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Un caissier devenu savant et apôtre de la religion nouvelle

jeudi 23 juin 2011, par Pierre Dortiguier

Les maçons se suivent, mais n’ont pas la même destinée, comme si les astres s’attachaient à tisser le sort de chacun, en distribuant la renommée et les promesses qui s’attachent aux passions humaines. Prenons l’exemple de deux trésoriers, celui du Grand Orient qui eut deux fils aux situations brillantes, j’entends Gérard Strauss, qui donna son seul nom véritable à DSK, et l’autre caissier durant l’occupation napoléonienne de la Belgique, initié à Bruges en 1801 et qui est considéré comme le plus illustre et savant maçon que la France ait produit, Jean-Marie Ragon !

C’est un enfant de la Seine et Marne dont l’ordre des Jésuites fit une étude sérieuse, en la personne du Père Nicolas Deschamps, auteur d’un traité sur les « Société s Secrètes » qu’un catholique n’aura point de chance de trouver sur l’étagère d’une librairie religieuse, ou dans l’ordinateur de la bibliothèque d’un Institut catholique, encore moins à la Bibliothèque des Jésuites près de Chantilly, à Gouvieux, qui fut la meilleure bibliothèque de philosophie d’Europe, au témoignage reçu par nous du Père Tillette, le spécialiste du philosophe allemand Schelling, dans un château fourni par Rothschild à la Compagnie, puisqu’une société d’ordinateurs a pris sa place. Remercions Raymond Barre, l’ancien Premier ministre d’avoir préservé une part de son trésor à la Bibliothèque municipale de Lyon ! Ce Ragon fut grand officier du Grand Orient et fonda la loge des Vrais Amis ou Trinosophes, mais a surtout laissé un parallèle saisissant entre les institutions françaises adoptées par l’Assemblée Constituante et les institutions de la Maçonnerie. Voici le texte cité par le Père Deschamps. Le lecteur notera que Ragon écrit à l’imparfait, car son livre parut sous la Restauration, quand la France n’était pas en République, mais sous la monarchie maçonnique du frère Louis XVIII !

« Le gouvernement de la franc-maçonnerie était autrefois divisé en départements ou loges provinciales qui avaient leurs subdivisions. L’Assemblée nationale, considérant la France comme une grande loge décréta que son territoire serait distribué selon les mêmes divisions. Les municipalités ou communes répondent au loges ; elles correspondent à un centre commun pour former un canton. Un certain nombre de cantons, correspondant à un centre nouveau, compose un arrondissement ou district, actuellement une sous-préfecture, et plusieurs sous-préfectures forment un département ou une préfecture. »

« Les Grandes loges de province avaient un centre commun dans le Grand Orient ; les départements avaient leur centre commun dans l’Assemblée nationale, où tous les citoyens du royaume concouraient par leurs représentants, à faire des lois et à constituer, comme dans la maçonnerie, une souveraineté constitutionnelle. »

« Dans la maçonnerie, toutes les loges des départements sont égales entre elles ; toutes les municipalités le sont aussi. Les maires élus par leurs concitoyens étaient inamovibles, comme le sont les vénérables de loges. »

« Le premier tribunal d’un atelier maçonnique se nomme comité. On y juge les matières de peu d’importance et on y prépare celles qui doivent se traiter en loge. C’est pour le même but et dans le même esprit que les comités s’étaient formés pour préparer les matières dont on devait faire un rapport à l’Assemblée nationale. »

« Les justices de paix sont une imitation des comités de conciliation des loges, et ont les mêmes attributions ».

« Les discussions et les jugements maçonniques étant publics dans les ateliers de la fraternité, les tribunaux ont eu ordre de plaider publiquement la cause des accusés, sauf les cas d’outrage aux mœurs ou à la morale publique. »

« A l’instar de chaque orateur de loge, le procureur de la commune, établi autrefois près de chaque municipalité, et aujourd’hui les procureurs du roi, ont pour attribution de veille à l’observation des lois et des statuts, d’en presser l’exécution, de prendre la parole dans les affaires importantes, comme organes de la voix publique. »

« L’ordre que la maçonnerie a établi parmi ses grades a été aussi imité. Les gardes nationaux, qui nommaient alors leurs officiers, comme les maçons nomment les leurs, ont été subordonnés à l’autorité municipale, comme les frères le sont aux dignitaires ou officiers d’une loge. Le chapeau des juges, les écharpes des représentants, étaient de véritables imitations des ornements ou décors maçonniques. Les membres de l’Assemblée nationale laissaient, à la porte du temple des lois, toute distinction, cordon et dignités civiles, ainsi que le font les maçons en entrant en loge.

« On procédait aux élections civiles et aux choix des électeurs d’après la forme usitée dans la maçonnerie. La manière de prêter serment, d’obtenir la parole, de demander congé, de porter plainte, d’entretenir l’ordre, est évidemment prise de la maçonnerie ; seulement, dans ce dernier cas, la sonnette du président remplace le maillet. Ces usages se sont établis avec d’autant plus de facilité que presque tous les Français instruits sont maçons. »

« Les commissions de l’Assemblée nationale rappellent les visiteurs et les inspecteurs que le Grand Orient adresse quelquefois aux loges. »

« la cotisation annuelle de chaque maçon pour subvenir aux charges de la puissance maçonnique, a donné lieu à la contribution personnelle en France. »

« Quelques personnes ont cru reconnaître dans l’armement général de la garde nationale l’usage, adopté par tous les maçons, d’avoir un glaive en loge. On a remarqué aussi, avec raison, que l’Assemblée nationale avait aboli toutes les corporations, excepté la Franc-maçonnerie. La maçonnerie peut aussi revendiquer les trois couleurs : les grades symboliques ont fourni le bleu, couleur du cordon de maître ; les grades chapitraux, le rouge, couleur du cordon de rose-croix ; et les grades philosophiques, le blanc, couleur de l’écharpe du grand inspecteur, 33ème degré (Cours interprétatif et philosophique des Initiations anciennes et modernes, pp.377 et suivantes). »

Il faut prendre au sérieux un tel texte qui eût pu être rédigé au mode du futur. Un autre nom que le père Deschamps, ceci dit à l’intention des curieux qui fleurissent dans la jeunesse, est, dans l’analyse de la société maçonnique, Monseigneur Jouin directeur de la RISS, revue internationale des société secrètes dont un numéro du 15 septembre 1912, p.788, avait cité un haut dignitaire suisse confiant, naturellement sous le sceau du secret, que l’héritier du trône d’Autriche périrait « sur les marches du trône ». Certains mettront en doute théoriquement la science maçonnique, mais moralement la fidélité à une conjuration est exemplaire. Car celle-ci ne fut point éventée et le malheureux Franz-Ferdinand tomba sous les coups de Gavrilo Princip, sur la tombe duquel François Mitterrand, déposa une gerbe, comme il se doit d’honorer tout tyrannicide. Et cela continue, de la Syrie à la Libye, deux pays que John Bolton proposait de faire sauter en 2001. Le secret là aussi est exemplaire ! On peut déployer les trois couleurs !

 
 
 
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