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Une conception de Dieu dénoncée par Clément XII.

1738

mercredi 6 juillet 2011, par Pierre Dortiguier

L’adoration de la raison humaine.

« Nous nous saluons, mais nous ne nous parlons pas. », écrivit élégamment, - interrogé par son correspondant Piron - , Voltaire sur sa relation avec Dieu comparé à un puissant et immense voisin, et plus profondément que l’on ne saurait le prétendre, car l’idée divine est souvent mêlée de distraction ou liée à un souci de soi, et non pas à une attention sérieuse portée à cette nature sublime et indicible, quoique sentie immédiatement. Les preuves de l’existence sont affectées par l’attitude : l’on rêve intellectuellement et tout aussi utopiquement d’une perfection à laquelle l’existence manquerait et qui serait donc vaine comme telle, si on ne la lui accordait. Ce fut l’erreur du fameux moine des îles anglo-normandes saint Anselme, réfuté par son compatriote breton, autre clerc perspicace nommé Gaunilon. Elle sera répétée par Descartes et toute la cour cartésienne, recevra des Allemands le nom de preuve ontologique, et devra attendre la rigueur prussienne pour céder la place chez Kant à l’argument renouvelé de saint Thomas d’Aquin liant l’existence logique de Dieu non plus à une idée de perfection qui est, en ce cas, un sophisme, une façon de retirer de l’eau la main qu’on y a plongé, mais à une nécessité de penser, à une contrainte de la raison humaine [1]. Ce sans quoi toute pensée (« alles Denkliche ») s’effondre. « La possibilité intérieure, les essences des chose" sont en réalité ce dont la suppression anéantit tout pensable » [2]. Chaque candidat au baccalauréat aurait su répondre à cette question scolaire qui a fait l’objet de dissertations, jusqu’au jour où le nom de Dieu a été classé dans les archives comme une étiquette à produire en campagne électorale et tout au plus remplacé par la qualité maçonnique de Suprême Architecte de l’Univers, sur le modèle duquel l’astronome Laplace, selon une fausse tradition, aurait répondu à Napoléon, l’interrogeant sur le rôle de Dieu dans son système de l’Univers, qu’il n’avait pas eu besoin de cette hypothèse !

Chacun doit savoir que cette idée maçonnique a fait son chemin et s’accroche comme un lierre grimpant sur toutes les chaires. Le premier pape qui a mis en garde son peuple, comme un berger ramenant au bercail son troupeau qui est l’humanité même et le gardant des loups, le florentin Laurent Corsini [3] a donné ses motifs en précisant énigmatiquement qu’outre des arguments sur l’esprit d’impiété et de rébellion, et surtout la contrainte du secret qui ouvre la porte à tous les complots, cette condamnation éternelle était également justifiable « pour d’autres causes justes et raisonnables à nous connues ».

Il se trouve que notre compatriote Roger Peyrefitte a, dans son roman « Les fils de la lumière » - qu’on nomme par ailleurs les Illuminati [4]- publié une lettre italienne de Clément XII commentant sa bulle du 28 avril 1738, obtenue par lui de la Bibliothèque vaticane, et en a donné des extraits puis en fera publier l’intégralité dans les revues maçonniques « Le Symbolisme » et « Humanisme ». « L’objet unique de leur culte est, en effet, l’adoration de la raison humaine, proclamée libre, seule force de l’humanité et mise sur l’autel de l’orgueil le plus présomptueux, grâce auquel ils s’adorent eux-mêmes, monstrueuse exaltation qui répète consciemment la faute originelle de Lucifer et dresse la pensée humaine contre son Créateur et Seigneur, dont elle nie bien l’existence, parce que si Dieu existe, cette exaltation et adoration de l’homme par lui-même n’est pas possible. »

Or il s’agit, l’observe l’Italien, sous un athéisme pratique, d’un chose plus grave : modeler un théisme ou concept de Dieu particulier, à savoir une représentation de l’Etre Suprême dont chacun sait qu’il aura été l’objet du bref culte officiel rendu, peu avant sa déchéance, par Robespierre et la Convention nationale, le 8 juin 1794, en réalité plus grave que des injures sacrilèges contre la religion. Pire, en effet, que la violence qui s’essouffle est l’apparence de l’ordre injuste ou la philosophie de l’esprit faux, car il mine les fondements de tout ouvrage en endormant la raison humaine qui est dupée dans son besoin de croire, comme se peut nommer sa confiance naturelle dans la présence continue de la vérité.

