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Une lutte fratricide, au bénéfice de John Bull et de l’Oncle Sam !

samedi 4 août 2012, par Pierre Dortiguier

A considérer les palabres de la Ligue arabe et les danses saoudiennes du sabre autour des Etats-Unis et de leur équipage otanien, on en vient à citer ce vers de Racine :

« L’on hait avec excès, lorsque l’on hait un frère » (La Thébaïde, 3, 6)

Les événements se chargent de marquer les étapes de cette démesure : la dernière, dont la diplomatie russe – et à Londres, le Président Poutine - relève la gravité, est l’abandon, certainement, sous pression, de son administration onusienne, d’Annan.

Il faut reconnaître également, avec le porte-parole du gouvernement chinois que, "dans les embarras qui lui sont faits, la démission de M. Annan est compréhensible". Cela revient à désespérer de toute solution raisonnable à la crise provoquée, en Syrie.

La question n’est plus de chercher les responsables : chaque prisonnier rebelle dévoilant son identité étrangère démontre le complot contre ce pays. Il faut, maintenant, juger des décisions occidentales : la dissension entre Arabes étant obtenue, savoir une coalition passive ou active contre l’Etat –« le régime d’Assad »-, la décision semble devoir être obtenue, dans un rapport de force entre pays étrangers au monde arabe lui-même, les Kurdes sont rejetés vers une autonomie que leur propre histoire a toujours eu du mal à réaliser, les officiels turcs prennent conscience de la catastrophe nationale de cette République imitée des radicaux français, centralisateurs et intolérants, mais il leur est impossible de reculer : le pays a un Etat-major, mais le commandement suprême, celui de l’OTAN lui échappe !

Demeure un bras de fer, une démonstration de moyens militaire entre sino-russes et le reste de la flotte US, dont nous sommes, en France, les mousses obéissants !

Ceci étant admis et reconnu, quelle alternative s’offre, maintenant, aux « pays Arabes » : elle est simple, être pour ou contre une coalition anti-iranienne. C’est la pierre de touche qui jugera de la qualité du métal précieux de la foi, dont se réclament les tribuns et les chefs !

Le sort de la Syrie est trop vite suspendu à un progrès des forces militaires d’intervention, et le mot d’ordre d’un BHL vieillissant et aigri, de passer outre le Conseil de sécurité rejoint un des pions des "Syriens libres" (sous entendu de tout attachement patriotique et de tout concept d’Etat syrien), de créer des « zones tampons », des « no fly zone », sur l’air libyen connu ! Une esquisse en est faite à la frontière turque, avec, -l’histoire le dévoilera-, le rôle de l’armée turque, qui a agressé les postes, pour y installer les "libérateurs", au détriment des intérêts économiques turcs !

En réalité, le sort du pays est bien lié à l’attitude de la nation arabe, dont l’unité anti-impérialiste était un des buts du « régime » politique, instauré, au début de 1970, reprenant les principes de la République Arabe Unie syro-égyptienne : le seul coup fatal contre le gouvernement légal actuel serait l’immobilité de l’opinion arabe, devant l’action terroriste ! Serait-ce qu’alors se dévoilerait une faiblesse historique de ce mouvement « nationaliste » panarabe, dont le Nassérisme fut l’expression bien idéalisée ?

Le combat, en Syrie, est celui, avouons le, au sein d’un peuple politique, d’ethnies réelles, de confession enracinées qui ont une volonté de « vie commune » appuyée sur un passé, sur l’idée antique d’une Syrie, et étendue sur ce que l’Arabe nomme le croissant fertile : s’unir ou périr, être ou ne plus être, telles sont les branches du dilemme.

Il est honnête et nécessaire de dénoncer l’agression étrangère et le poids de ces, par exemple, 12 millions de dollars ajoutés à la thésaurisation politique ancienne du Département d’Etat, pour anéantir l’œuvre syrienne avérée et son soutien au Liban frère et à sa partie méridionale qu’est la Palestine ; mais il est indispensable, aussi, de présenter la responsabilité des élites arabes, de toute confession ou rite, devant son propre avenir. Ne pas se poser la question pourrait expliquer cette image familière de la comparaison faite par Jésus, (béni soit-il), du jugement de Dieu, avec la taille d’un élagueur, qui rejette les branches mortes du figuier, arbre pourtant solide, mais bien mortel. S’il nous est permis d’ajouter à une parole prophétique, ce parfum de Paul Valéry (1870-1944) connu des bacheliers d’antan, extrait de la "Crise de l’esprit" (1919) : "Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles" . On aimerait que ceci soit, aussi, davantage, traduit en « claire langue arabe » !

 
 
 
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