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Un piège nommé "Innocence of Muslims" !

jeudi 13 septembre 2012, par Pierre Dortiguier

Chris Stevens devant la dépouille de Khadafi. Il vient de subir le même sort.

L’assassinat, une fois violé, - on n’arrête pas le progrès ! - mardi 11 septembre au soir, de l’Ambassadeur US Chris Stevens et de trois nationaux de sa suite, au consulat de Benghazi aurait une signification locale, et dénoncerait le chaos post-khadafien, médiatiquement étouffé, si nous n’apprenions qu’au Caire, pour la même raison sacrilège, une manifestation n’avait attaqué l’Ambassade : un film en serait la cause « Innocence of Islam » dont le réalisateur est israélo-américain Sam Bacile ! Hostile aux Musulmans ; on s’en douterait ! Mais la raison ne perd pas ses droits et l’on se demande quelle autorité de censure d’un pays arabe, à moins d’être soudoyée, corruptible ou alors insane, étourdie et incompétente, suicidaire, laisserait passer une charge contre la religion sacrée ! Autant laisser passer un film insultant pour la Vierge à Vienne, Rome ou Madrid, Zagreb, tous les hauts lieux du culte marial ! Ce comportement est une provocation et la suite des événements devrait en donner la preuve.

Une actrice du film proteste contre le fait que des scènes ont été truquées par une surperposition de dialogues. Les informations du reste fausses sur le film ne l’ont pas présenté comme l’œuvre d’un militant sioniste - lequel, comme tel n’est pas au premier rang du chômage hollywoodien ! - mais d’un copte, ou chrétien d’Egypte, ce pays étant à certains égards un des berceaux du Christianisme en effet et des ses mystères sacerdotaux.

Que cherche-t-on à susciter ? Un raidissement de l’opinion américaine à qui l’Iran, ressorti d’une boîte à diables, serait présent comme l’initiateur ? L’on parle du laïcisme de la Tunisie bourguibiste, et nous étions là quand le président but le verre d’eau au mois béni de Ramadan : jamais cependant il n’eût – lui et ses camarades de l’indépendance tunisienne - pu imaginer de passer un film sioniste déconsidérant la religion, sans qu’il soit besoin de feuilleter le lexique de l’Enfer !

Toute la presse réagissant par association d’idées remonte à 2005, à l’affaire des caricatures « danoises » qui avait valu à ce pays de sérieux déboires commerciaux et par contrecoup une mobilisation de toutes les loges de la libre pensée contre le fanatisme ou – comme est nommée la sainte religion - « la superstition » !

Il y a certainement un mécanisme pervers dans cet événement avec mort d’homme, assassiné au bazooka, qui veut creuser un fossé entre l’Islam et le monde « libre », comme entre l’intolérance et la culture ! Nous ferons remarquer à nos apôtres de la liberté de création artistique, à supposer qu’un film militant puisse répondre à cette prétention, que sur le territoire français, la partie annexée de l’Alsace et de la Lorraine, retranchée de l’Empire d’Allemagne de Bismarck, a conservé, par la volonté populaire, un règlement contre les gestes sacrilèges ! Et sur le plan théologique le noble Coran, encore moins lu que l’Évangile par nos « libérés » perpétuels, annonce qu’à l’Heure dernière, fatale aux imposteurs « Tu verras chaque communauté agenouillée. Chaque communauté sera vers son livre. » [1]

La question n’est pas de faire reconnaître par un peuple l’autorité d’un homme ou d’une règle qu’il ignore, mais d’assurer l’ordre international, qui est l’intérêt général ! Des émeutes ont éclaté souvent en Afghanistan, au Pakistan, en Indonésie, pour citer les point principaux, chaque fois qu’un geste offensant a été accompli, soit aux États-Unis soit sur place par les belligérants des deux sexes ; s’agit-il d’un vent de folie criminelle ou d’une suite bien disposée pour radicaliser deux camps et fomenter une querelle durable ?

Nous penchons pour la seconde hypothèse ; et la honte est au gouvernement qui ci et là ne gouverne justement pas la société : le seul régime qui se réjouit est celui du réalisateur d’ « Innocence of Islam », film conçu pour exciter le taureau islamique et couvrir une réalité plus ignominieuse encore : car l’on ne voit pas assez l’aide que la projection de ce film apporte aux autorités locales qui peuvent ainsi jouer les gros bas anti-impérialistes et contre la mécréance, alors que le pays s’enfonce dans une situation économique qui lui ouvre les portes d’une prison ultramoderne, celle du FMI l’ endettant durablement, avec un tarif usuraire considérable ! Les mouvements intégristes sont ainsi conduits à un défoulement anti- US qui les lave d’une honte de collaboration totale contre les patriotes de tous bords, mais soucieux du progrès et de l’indépendance nationale.

Un auteur et philosophe lyonnais qu’aimait à citer le peintre espagnol Dali, Antoine Blanc de Saint Bonnet (1815-1885) a dit du christianisme infecté par la maladie d’un siècle corrupteur, ce qui s’applique à « chaque communauté » tournée vers son livre :« Chaque âge a son hérésie mais si l’on enlève le fond du christianisme en lui laissant son nom, l’âme éprouve un frisson. L’ennemi du genre humain a trouvé une erreur qui porte le nom de la vérité et qui est capable d’accélérer la fin des temps ». En d’autres termes, ces manifestations d’Egypte et de Libye ne sont-elle pas une façon de vider le vrai combat patriotique de sa substance ? Quel piège prépare-t-on au peuple des fidèles ? Y répondre est hasardeux, mais qu’une maligne intention préside à ces actes sacrilèges, c’est une certitude !

Notes

[1] Sourate 45, L’agenouillée, verset 28

 
 
 
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