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Un professeur Sudète allemand sur la Croatie

mercredi 1er juin 2011, par Pierre Dortiguier

« Une inoubliable impression de force, de richesse, de travail, de civilisation ordonnée » Henri Pozzi [1]

Les couleurs iraniennes d’un pays de pèlerinage

L’histoire de ce siècle voit soumise la Croatie (Hvart) [2] à une oppression constante provenant d’une coalition d’intérêts et de haines destructrices précisément de ces hautes traditions de valeurs ayant fait la gloire des ancêtres de l’Europe vraie, lui assignant ainsi une réelle origine.

Ainsi que le note le professeur allemand Rudolf Grulich dans un numéro de la Suddetendeutsche Zeitung paraissant à Munich le 21 février 1992, Zagreb n’est pas que la ville d’exposition internationale et d’une célèbre foire automnale, une ville aux huit théâtres, dont le plus ancien jouait même en allemand jusqu’en 1860, avec vingt musées et d’innombrables curiosités, mais aussi un lieu traditionnel de pèlerinage. Dans l’ancienne Autriche-Hongrie, poursuit le professeur Grulich, les Hongrois venaient également au pèlerinage de Remete, aux portes de Zagreb. Remete [3], ce lieu de pèlerinage était donc connu en Europe orientale, ce calme sanctuaire marial recevait la visite des autres peuples voisins, y cherchant comme aujourd’hui le refuge contre les ennemis de la foi. A quarante kilomètres de Zagreb se trouve le célèbre lieu de pèlerinage de Maria Bistrica (prononcez bistrsa), dont l’église fut rénovée en 1731 par l’évêque Georges ; déjà en 1715 le Parlement croate, le Sabor avait fait édifier un grand autel de consécration en bois et fait de Bistrica un sanctuaire national. En 1923, Pie XI [4] éleva l’église qui avait été achevée en 1882 en style néo-renaissance, au rang de Basilique.

Retournons dans le vieux Zagreb : nous pouvons arrêter notre pensée sur ces cierges brûlants devant l’image miraculeuse de Notre-Dame de la porte de pierre dans la haute ville, à quelques minutes à pied de la place du Ban Josef baron Jellacic (prononcez Yéllatchich), auquel nous devons la ruine heureuse de la dictature de l’avocat Kossuth en Hongrie et la sauvegarde de la dynastie d’origine lointaine bavaroise des Habsbourg en 1848 ; un incendie épargna en effet jadis l’image de la Vierge sur la porte de pierre en question, peinte, que les Croates nomment « Kamenita Vrata » symbolisant la vertu d’espérance, nous préservant de la furie diabolique telle celle abattue sur ces peuples depuis l’explosion produite par l’attentat de Sarajevo depuis fin juin 1914.

L’épreuve d’une persécution commune christiano-musulmane

D’autres confessions habitent la Croatie et le professeur Rudolf Grulich sous le titre « Droht eine Libanisierung ? » (Existe-il une menace de Libanisation ?) dans le numéro du 7 février 1992 du même hebdomadaire des exilés sudètes, traite de la dévastation par les Tchetniks ou combattants serbes en Slavonie des églises catholiques, ukrainiennes, slovaques et tchèques « und schuren Hass gegen alles katholische », attisant la haine contre tout ce qui est catholique aujourd’hui et précisons-le « monatenlang » pendant des mois !

Traitant des Musulmans croates de Bosnie et d’Herzégovine (car l’ethnie croate fournit près de trente vizirs à la Porte ottomane et à la « nation arabe », [5] qui vécurent trente ans de prospérité sous administration autrichienne avec accord du Sultan –maintenant sa souveraineté- de 1878 à 1914, notre collègue sudète allemand précise que 200 000 Musulmans furent assassinés sur l’ordre de Mihaïlovitch –au service du roi de Yougoslavie- pendant la dernière guerre mondiale.

Les « partisans », formés et fanatisés par Mose Pijade –traducteur du Capital de Marx en serbe- assassinèrent Mgr. Philippe Popp, l’évêque évangéliste, le Grand-mufti de Zagreb Ismet effendi Muftic, Mgr. Joseph-Marie Carevic, évêque de Dubrovnik qui connut une mort horrible découpé en morceaux, Mgr. Jean Simrak succombant sous la torture ; la Grande Mosquée de Zagreb fut fermée et désacralisée, convertie en « maison du peuple ». Monseigneur Saric, homme d’Eglise et érudit, réfugié à Madrid auprès de Mgr Garay dont il fut l’hôte, archevêque de Sarajevo s’est élevé « contre les calomnies et les imputations mensongères » dont furent victimes et le demeurent encore les Croates.

Peut-être ces vers allemands du Ban Jellacic parus à Vienne en 1851 approchent du sentiment d’unité de cette nation combative, nourrie de ses origines et donc demeurée dans le plan de la Providence qui est la loi de la Création même que les Grecs nommaient la destinée.

Vergebens ist des Menschen Streben
Nach Erdenwohl, nach Erdenglück
Denn ihn verfolgt duch’s ganze Leben
Ein ewig feindliches Geschick.

Vain est l’effort humain
Vers les biens et la joie
Car le poursuit toujours
L’éternel sort hostile.

(traduction libre)

Notes

[1] « La Guerre revient », Paris, Editions Paul Berger, 1933

[2] Royaume que l’on dit millénaire, fondé sur une aristocratie militaire d’origine très probablement iranienne, comme en témoignent et son nom tiré du gouvernement de la contrée ou satrapie dite Haravaiti dans le monument littéraire religieux du Zend Avesta et de nombreux termes de sa langue, comme le titre de vice-roi ou Banus ; la plus importante des traces d’antiquité iranienne sont les couleurs blanches et rouges du damier, son symbole national significatif des orientations de l’Ouest, comme la Croatie blanche ou Grande Croatie anciennement au nord des Carpathes ayant eu pour capitale Hrvatov (Cracovie) qu’évoquent des géographes arabes Ibn Rustih et Al-Mas’udi –et du Sud – Croatie rouge dans l’Istrie – couleurs prises de la coutume de ce vaste Empire et continué sous la couronne de Hongrie jusqu’en 1526, puis des Habsbourg jusqu’en 1918 avec l’élection de Ferdinand de Habsbourg par l’assemblée ou sabor.

[3] Du nom d’ermite attaché au solitaire Paul, inspirateur d’un ordre marial venu en 1244, dit-on, de Hongrie, établi dans le site idyllique de ce monastère occupé maintenant par les Pères Carmélitains, au milieu des douze collines au nord-est de la capitale en 1272 où ils auraient apporté une statue de la Mère de Dieu encore vénérée : depuis 1490, elle est entourée de l’encadrement gothique dans lequel sont représentées les quatre saintes : Barbe, Catherine, Agnès et Edwige ; l’autel de marbre date de 1706. Cet ordre marial qui a la garde de Tschenstochau en Pologne, développa l’enseignement moyen et supérieur du royaume de Croatie

[4] Qui défendit le peuple slovaque martyrisé par le nationalisme et le laïcisme tchèques en aidant Monseigneur Hlinka à faire entendre en vain sa voie au colonel Bonsal délégué de Wilson

[5] Le fameux Al Djauhar, né à Cavtat capturé par des soldats fatimides devenu le « conquérant » de l’Afrique du Nord après avoir fondé le Caire !

 
 
 
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