Le Suprême substitué au Sublime.

« Qu’est-ce donc que Dieu, dont l’existence est niée partout dans les doctrines philosophiques et éthiques qu’ils professent ou doivent professer ? Ce Dieu nié par la Raison qu’ils placent au centre de l’univers toute seule, et qui est censée contredire l’existence de Dieu ? Il est le Suprême architecte de l’univers. Il est suprême, mais non unique architecte de l’univers. Où il y a quelque chose de suprême, il y a quelque chose d’autre qui a construit et construit, avec ce Dieu non unique, l’univers. Dieu, ainsi qu’il doit être si on le conçoit comme l’Omnipotent, le Créateur et le Seigneur, ne peut être que l’unique architecte de l’univers…  »

Voici la conséquence pratique de cette référence au culte de l’Etre suprême, qui est la négation de l’unicité de Dieu et donc de son action puissante autant que libre, comme s’en exprime fort bien le Pontife romain qui parle au nom de l’armée des fidèles, en tous lieux : « Affirmer la suprématie de ce Dieu comme architecte de l’univers signifie donc nier pratiquement l’unique possibilité rationnelle de l’existence de Dieu. Qu’est-ce donc que ce Suprême Architecte de l’Univers, que les frères libres maçons placent comme un miroir vide et muet devant les yeux de leurs sectateurs, pour confondre leurs esprits et éviter de trop brusques et immédiates révélations, sinon ce hasard qu’avec un orgueilleux aveuglement leurs doctrines affirment ou sous-entendent avoir donné origine à l’univers ? Aveugle fantoche, sans aucun ombre de ressemblance avec ce Dieu en lequel nous croyons. Il est architecte, mais eux-mêmes se qualifient de maçons, donc de collaborateurs continus, directs et nécessaires de l’architecte, participant à son activité et non pas ses fils et serviteurs. Bien plus, ils sont en même temps les « briques » avec lesquelles se fabrique jour par jour cet univers au centre duquel il n’y a plus Dieu, mais la raison humaine, vrai artisan de toutes choses selon leurs doctrines. Pour cela, ils sont donc la « maçonnerie », c’est-à-dire la vraie fabrique et officine qui unit entre eux les maçons, les briques de cette humaine fabrication ».

Et le pape florentin Clément XII définit la nature de la liberté dangereuse d’aujourd’hui qui donne son nom à la société maçonnique qui trône partout où elle affermit l’injustice et augmente le désarroi : « Ils sont libres, non parce que quelqu’un menace leur liberté matérielle et qu’ils veulent ainsi l’affirmer, mais seulement parce qu’ils déclarent libre leur raison et libre leur pensée, libérées d’un Dieu qui n’existe pas et qui est le hasard aveugle, privé de toute valeur. Dans leur terminologie même, ils révèlent donc avec certitude leur monstrueuse erreur, leur doctrine vraie et profonde, même si elle est encore masquée aux profanes et à leurs nombreux adeptes. C’est pourquoi leur secte doit rester si longtemps secrète. Nous, tout cela nous le savons, non seulement par la science certaine qui qui nous vient de la révélation et de notre qualité, mais aussi parce que cela nous a été appris, comme à nos prédécesseurs, bien qu’on ne puisse, par prudence et par les liens du secret, en marquer les sources, desquelles il n’est toutefois aucun besoin en face de la réalité. Le temps viendra où ce masque grotesque sera arraché. Grâce au courage que leur inspirera l’obscurcissement progressif de nombreux et de nombreuses consciences, le temps viendra où ils se réclameront de la liberté qu’ils défendent pour continuer à confondre les esprits et les cœurs jusqu’à parvenir au but définitif. Mais un temps viendra aussi où de nombreux esprits se libèreront de ces lacets insidieux, beaucoup de cœur se rebelleront devant tant d’orgueil et de présomption qui font que nous pouvons bien qualifier cette secte de satanique, puisque ses doctrines répètent le péché de Lucifer. »

