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Un exemple de sanction

jeudi 12 janvier 2012, par Pierre Dortiguier

M. le doctorandus Ahmad Nokhostine, journaliste de l’IRIB rappelait ce dicton traditionnel iranien en matière de politique nationale, à chaque attentat ou coup fourré dont l’auteur était anonyme, mais le bras visible : « C’est l’œuvre de l’Angleterre ». Quand M. Cameron annonce que les meilleures unités de sa flotte vont flamboyer dans le Golfe persique, nous avons déjà la preuve qu’elles ont tiré un premier tir de semonce, en frappant le professeur et technicien nucléaire de Natanz Ahmadi Roshan, avec des armes propres à la Grande-Bretagne et à sa colonie américaine et nouvellement européenne ; arme qu’elle s’est forgée depuis longtemps localement durant le mandat palestinien et qui lui fait espérer qu’elle pourra contrôler et maintenir le sous-développement technologique de ses anciens territoires d’occupation. C’est dans ce sens qu’il faut nécessairement impliquer, avec l’arrière plan sioniste, ces « louty », à donner une signification particulière au mot persan désignant des saltimbanques puis des hommes de la pègre, ou voyous, externes et internes, dans l’exécution de cet attentat terroriste.

Il s’agit de détruire l’aristocratie d’une nation, c’est-à-dire ses savants, tout comme l’on faisait en France rouler des têtes sur l’échafaud afin de niveler le pays et ouvrir la porte grande aux spéculateurs, devenus égaux dans leur soif intense et fraternelle d’escroquerie et de pillage ! Ce serait le cas de redire, à un niveau international, ce que le tribunal révolutionnaire avait répondu au chimiste Lavoisier : la république « universelle » n’a pas besoin de savants… qu’elle ne contrôle pas !

Le mot de louty* viendrait du malheureux Loth de la Bible, peu importe, la collection des modèles ne manque pas ; nous savons que l’identité du mode opératoire d’exécution du savant avec ceux des autres collègues iraniens, il y a plusieurs mois, répond à deux faits : l’existence d’une armée du crime dont les officiers sont sur place et l’Etat-major dans la seule capitale du crime que l’Iran et le monde reconnaisse, celle d’où partent les ordres des comités criminels ; puis la présence d’un mouvement intérieur armé, équipé et terroriste capable évidemment d’étendre à d’autres secteurs que celui de l’élimination des têtes pensantes, les ordres reçus !

Nous ne pouvons point faire de pronostics sur l’étendue de ce plan monstrueux, dans un temps où le Figaro parisien exulte de pouvoir parler de l’étranglement de l’Iran et ne déplore que la volonté chinoise de refuser le blocus pétrolier. Mais nous pouvons préciser que cet assassinat politique vise à intimider toute la recherche iranienne et à retourner la volonté nationale contre ses buts propres et légitimes : c’est ce que chez nous De Gaulle nommait à l’intention de ceux qui occupent actuellement le pouvoir ou voudraient servir d’équipe de remplacement, « le renoncement ». Pourquoi veut-on couper des têtes, sinon pour que le peuple iranien, entendu comme doit l’être la notion de peuple, comme un corps ou organisme, totalité politique, refuse de poursuivre sur la voie de l’indépendance technologique, de continuer une ascension. Là est la vraie menace pour la suprématie anglo-américaine, laquelle n’est point tant dans le progrès de ces deux nations, que dans l’effort de réduire les capacités d’autrui. Que cela ne plaise pas à des Européens traditionnels lassés de ce parasitisme, ce ne sera pas la seule fois que l’Histoire l’enregistrera.

* Louty, un vaurien, dérivé du nom propre Loth, Précis de grammaire persane par A. de Biberstein Kazimirski, Paris 1883, p.15

 
 
 
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