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Spéculations antisyriennes

vendredi 5 juillet 2013, par Pierre Dortiguier

Il est annoncé que les armées américaines et alliées se serviraient du territoire du royaume de Jordanie – que les sionistes voudraient bien voir transformé en une Palestine de substitution – pour s’en prendre à la Syrie, ou qu’une formidable explosion supprimerait tous les dirigeants démocratiquement élus de l’Etat. Sont-ce des indiscrétions ou les rêveries d’un fumeur d’opium ? En réalité, ces faits avérés ne supprimeraient pas le plus important élément de la situation géopolitique locale : la capacité de résistance opiniâtre de l’armée syrienne, la capacité de l’Etat à se poser en défense de l’agression barbare et de la haute culture syrienne ! Ces deux aspects, celui de la violence inimaginable d’une part, et de la lutte pour la culture, sont identiques à ceux que le philosophe Schopenhauer assignait à son pays dans le soulèvement contre l’invasion napoléonienne et son occupation ruineuse ; mais un concept, tiré du même philosophe ou penseur, - fort peu lu aujourd’hui - permet de mesurer l’inanité de ces spéculations antiBachar !

On ne peut souhaiter à un être humain, raisonnablement une vie heureuse, comme chacun en convient, car elle est impossible : les épreuves sont imposées. Mais c’est une vie héroïque, rectifie le philosophe, qui est à espérer.

C’est un sentiment qui est dans la population syrienne et lui fait, pour ainsi dire, intérioriser ses dirigeants. Et il y aurait donc une grande illusion à croire en un tournant de la guerre imposée à la Syrie, si pareil scénario catastrophe, qui doit être rejoué comme un drame cynique par les comédiens de Londres et de Paris, s’avérait.

Les pressions médiatiques sont aussi dangereuses que ces tonnes d’armes que certain député britannique reconnaît se trouver en Syrie, dans des mains terroristes. L’on annonce ainsi, dans une presse « russe » comme l’a bien fait ressortir l’IRIB que la base de Tartous, dont on ne parle jamais assez, serait abandonnée par les Russes ; or elle est un gage de l’accès de la flotte russe à la Méditerranée ; mais l’autorité russe de démentir. Il y a là un jeu, point très surprenant, de lancement de nouvelles contradictoires, pour que chacun connaisse les intentions de la nouvelle Russie, ou de la Russie rétablie.

Il y a un point commun entre la Syrie et le grand ensemble eurasiatique, comme le séjour moscovite du chef des armées chinoises le prouve assez : ils ne peuvent subsister que leurs forces et leur territoire unis ! C’est pourquoi ils ne peuvent céder, et cela leur peuple, à cause des atrocités tant en Syrie qu’en Tchétchénie, par exemple, le comprend immédiatement.

C’est donc un ensemble qui est animé d’un vouloir-vivre et que veut briser une équipe dont chacun connaît la composition, et pour lesquels, selon un mot français historique applicable à toute confession de foi, « Paris (changez le vocable) vaut bien une Messe ». Cela a converti, depuis le cauteleux et rusé Brezinski, tout le département d’Etat en un nouveau Lawrence d’Arabie affectant de soutenir ou de comprendre l’islamité ! D’où le cinéma, pour le dire familièrement, des associations « intégristes » et terroristes qui concourent à la Croisade US non pas pour libérer Jérusalem, mais dégager l’entité sioniste de toute hostilité substantielle. En bref, d’abattre la Syrie et de faire reculer la présence russe qui n’a rien en l’occurrence de prédatrice.

Tout ceci est une question d’essence politique, et qui n’est pas à confondre avec une forme politique donnée. L’être de la Syrie ne se discute pas aux yeux des syriens de bonne foi, et de l’Eurasie également. L’Europe ne dit pas trop rien, mais n’en passe pas moins, comme lorsque la baronne Ashton s’exprime franchement sure la servitude de Bahrein ! Dans un temps de turbulence devenu ordinaire, la stabilité et la cohésion d’un Etat sont un gage de résistance au désordre mondial envahissant.

En fait ce n’est pas un acte de terreur qui modifiera la situation syrienne ou ferait oublier à la Russie que son encerclement est le vrai sens de l’Union pour la Méditerranée : « Keep Americans in », « Russians out » (et il ajoutait Germans below, les Allemands en dessous !), tel était (et restera !) le but de l’OTAN selon son premier secrétaire général qui avait été au service de Churchill, Lord Hastings Lionel Ismay (1887-1965), sorti de la même école militaire de Sandhurst que le jeune et dernier émir du Qatar !

L’assassinat d’un peuple ou de ses dirigeants ne résout rien et ceux qui s’y livrent feraient mieux de constater que le sol se dérobe sous eux, car le séisme économique et financier – et ce n’est point là de la spéculation - les engloutira fatalement !

 
 
 
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