Si une essence est parfaite et que l’existence lui fît défaut, son inexistence contredirait sa perfection supposée. La définition génère l’existence de son objet ou encore celle-ci est incluse dans sa définition. Ce procédé est celui qui fait admettre des corps purs ou des entités perfectionnées dont nos corps matériels seraient des reflets ou des qualités présentes mais diminuées, plus ou moins réels. Cette définition de Dieu comme perfection obligée d’exister a toujours séduit depuis Platon et l’Académie platonicienne de Florence où il triomphe sous les Médicis [5], mais n’est pas tenable, car poser une perfection est autre chose que former un chiffre, car il y a des degrés dans la réalité et qu’une hypothèse sur elle est donc limitée et par définition incertaine, entachée d’hypothèses. Aussi le raisonnement doit être : si nous supposons qu’un Dieu existe, il sera doté de qualités de puissance, de vérité, de bonté, de perfection, or quand nous affirmons ces attributs ou qualités, c’est donc aussi que nous aurons admis en même temps la possibilité de cette existence, ou que ces existences sont conjointes avec celles de Dieu. Un pareil rapport est dans l’Evangile, quand Jésus dit que qui connaît Dieu me connaît et inversement, mais non point indépendamment l’un de l’autre. En ce sens, ce Jésus est l’Esprit, celui que l’on ne caricature pas comme le Prophète, mais que l’on tourne en dérision parce que le miracle veut être compris et qu’il bafoue la suffisance des théoriciens qui enferment dans une perfection abstraite.

L’unité du monde propre à l’Etre suprême.

L’on affecte de croire en une conquête du monde par le Christianisme et l’Islamisme, le prétendu Judaïsme restant « un empire dans un empire », le songe d’un ghetto volontaire d’où l’on sort illusoirement, - en entendant de son côté la Maçonnerie nous prêcher que grâce à elle le monde est devenu un village et qu’il suffit d’ouvrir Facebook ou son jumeau abrégé avec ses phrases abrégées comme le chant des oiseaux, « Twitter », pour entendre les dernières nouvelles de la foire aux révolutions et recevoir des mots qui frappent ou slogans [6]. Nous imaginons une sorte de conseil qui grouperait des sages élus, tel un Bilderberg et diffuserait ses consignes, transformerait le langage, tout en célébrant un rituel permanent autour de la révélation de sa propre grandeur. Il n’y aurait plus de livre révélé, dont le commentaire est pénible, les traductions douteuses, comme le pensait Schopenhauer du noble Coran, mais un concours d’écriture où chacun aurait sa grille de correction étonnamment calquée, à son insu, sur celle de tous. Chacun apporterait sa brique, dirait Clément XII.

Une erreur marquée communément dans les Evangiles et le Coran et qui distingue les vraies religions des conjurations est de faire espérer aux fidèles que le monde s’unira dans une quiétude durable sous une doctrine identique. De là les thèses subversives sur le pouvoir des Jésuites ou l’islamisation conquérante. C’est ignorer la nature du mal, et le chiisme l’a compris qui veut rester minoritaire, car le bien, qui est une lutte, n’est actif qu’en défense, selon ce qu’apprend le massacre de Kerbala et l’isolement où est tenu la famille prophétique, mais aussi ce qu’enseignait Platon après les Gathas de la tradition iranienne décrivant Ormuz enfant luttant et grandissant au sein de l’étendue des ténèbres enveloppant l’univers. « Si Dieu avait voulu, il aurait fait de vous tous un seul peuple, mais il a voulu éprouver votre fidélité à observer ce qu’il vous a donné. Courez à l’envi les uns des autres vers les bonnes actions ; vous retournez tous à Dieu ; il vous éclaircira lui-même sur la matière de vos disputes. » [7] est-il écrit dans la Sourate V, verset 48. Chacun comprend que les disputes font éclater toute certitude rationaliste. Lui fait écho l’adage que l’Eglise sera battue par les flots jusqu’à la fin des temps, et sur ce point la seconde épouse du Chancelier Metternich, la remarquable princesse austro-hongroise Mélanie remit à sa place un agitateur révolutionnaire catholique, « un certain professeur Lebermuth, qui vient de Paris » précise-t-elle, qui pressait son époux de favoriser idéologiquement le dessein politique d’une domination catholique comme solution aux problèmes du monde, mais qui ne servirait qu’un appétit humain et contredirait à l’enseignement de l’auteur du Christianisme qui n’a pas promis le monde à ses apôtres.

