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Syrie : La France est-elle borgne ?

jeudi 13 septembre 2012, par Pierre Dortiguier

Le mot est étrange, quand on considère que la légende nordique voulait qu’un être surnaturel eut, un jour, l’idée de s’arracher un œil, pour y voir mieux de l’autre. Telle fut la légende du dieu borgne ou de Wotan !

La France a-t-elle cessé une vue normale pour ne plus regarder qu’à travers une idéologie optimiste : tel soldat se fait frapper par un marin dans une ambiance alcoolisée, en pleine bagarre entre parachutistes et habitants ivres, et se retrouve borgne, le colonel de la ville de Castres, dans le midi de la France, où se place cet événement, nous fait d’abord savoir que lui-même parle le grec, car il déclare, avec préciosité de langage, que cette rixe n’est pas un « épiphénomène » ; ce que l’on peut traduire "ajouté à l’essentiel", mais qui ne l’est point ! Un détail, en somme qui ne dépare point l’ensemble. Marine Le Pen, sur cette même affaire du soldat borgne, sort sur ses grands chevaux et veut que les Français tournent un œil sur le présence d’immigrés anciens et récents dans la jeunesse de cette ville de garnison. Œil unique sur l’intégration et pour parler le jargon maçonnique, sur l’« être ensemble » ; mais l’autre œil reste fermé sur l’alcoolisme meurtrier, qui égraine des morts, comme un chapelet du diable depuis des générations et frappe justement par contagion une partie des descendants des familles musulmanes !

Et nous pouvons remonter cette chaîne : les critiques du discours à la nation de M. Hollande ont également découvert un président borgne, - redisons le mot - car il a une vue fermée à l’Europe dont il n’a soufflé mot ; il voulait renégocier un traité, mais s’en garde bien ; il accepte, sans trop les montrer à sa famille politique, les ordonnances du docteur Merkel et va à la pharmacie de la BCE ! Car ses moyens d’imposition des revenus ressemblent à l’ours qui laisse tomber sa pierre sur le pied, pour écraser la mouche ! Image de fabuliste, soit, mais qui montre une France non pas indécise, « anormale », mais- faute la plus grave pour la sagesse grecque ancienne - ignorante !

On a ainsi pleine liberté de protester, mais sans avoir à connaître la situation : on fait payer les riches – et l’œil unique socialiste se veut sévère -, mais sans créer de richesses sur une prévision de croissance en 2013 de 0,8%, selon Eric Heyer de l’Observatoire Français des Crises Economiques (OFCE) alors qu’elle était escomptée de 1,2%. Pour reprendre le mot de l’expert « cela devient un peu angoissant » ! Et de préciser « Si l’on veut vraiment arriver à 3% coûte que coûte de réduction du déficit, cela veut dire qu’il va falloir un nouveau plan d’austérité de 8 à 9 milliards supplémentaires… qui vont casser la croissance : c’est un peu un jeu sans fin ou dont la fin sera une récession assez marquée en France et en Europe ».

En fait, ces 3% en question, de réduction du déficit sont à voir de deux manières : le président d’une France borgne ne saisit qu’un cercle vicieux, fermé, qui offre une spirale tourbillonnaire – reprenons le terme de l’expert Eric Heyer, « angoissante »- mais l’anxiété, comme sa racine l’indique, est une étroitesse du champ visuel ou respiratoire. Ce qui est ignoré dans ce tableau qui oppose les merkozystes à ceux qui « hollandisent » est le déficit productif français qui cause une obligation de soutien extérieur dont la limite est inéluctable.

Ouvrir l’œil sur un déficit, ce n’est pas fermer l’autre sur la faiblesse de notre compétitivité ; ouvrir l’œil sur la croissance, c’est aussi soutenir celle-ci par des brevets et une formation qu’une insuffisance de formation –celle même qui empêche annuellement 2,2 millions d’emplois d’être remplis par incompétence ou inadaptation- empêche. Il ne faut pas un troisième oeil pour découvrir cela, un second suffit ! Mais les deux perceptions doivent être simultanées pour mieux juger du relief général.

Nous sommes partis de cet exemple déplorable d’une bagarre dans une ville de garnison de province dont le prétexte peut être la xénophobie ou le « racisme », mais en réalité la cause, l’étiologie selon le grec des médecins, est l’alcoolisme ; fléau le plus redoutable de notre temps, et qui connaît la loi de parité, puisque les femmes se retrouvent en bonne place dans ce championnat de la stupidité. Il y a donc, pour reprendre un mot du célèbre auteur orientaliste français et breton, Ernest Renan (1828-1892), selon le titre de son livre, une « réforme intellectuelle et morale » (1871) à engager : la France borgne se récrierait en évoquant le propos analogue du Maréchal de France, en juin 1940 : mais la défaite du pays risque d’être encore plus terrible et fulgurante que pendant les quelques semaines du printemps ; quand les Allemands, auxquels nous avions déclaré la guerre, venaient, en force, comme en 1871 !

Cette situation périlleuse de la France en Europe ou dans le monde n’a pas retenu l’attention du Président, dans son allocution radio-télévisée, lui qui connaît suffisamment l’étranger pour dicter son avenir à la Syrie. Pourra-t-il refuser de jouer le rôle du Canada envers l’Iran, si on le lui demande ?

Tout aussi peu que d’empêcher une arme d’être dangereuse si on ne lui enlève son cran d’arrêt. Ce cran d’arrêt est la force interne, la capacité du pays de se développer, et donc d’imposer sa force : au lieu qu’une France borgne met ses Armées à la disposition des monarchies et des clubs démocratiques, dans l’optique hollandiste, et quand on retrouve ses deux yeux, véritablement « américano ou anglo-sionistes » !

Pour contraindre un pays à obéir, l’introduction du désordre est la meilleure voie ; nul doute que cette solution chaotique favorisera des courants belliqueux qui veulent continuer de mener le monde, selon la méthode éprouvée « du chaos minimum ». La France doit alors quitter ce personnage de poseur fracassant, de donneur de leçons, et changer, comme à l’Opéra, son rôle, le troquer, comme on dit aux échecs, oui abandonner le rôle de « dieu » des droits de l’homme, celui d’un Wotan républicain tricolore, et écouter chanter Brunehilde, sa fille, son propre cœur, celui de la raison et de la foi confondues annonçant la fatalité ou l’inéluctabilité du Crépuscule des dieux, de la puissance fondée sur un trésor maléfique, celui de notre économie débitrice !

 
 
 
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