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Si la révolution française est terminée ?

jeudi 4 août 2011, par Pierre Dortiguier

Extension du concept de « révolution française ».

Dans un bel essai intitulé « l’Esprit de la Révolution, ou Commentaire historique sur la Langue révolutionnaire » composé en 1793, et recueilli au tome treizième de son fameux « Lycée ou Cours de Littérature Ancienne et Moderne » en dix-huit tomes, l’homme de lettres, traducteur, poète, tragédien et journaliste, qui connut et admirait Voltaire, et sut juger de son théâtre, Jean François Laharpe définit le terme de Révolution : « au figuré, signifie changement d’état. L’histoire et la politique appellent révolutions les changements remarquables qui arrivent dans le gouvernement des nations. On l’applique aussi par extension à des déplacements dans l’administration. Il ne s’agit ici que du premier sens. Il y en eut une en France en 1789, lorsqu’après la prise de la Bastille, l’Assemblée nationale rendit au peuple cette souveraineté que les rois exerçaient depuis tant de siècles, et fit une constitution qui séparait les pouvoirs législatifs et exécutifs, émanés tous deux de cette souveraineté, et délégués pour la représenter. C’était en quelque sorte une imitation », continue Laharpe, « du gouvernement d’Angleterre. Il y eut une autre révolution en 1792, quand le trône fut renversé et la république proclamée. L’histoire appréciera ces deux révolutions subséquentes, qui, au moment que j’écris, ne sont encore qu’une vaste destruction, et qu’une troisième révolution aura peut-être remplacée. Je n’en observe que l’esprit. Je veux faire voir comment les choses ont été opérées, principalement par la puissance des mots, et que les choses ont été absolument sans exemple, parce que, pour la première fois, les mots ont été absolument sans raison. On sait assez que toutes les révolutions politiques, étant des secousses plus ou moins violentes, et causant des déplacements forcés, ouvrent un développement plus libre aux facultés et aux passions humaines, habituellement restreintes et comprimées par l’ordre légal : elles acquièrent alors une nouvelle énergie, soit en bien, soit en mal, suivant la nature et le caractère de la révolution. »

Il y a une singularité de cette révolution que fait ressortir l’auteur : « …ce mot seul de révolution effraie toujours celui qui a le courage de la vouloir, si elle est nécessaire, mais qui a en même temps assez de lumières pour en juger les suites naturelles, et assez d’honnêteté pour en déplorer les malheurs inévitables. C’est un état violent, et par cela même il doit être passager ; c’est une secousse qui ébranle tout le corps politique, dont elle détend ou brise tous les ressorts. ; et le vœu de la raison est de le raffermir le plus tôt possible sur de nouvelles bases, et de lui assurer, en attendant les étais dont il a besoin. En un mot, il n’y a point de peuple qui ne soit naturellement pressé de sortir de l’état de révolution dès qu’il le peut. Mais que penser, que dire de celui qui se proclame en révolution quand il n’y est pas, qui s’établit comme à plaisir dans la privation de tout ordre légal, et travaille de toutes ses forces à s’y perpétuer, autant qu’il le pourra, comme dans son état naturel ? Tel est pourtant le phénomène unique dans les annales des nations, et que la nôtre a présenté durant des années. … Et au moment où j’écris le gouvernement est encore révolutionnaire. »

La première question ouverte alors à la recherche historique, est le terme, ou selon le mot de l’avocat protestant grenoblois Barnave – qui sera guillotiné -, de « la terminaison » de cette révolution, dont chacun sait le début, mais dont l’extension du concept reste discutable parce cette révolution est idéologique, l’expression d’un tempérament plus que d’une situation déterminée, d’un nihilisme et non pas d’une profession de foi stable. Tocqueville écrit, près de mourir, à son ami Kergolay : « Il y a dans cette maladie de la Révolution française quelque chose de particulier que je sens sans pouvoir le bien décrire, ni en analyser les causes. C’est un virus d’une espèce nouvelle et inconnue. Il y a eu des Révolutions violentes dans le monde : mais le caractère immodéré, violent, radical, désespéré, audacieux, presque fou, et pourtant puissant et efficace de ces Révolutionnaires-ci n’a pas de précédents, ce me semble dans les grandes agitations sociales [….] Indépendamment de tout ce qui s’explique dans la Révolution française, il y a quelque chose d’inexpliqué. »

Image : Noyades de Nantes

Un mot d’esprit de la sœur du Roi, Madame Elizabeth, du 3 avril 1791 versaillaise guillotinée âgée de 30 ans, place actuelle de la Concorde,- alors place de la Révolution, ex place Louis XV- le 10 mai 1794, est plus précis : « Mirabeau a pris le parti d’aller voir dans l’autre monde si la Révolution y était approuvée. Bon Dieu ! Quel réveil que le sien ! Depuis trois mois il s’était montré pour le bon parti. Pour moi, quoique très aristocrate, je ne puis regarder sa mort que comme un trait de la Providence sur ce royaume. Je ne crois pas que ce soit par des gens sans principes et sans mœurs que Dieu veuille nous sauver. Je garde pour moi cette opinion parce qu’elle n’est pas politique ».