Qui donc entreprend de « dévorer » le monde ? Qui songe même au monde comme tel, sinon celui qui, selon l’expression de l’Italien que nous honorons, n’imagine pas Jésus comme « un sauveur spirituel, mais comme un condottiere politique, capable de redonner au peuple hébreu la force politique et la soif du pouvoir. » « Ceux-ci », poursuit le Pape, « désormais, après avoir divisé et brisé les chrétiens, en faisant d’une partie d’entre eux les instruments de l’antéchrist, se préparent à nier l’existence de Dieu, comme la nie leur doctrine philosophique », autre nom du nihilisme. [8]

L’illusion de réunir tous les pays dans une même foi par Mélanie princesse de Metternich

 [9]

Pour préciser ce qui a donné lieu de citer conjointement, contre le théisme maçonnique, les saints Evangiles et Coran sur cette illusion répandue par les comploteurs et affairistes de la révolution ou république mondiale, nous plaçons sous les yeux le contexte de l’extrait cité du Journal de la Princesse Mélanie – prénom grec signifiant la brune - à la date du 30 mars 1851 :

« Un certain professeur M. Lebermuth, qui vient de Paris, m’a racontée de singulières histoires : il dit qu’il est envoyé par Guizot [10], Molé [11] et Veuillot [12] ; que ces trois messieurs, après avoir fait beaucoup de mal par leurs théories fausses, désirent ardemment rétablir ce qu’ils ont tant travaillé à détruire. Ils ont fondé un journal dans lequel ils veulent de nouveau affirmer et soutenir aux yeux du monde les vérités qu’ils ont été les premiers à combattre. M.Lebermuth, qui me fait l’effet d’être un Juif converti, se dit chargé de prier mon mari d’adresser quelques articles au journal en question. Je lui répondis que M. de Metternich ne s’occupait pas de travaux littéraires de ce genre, sur quoi il se lança dans un panégyrique [13] sentimental et passionné du catholicisme : « Ne serait-ce pas », dit-il, « l’œuvre la plus belle du monde de réunir tous les pays dans la même foi ? Elle serait bien facile à réaliser, c’est ce que prouve l’exemple de l’Angleterre, qui revient décidément à la religion catholique ». Je lui répondis que je ne me laissais pas facilement prendre à de vaines paroles, que notre Sauveur avait dit que les portes de l’enfer ne prévaudraient point contre son Eglise, mais que celle-ci aurait toujours des luttes à soutenir jusqu’à la fin du monde ; que, par conséquent, je ne pouvais pas croire que les belles paroles de quelques révolutionnaires convertis et intimidés feraient jamais mentir des prophéties de l’Ecriture sainte. Mon auditeur, qui est très enthousiaste, mais un peu borné, me répondit : « Mais voilà une nouvelle manière de poser la question. Il me semble, au contraire, que c’est la manière la plus ancienne. » Il ajouta que la révolution elle-même n’intimiderait pas ceux qui voulaient rétablir le catholicisme en Angleterre ; je lui affirmais là-dessus, que les vrais catholiques, c’est-à-dire ceux qui s’en tiennent aux préceptes de l’Evangile, ne se croyaient pas en droit de faire une révolution ; car la révolution est aussi criminelle quand elle prend le crucifix en main, que lorsqu’elle se fait précéder d’un autre étendard que l’on regarde comme moins puissant. Je lui fis observer que la révolution belge n’était en aucune façon plus respectable que la révolution française, espagnole ou n’importe quelle autre ; que si la Belgique ne s’était pas soulevée contre l’Autriche sous l’Empereur Joseph en s’armant du prétexte de la religion, elle serait restée sous la domination de souverains catholiques ; qu’on avait réuni les Belges à la Hollande pour leur donner une plus grande puissance ; mais que, du moment où ils voulaient trouver leur voie tout seuls, ils seraient probablement annexés un jour par la France, ce qui sera le résultat de leur folle conduite. Mon professeur a été fort étonné de la manière un peu rude dont j’appelais la chose par son nom, mais il a reconnu que jamais il ne l’avait envisagée sous ce point de vue. » [14]

