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Sur le tremblement de terre d’Iran

jeudi 16 août 2012, par Pierre Dortiguier

L’on ne parlera mieux que ne le fait Voltaire

 [1]

Après le tremblement de terre de Lisbonne,
De l’injuste horreur ressentie au mystère
Du mal entraînant tout et respirant la ruine !
L’Iran en est frappé, et nul ne peut y vivre
Sans savoir que milliers furent les victimes,
Comme si cela était lié à une mère,
Rejetant de ces flancs ce qui revêt les âmes !
Car si le sage mûr, dans sa forte quiétude
Refuse à imputer au Ciel des innocents
Qui meurent dans le mois d’un Ramadan torride,
Alors que tant d’impurs survivent indécents,
Le Français eut raison, écrivant ce poème
Destiné aux esprits qui se montrent insolents,
Car la terre est aussi ce qui souffre et s’enflamme,
Contrainte par un astre aux volcans virulents,
Pluton, c’est toi qui tue cet instinct de la terre,
De vouloir nous nourrir, et ainsi la déchire !

Notes

[1] Poème sur le désastre de Lisbonne (1756)

Ô malheureux mortels ! ô terre déplorable !
Ô de tous les mortels assemblage effroyable !
D’inutiles douleurs éternel entretien !
Philosophes trompés qui criez : "Tout est bien",
Accourez, contemplez ces ruines affreuses,
Ces débris, ces lambeaux, ces cendres malheureuses,
Ces femmes, ces enfants l’un sur l’autre entassés,
Sous ces marbres rompus ces membres dispersés ;
Cent mille infortunés que la terre dévore,
Qui, sanglants, déchirés, et palpitants encore,
Enterrés sous leurs toits, terminent sans secours
Dans l’horreur des tourments leurs lamentables jours !
Aux cris demi-formés de leurs voix expirantes,
Au spectacle effrayant de leurs cendres fumantes,
Direz-vous : "C’est l’effet des éternelles lois
Qui d’un Dieu libre et bon nécessitent le choix" ?
Direz-vous, en voyant cet amas de victimes :
"Dieu s’est vengé, leur mort est le prix de leurs crimes" ?
Quel crime, quelle faute ont commis ces enfants
Sur le sein maternel écrasés et sanglants ?
Lisbonne, qui n’est plus, eut-elle plus de vices
Que Londres, que Paris, plongés dans les délices ?
Lisbonne est abîmée, et l’on danse à Paris.
Tranquilles spectateurs, intrépides esprits,
De vos frères mourants contemplant les naufrages,
Vous recherchez en paix les causes des orages :
Mais du sort ennemi quand vous sentez les coups,
Devenus plus humains, vous pleurez comme nous.
Croyez-moi, quand la terre entrouvre ses abîmes
Ma plainte est innocente et mes cris légitimes. [...]

Voltaire

« Un jour, tout sera bien, voilà notre espérance
Tout est bien aujourd’hui, voilà l’illusion  »
 
 
 
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