On peut aussi, comme René de Chateaubriand dans un passage des Mémoires d’Outre-tombe, présenter dialectiquement une synthèse artificielle de la révolution, en trois moments : la thèse constituante, conventionnelle ou directorienne achevée au coup d’Etat du 18 brumaire et son antithèse monarchique, consulaire, napoléonienne et bourbonienne. Nous aurions ainsi comme un arc électrique entre deux pôles courant de Philippe-Egalité promoteur du mouvement à son héritier le « roi-bourgeois » Louis-Philippe sous les plis du drapeau tricolore. De fait, il convient de parler d’idées révolutionnaires cousues dans des complots permanents peu accessibles à la rigueur d’un concept et qui échappent donc, dans leur principe, contrairement à ce que l’on entend dire, à la pensée philosophique. Mieux vaudrait écrire avec Burke, que l’« on sent un mouvement confus (a confused movement is felt) qui fait craindre un seisme général dans le monde politique. Déjà des confédérations et des correspondances de la nature la plus extraordinaire sont en train de se former dans plusieurs pays. Dans un tel état de choses, nous devrions nous tenir sur nos gardes ». (Already confederacies and correspondences of the most extraordinary nature are forming in several countries. In such a state of things we ought to hold ourselves upon our guard). Et de citer deux ouvrages allemands, en foot-note, sur les conséquences de l’ordre des Illuminés, publiés à Munich en 1787 : « see two books intitled, écrit l’homme qui correspondra avec la princesse allemande devenue reine de France : Einige Originalschriften des Illuminatenorden s- System und Folgen des Illuminatenordens. Mieux vaut parler de conjuration que de système de philosophie, de sentiment et non pas d’idées, ou à relire celle de Laharpe écrite en 1793, et là le grand mot est enfin lâché : « d’explosion de la vanité » : « Ce n’est pas aujourd’hui que des observateurs ont remarqué et ont dit que la vanité française excédait la mesure ordinaire de la vanité humaine ; et le sujet que je traite m’autorise à rappeler ici qu’en faisant au Lycée l’histoire de l’esprit humain avant la révolution, j’ai marqué plusieurs fois l’explosion de cette vanité, soit dans l’audace paradoxale, soit dans les prétentions de société, comme une époque qui servirait à caractériser la France jusqu’au milieu du dix-huitième siècle jusqu’à nos jours ; j’ose dire que cette explosion avoisinait la démence : la démence a été complète après la révolution. Je puis maintenant tirer cette conséquence, qui a toujours affligé le philosophe et frappé le législateur, qu’il y a dans l’homme un fonds de perversité qui est tel, qu’en regardant celui qui a plus, qui vaut plus, qui sait plus, qui peut plus, l’orgueil jette dans son cœur un cri qui n’en sort pas, mais qui, si rien ne l’empêchait d’en sortir, éclaterait souvent comme celui que jeta Caïn quand il fit tomber sa massue sur la tête d’Abel ».

Le professeur François Furet parle du triomphe d’une culture et d’une administration centralisée qui constitue le « sens de la Révolution française, en réunissant Louis XIV et Napoléon ». C’est dans ce mouvement que s’inscrit la littérature révolutionnaire, et non point redisons-le, dans une pensée philosophique qui semble, depuis la Révolution, avoir passé le Rhin et être restée attachée, en France, à des idées fixes qui n’ont jamais eu la solidité d’un système ou formé le ressort d’une pensée poétique et religieuse. Le Don juanisme est une séduction, non une capacité d’amour. La seule observation qu’après le retour des Bourbons se soit poursuivi le même type de destruction d’archives et de monuments religieux que dans les deux décades précédentes, note Charles comte de Montalembert, dans « Du Vandalisme et du Catholicisme dans l’Art » édité en 1839, montre la trace de l’esprit révolutionnaire après sa mort prématurément annoncée : « La Restauration, à qui son nom seul semblait imposer la mission spéciale de réparer et de conserver les monuments du passé a été tout au contraire une époque de destruction sans limite… Qui pourrait croire que, sous un gouvernement religieux et moral, la municipalité d’Angers, présidée par un député de l’extrême droite, ait pu installer un théâtre dans l’église gothique de Saint-Pierre ? »

