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Un « duc de Guise » arabe

vendredi 21 octobre 2011, par Pierre Dortiguier

De nombreux mots sont des vérités morales, plus qu’historiques, et notre pays en est friand, le relevait le philosophe Kant, au sujet de notre caractère national ; et c’est donc en Français que nous céderons à l’habitude de collecter des expressions qui ne sont que l’art de fixer un caractère : « Il est plus grand mort que vivant » fut la réaction prêtée, faussement, à un roi faible face à son adversaire assassiné sur son ordre, deux jours avant la célébration de la nativité, le 23 décembre 1588, au château de Blois, et qui représentait les intérêts du pays catholique appuyés sur l’aide espagnole. C’est là que s’arrête la ressemblance de situation avec l’assassinat du Duc de Guise, ayant eu les faveurs du peuple de Paris et le soutien de la Sorbonne qui désavoua le monarque et prononça sa déchéance ; car feu le colonel Khadafi, s’il sera, comme toute la Création, jugé par son Auteur, le sera bientôt aussi par l’Histoire qui appréciera un fait : quand un peuple abandonne sa justice à des mains étrangères, est-il encore un corps politique vivant ? Et peut-il conserver une grandeur ?

Les circonstances de la fin de cet affrontement libyen qui aurait permis à l’OTAN de porter l’estocade finale, vont peser dans la balance du jugement d’abord des nations africaines, puis du monde. Un verset coranique dépasse, mais englobe et justifie aussi, comme toute parole divine, l’enseignement de la philosophie de l’Histoire sur ce point : « Si vous ne vous lancez pas au combat, « Il » vous châtiera d’un châtiment douloureux et vous remplacera par un autre peuple. Vous ne lui nuirez en rien. Et Allah est Omnipotent » [1]

Il est naturel à l’esprit de s’élever dans la nuit du tombeau, et devant la mort d’un homme célèbre et puissant, l’idée s’impose de tirer une conclusion de sa vie utile ou non à la communauté, car la vie d’un chef ne lui appartient pas, et c’est en ce sens que la formule dont rient les impies a sa vérité : toute autorité vient de Dieu, et subsiste par Sa permission. Que représente alors cette mort de Khadafi pour lequel ne s’élèvera publiquement, hormis un intrépide comme Hugo Chavez, aucun plaidoyer ? Un frein ou un succès pour ce qui est du Devenir de la nation Arabe et surtout africaine, dont il choyait la constitution d’Etats-Unis ambitionnée par N’Krumah ? Il suffit de poser la question pour apercevoir un certain abîme : la nature, qui a horreur du vide, en Libye comme ailleurs, est remplie dans ses airs et jusque dans son sous-sol de soldats et de pionniers de l’OTAN et de gens dont militairement et politiquement aucune indépendance étatique, a fortiori nationale ne saurait naître ? Tout ceci incombe à la dictature, rétorquera-t-on. Dictature si enracinée qu’il a fallu toute une mobilisation médiatique et industrielle pour l’abattre ! Et la mort de celui qui laisse un pays exsangue, pour n’avoir point su fermer, avec son peuple, la porte à l’ouragan occidental, est plus que celle d’un homme, elle pourrait être celle d’une époque où la tête, même excentrique, pouvait conduire un corps vivant ; nous entrons dans un siècle où aucun original ne verra sa tête mise à prix, car les dirigeants seront de plus en plus secrets, anonymes, incontrôlables, mais bien plus avides qu’un demi-bédouin – s’il est vrai ce qui a été dit que son père fût corse -, exactement comme ceux qui, Dieu nous en préservent, envisagent, depuis les rives du Potomac, de gouverner la Libye, figure souhaitée de notre monde par le délire des Globalistes. A cet égard le mot de Berlusconi serait à prendre aux pieds de la lettre : il a cité en latin ce passage de la Bible, « ainsi est passée la gloire du monde »... Sic transit gloria !

Notes

[1] At–Tawbah (le repentir), verset 39

 
 
 
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