Cette discussion sur l’antinomie du monde révolutionnairement unifié ou « New Age’s globalism  » et de l’unicité divine est celle même de la conquête et de la possession qui fit l’orgueil luciférien et sa chute. L’homme est en effet, comme l’ange, fait pour conquérir ou administrer sa conquête que pour se fondre dans sa possession, ce qui fait que Dieu et Mammon sont confondus dans une fiction croissante. Cette conquête produit une tension salutaire, et cette absence ou inertie est un vieillissement, comme cette image de Salomon que les djinns de feu imaginaient encore vivante, comme ce théisme tyrannicide que nous propose la voix qui vient de l’abîme.

Nous luttons, écrivait le martyr espagnol tombé à Alicante, pour un Paradis où l’on ne se repose jamais, un paradis où dans l’embrasure des portes se tiennent des anges avec des épées ! L’Allemand Kant le dit brièvement et mieux : l’inertie (Trâgheit) est pire que la guerre, en quoi l’amour qui entre dans la composition du concept de philosophe diffère de l’exaltation sophistique du col révolutionnaire (Revolutionskollar), selon l’expression autrichienne d’Ehrenfels. L’existence divine n’est pas nominale.

Notes

[1] Kant, - que réfutera en 1786, le dit généralissime des maçons Illuminés cité plus bas Adam Weishaupt (6 février 1748- 18 novembre 1830) professeur de droit canon à Ingolstadt, sa ville natale, en critiquant sa théorie de l’Espace et du Temps qui est exclusive du matérialisme - , a fait publier trois éditions de son livre « L’unique preuve possible de l’existence de Dieu », à Königsberg, 1768, 1770,1783,Der einzig mögliche Beweisgrunf zu einer Demonstration des Daseins Gottes, - le terme de possible étant le plus important - concluant qu’il est « entièrement nécessaire que l’on se persuade de l’existence de Dieu. Mais qu’il n’est pas précisément aussi nécessaire qu’on le démontre », « Es ist durchaus nötig, dass man sich vom Dasein Gottes überzeuge ; es ist aber nicht eben so nötig, dass man es demonstriere ». (Kant Werke II, Vorkritische Schriften bis 1768, 2, Suhrkampf Verlag, Wiesbaden 1960, 1013 S, S.738).

[2] « Die innere Möglichkeit, die Wesen der Dinge sind nun dasjenige, dessen Aufhebung alles Denkliche vertilgt »(op. cit., p.737).

[3] Nonce ou ambassadeur à Vienne en 1694, qui régna, à partir de 1730, comme prince spirituel et temporel sous le nom de Clément XII (6 avril 1652- 6 février 1740) et fut aimé du peuple dont il diminua les impôts et de Rome même qu’il embellit de monuments grandioses, tant il ne sera jamais assez dit que Rome entière, l’Urbs sacra, est l’œuvre historique de la papauté. Son illustrissime successeur sera Sa. Sainteté Benoît XIV, dont les portraits sont partout visibles aujourd’hui, et qui correspondit avec le grand roi Frédéric et qui appréciait le génie Voltaire qui le lui rendait bien en vers.

[4] Il portait le nom de « Spartacus » - prétendu esclave thrace ayant conduit une insurrection en Italie méridionale, que l’on fait remonter à l’an 70 avant le Christ - et le nom de « spartakistes » fut celui du mouvement politique terroriste en Allemagne, soudoyé par les Alliés et les communistes de Russie en 1918.