L’usage académique est de proclamer l’arrêt de la Révolution au 18 août 1795 (1er fructidor an III, en langage républicain) quand le député et avocat Baudin des Ardennes, qui abolit la peine de mort tout en amnistiant les terroristes qui s’en étaient enivrés, présente un rapport « sur les moyens de terminer la Révolution » (sic), en préconisant de maintenir par décret, sans les renvoyer au suffrage universel, les députés de la Convention nationale, sauf les quelques dizaines de terroristes jacobins dits Montagnards ! Alors se vérifiait ce que prophétisait le pamphlétaire Antoine Rivarol en 1789 : « les vices de la cour ont commencé la Révolution ; les vices du peuple l’achèveront » « Je rêve aussi d’une histoire de la Révolution infiniment plus longue, beaucoup plus étirée vers l’aval, et dont le terme n’intervient pas avant la fin du XIXème siècle ou le début du XXème siècle… » écrit en 1978 François Furet, dans Penser la Révolution française : « Ce qui n’est pas arrivé à un terme précis n’est pas fini, tandis que l’épisode après lequel la toile est tombée peut être raconté, apprécié et jugé. L’histoire de la révolution de 1789 ne peut être écrite, parce qu’elle n’est pas encore arrivée à son terme, malgré les soixante huit années de sa venue au monde, tandis que certains épisodes du grand drame sont à la disposition des historiens sérieux. » confie Clemens prince de Metternich dans une lettre datée de Vienne, le 4 avril 1857, à Lady Westmoreland, née Lady Priscilla Wellesley, femme de l’ambassadeur de Grande-Bretagne auprès de la cour de Vienne, Lord John Fane Burgesh, - onzième comte Westmoreland - général qui avait étudié sous plusieurs maîtres italiens, auteur de plusieurs opéras et symphonie, auquel on doit le projet de création d’une Académie royale de musique à Londres, sa ville natale-. Un autre compatriote et aussi connu en politique, et aussi haï par les sectateurs de Heine et qui en 1946 aura monté, comme Marie-Antoinette onze marches du supplice voit dans cette « époque de 1789 » l’enjeu du conflit qui deviendra ensuite mondial, comme il l’avait été 1914, dans cette second guerre de Trente Ans : « L’époque de 1789 touche à sa fin. Elle a été vaincue sur les champs de bataille des Flandres, du nord de la France et de la Lorraine, cette époque qui, bien que pourrie, voulait encore déterminer le sort de l’Europe » déclare Alfred Rosenberg du haut de la tribune du Palais-Bourbon devant un public allemand militaire ayant pris place dans les travées parlementaires, le 28 novembre 1940. [voir « Règlement de comptes avec les idées de 1789 », Deutsche Nationalzeitung in Frankreich (Journal national allemand en France)].

A l’intitulé Congrès de l’Honneur, tenu à Nuremberg, Adolf Hitler, que nous citons ici non pas au titre de successeur du Chancelier et Président du Reich Hindenburg, mais, comme le fait Heidegger, de guide ou volonté du peuple allemand, le 9 septembre 1936, a usé de la même métaphore virale que le normand Tocqueville à propos « de la force d’infection des idées de la Révolution française » (Infektionskraft der französischen Revolutionsideen) contre laquelle l’Allemagne avait été « prémunie »(vorgebeugt ) par les initiatives de Frédéric II et de l’Empereur Joseph II.

Hyppolite Adolphe Taine dans Les Origines de la France contemporaine, entrepris de 1870 à sa mort en 1893, aura été le premier à systématiser cette observation d’une pathologie politique.

Partisans et adversaires, incapable de préciser leurs idées vagues, qui ne dépassaient pas le pouvoir des mots, se sont aussitôt disputés sur la place publique ; et les émigrés ont poursuivi leur combat contre la vindicte des assemblées et des sociétés populaires composées de quelques exaltés grassement rémunérés, en publiant en Angleterre et en Allemagne, comme l’abbé Barruel, jésuite ayant enseigné dans un collège de Toulouse jusqu’à la suppression de son ordre sous Louis XV, et qui fit, en exil, ses études de théologie en Bohème, puis fut précepteur des enfants de l’oncle maternel saxon de Louis XVI, - fit paraître ses Mémoires pour servir à l’Histoire du Jacobinisme, en huit tomes, parus à Londres et Hambourg en 1798, au Luxembourg en 1800, sur la conjuration des « Sophistes de l’impiété » et des « Sophistes de la rébellion » (sic). Que n’écrirait-il aujourd’hui en regardant Al Jeezira et en écoutant le tam-tam de tous les rebelles armés par des finances supérieures à celles du duc d’Orléans en 1789 !

