande, comme elle l’eût été pour son prédécesseur, plus une compagne ou une fiancée tenue par des promesses qu’une femme par une alliance devant Dieu ! La personne forte du couple reste la voisine d’Outre-Rhin courtisée par de jeunes premiers italiens, mais la France a sa place, sauf qu’elle n’aura plus bientôt les moyens de maintenir un certain train de vie !

Le bouleversement de nos rapports avec l’Allemagne a été un des éléments de l’originalité du projet hollandiste : il ne pourra que se soumettre à la comptabilité européenne qui le sommera de payer ou de se taire, et il choisira la seconde branche de l’alternative.

Mais le peuple de gauche –notion typiquement française et révolutionnaire- le somme de garantir des emplois, ses égaux réclament des charges, comme dans ce livre de Robert de Jouvenel édité en 1914, déjà cité plus haut : la république des camarades.

La France disposera bientôt d’une législature socialiste, comme elle a le Sénat aux mêmes teintes roses, et le triangle du pouvoir et de ses deux piliers représentatifs en fait une cinquième république gaulliste inversée ; mais la différence est dans la tête : comme M .Mitterrand, son premier grand geste sera, il l’a annoncé pompeusement, de se rendre en Palestine occupée, exposer la nécessité pour les Palestiniens de souche de sacrifier aux courants migratoires dont on trouvera dans une Allemagne ancienne la raison d’être et comme l’excuse. Nous aurons une double politique, celle du CRIF où il serrait la main à M. Sarkozy, et celle de la Fraternité républicaine, mais dont les Palestiniens de tous les pays, s’apercevront vite qu’elle est réservée aux frères du genre de ceux qui occupent les plus nombreuses et populeuses loges du monde, des Etats-Unis.

Le divorce avec la nation se fera jour ! Le peuple de droite, l’autre moitié du corps électoral verra son nouveau maître comme un homme ayant connu le monde comme secrétaire d’un parti et maire d’une localité obscure ; ce n’est point le village d’un César, mais l’escabeau pour se hisser jusqu’à Rome !

Est-ce suffisant pour commander à une armée de Français anciens et nouveaux, et même pour mobiliser des énergies ?

La France comme telle en doute ; aussi s’est-elle partagée en deux camps égaux, paralysant ainsi l’unité du vouloir qui est le feu moteur de l’énergie ; c’est un mariage de raison et venu aussi d’une lassitude de voir le pouvoir entre des mains de complices qui par volonté du peuple entendent leurs combinaisons, leurs desseins de moins en moins secret de s’enrichir au détriment d’une classe moyenne laminée en Occident et tendant à se former et à s’imposer comme facteur dynamique en Orient.

On pourrait, à cet égard, recommander au nouveau Président et ancien secrétaire général du parti socialiste, et surtout à ses amis de Julien Dray à Laurent Fabius, ou Jean-Marc Ayrault ministrable qui approuvaient l’engagement markovien en Afghanistan, de suivre ce conseil de Voltaire –qui avait l’horreur de la guerre civile française endémique, et du mépris affiché par nos nouveaux riches pour les grands peuples de l’Asie : « En vous instruisant en philosophe de ce qui concerne le globe, vous portez d’abord votre vue sur l’Orient berceau de tous les arts, et qui a tout donné à l’Occident » [1]

Le vent d’Est l’emporte-t-il ? La France tire cette conclusion, dans son isoloir qu’est la conscience morale, que la tempête électorale n’a pas vraiment soufflé, qu’elle n’a fait que troubler le verre d’eau des candidats et qu’une masse orageuse se forme dans le ciel !

La réaction paysanne était de sonner les cloches, pour disperser les nuages ; pratique que le laïcisme étroit et persécuteur de la génération qui gravit les marches de l’Elyséen christiano-et islamophobe en diable, sous ses drapeaux niveleurs et féministes, et chose plus facile apparemment à Paris qu’à Moscou, brandis par la nouvelle aristocratie homophile, n’est pas prête d’observer !

Les vainqueurs vont-il abuser de leur succès ? Une sorte de « spoil system » à l’américaine, de partage des dépouilles a été élégamment annoncé pendant la campagne électorale.

De toutes les promesses faites, celle-ci est immédiatement réalisable.

Notes

[1] Avant-propos à l’Essai sur les Mœurs et l’Esprit des Nations, composé en 1740, dit « Philosophie de l’Histoire »

 
 
 
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