[5] Sous le nom de Gemistos Georgios Pléthon né à Constantinople vers 1355 et décédé à Mistra dans le Péloponnèse entre 1450 et 52, où il fonda une Académie platonicienne et fut juge à la cour. Ses œuvres furent en partie brûlées par le patriarche Gemadios. On dit qu’il a voulu ressusciter la pensée et la religion de la Grèce antique, et l’école russe de l’académicien et mathématicien Anatoli Fomenko, qui a appliqué ses méthodes statistiques à la chronologie, l’identifie au philosophe grec et à Plotin. La plupart s’en étonneront, tout comme scandalisent ceux qui réfutent l’alunissage. Nous mentionnons l’Académie platonicienne de Florence fondée après sa mort en 1459 qui commenta méthodiquement l’œuvre platonicienne en en faisant ressortir le symbolisme minutieux sous la plume de Marcile Ficin. Il est certain que l’humanisme et le paganisme de Pléthon exercèrent une influence sur la Renaissance, laquelle, pour l’école russe susnommée pourrait bien être une authentique naissance ! Le Concile de l’Union des Eglises d’Orient et d’Occident (1438/39) se tint en présence de Pléthon, marqué par la dispute entre Aristotéliciens et Platoniciens ; et le cardinal Bessarion qui penchait en faveur de Platon fut son élève.

[6] Slogan est apparenté à schlagen, « frapper » en allemand, d’où la schlague.

[7] Le Coran, traduction et note de Kazirmirski, édition Jean de Bonnot. 517pp. p.96, verset 53 dans le classement de Kasimirski.

[8] Un symptôme du Nihilisme (doctrine de l’affirmation du rien (nihil), est rappelée par le journal satirique et anarchiste de droite Rivarol, n°3005 -24 juin 2011-, p. 14, à propos de l’illustre journaliste parisien Emile de Girardin, d’ascendance grand-paternelle italienne, père, quant à lui, de la publicité moderne et de l’islamophagie, si l’on nous autorise de forger un néologisme. Il meurt le 28 août 1881, frappé d’apoplexie au théâtre. Ses derniers mots furent : « Et tout cela pour rien, pour rien, pour rien ! » (cf. Polémistes et pamphlétaires français Emile de Girardin).

[9] Troisième épouse du Prince depuis 1831, Melanie comtesse von Zichy -Ferraris (1805-1854), les Zichy sont une noblesse hongroise depuis 1679 et Ferraris est une noblesse comtale autrichienne.

[10] Guillaume Guizot (Nîmes 4 octobre 1787- 12 septembre 1874 en Normandie), protestant, professeur d’histoire moderne à la Sorbonne en 1812, et secrétaire général du ministère de l’Intérieur à la Restauration royaliste, membre de l’Académie française depuis 1836, ambassadeur à Londres, en 1840 et ministre des affaires étrangères. Il était partisan du juste-milieu et ramena en 1874 le protestantisme à une stricte orthodoxie.

[11] Louis (depuis 1809 comte) Molé ( 24 janvier 1781- 25 novembre 1855), parisien membre de l’Académie française depuis 1840, servit Napoléon Ier comme ministre de la justice, et était alors en 1851 membre de l’Assemblée Nationale et de la Commission constitutionnelle de la Seconde République.

[12] Louis Veuillot (11 octobre 1813-7 mars 1883) journaliste à « l’Univers » qui, après un voyage à Rome en 1836 devint partisan du catholicisme politique et fut un défenseur du futur dogme de l’Immaculée Conception.de la Vierge.

[13] Discours public à la louange de quelqu’un, mot grec introduit tard dans le français classique.

[14] Journal de la Princesse Mélanie, 30 Mars 1851 in Mémoires, Documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich chancelier de cour et d’Etat classés et réunis par A. de Klinkowstroem, troisième partie : la Période de repos (1848-1959), tome huitième, Paris, Plon,1884, 722 p., pp. 99-100.

 
 
 
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