L’éloquence, héritage de l’instruction humaniste des ordres religieux, fleurissait dans tous les partis ; et les écrits sont allés du blasphème le plus violent, ou du théâtre et des pamphlets les plus orduriers à la théologie la plus stricte, comme chez Joseph comte de Maistre de lignée française méridionale teinté de maçonnerie illuministe.

Antoine de Rivarol, de lignée modeste piémontaise Rivaroli, qui connut Frédéric II à Berlin, et Voltaire qui le traita « de Français aimable », a incriminé, dès 1789, dans son Journal Politique National, le « capitalisme » dans l’éclatement de la Révolution et y a vu sa logique étroite, avare et égoïste enveloppée de mots creux. Elle fut un mouvement économique et social, de transfert de fortune, une sorte de métamorphose des nantis : « Les capitalistes, par qui la révolution a commencé, n’étaient pas si difficiles en constitution ; et ils auraient donné les mains à tout, pourvu qu’on les payât. Ils imploraient tout simplement la garantie de la Nation pour les mérites de M. Necker, sans autre verbiage. Ils voulaient que M. Necker régnât pour les payer ; que tout fût renversé, pourvu qu’on les payât. Ils ne concevaient pas que l’Assemblée nationale fût autre chose qu’un comité des finances. Ils sentaient bien que dans l’état présent la France n’était pas libre de les payer ; et c’est en ce sens qu’ils voulaient qu’elle fût libre. Ils sentaient aussi que le combat serait à mort entre Paris et le reste du Royaume ; mais ils s’y exposaient. Ils aidèrent donc le peuple et l’Assemblée nationale à s’emparer de tout, à condition que tout serait conservé pour eux. Et en effet l’Assemblée s’est conduite, avec les provinces, en véritable Assemblée de créanciers »

Il est bon de planter le décor historique de ce que la littérature républicaine de l’époque de la troisième république laïque présente comme l’épopée révolutionnaire, mais, comme dans les messes noires, le texte est lu à l’envers : les véritables héros, en fait, sont les victimes, et à laquelle de nombreux auteurs, comme l’Abbé Barruel, plus haut cité, le comte Maistre et le vicomte Bonald, l’infortuné et célèbre écrivain spiritualiste dijonnais, clairvoyant aussi remarquable, Jacques Cazotte qui correspondit avec Louis XVI - et décapité à 73 ans place du Carrousel-, donneront une signification luciférienne et satanique, donc apparentée à un renversement non seulement de la souveraineté terrestre, mais aussi céleste ; comme s’il s’agissait d’un avertissement divin à devoir retourner à une observation plus rigoureuse de la religion révélée ; elle punit pour régénérer, écrit Maistre dans un emphase toujours marquée par la forme maçonnique de son initiation.

On s’accorde à faire débuter « la Révolution » au 5 mai 1789 lorsque s’ouvre à Versailles la première séance des Etats généraux convoqués pour combler « ce malheureux déficit qui paralysait toutes les branches de l’administration » - qu’on a du reste exagéré - et dont la guerre américaine avait ouvert le gouffre.

Sur l’exagération par la propagande révolutionnaires des dépenses royales, risibles quand on imagine la catastrophe financière de la Révolution, une note de Burke rectifie le jugement malsain des agitateurs, ceux mêmes que l’on voit nous soutenir que Leïla Be Ali est partie avec une tonne et demi d’or, alors que cette quantité dort dans les caves de la Banque de Londres : « Le monde est redevable à M. de Calonne pour les peines qu’il a prises de réfuter les exagérations scandaleuses relatives à des dépenses royales, et pour déceler le calcul fallacieux fait des pensions, dans le dessein pernicieux d’inciter la populace à toutes sortes de crimes ».(The world is obliged to Mr. De Calonne for the pains he has taken to refute the scandalous exaggerations relative to some of the royal expenses, and to detect the fallacious account given of pensions, for the wicked purpose of provoking the populace to all sorts of crimes.) (foot-note).

Quelle était maintenant la dépense la plus forte, sinon celle qui était voulue par les mêmes révolutionnaires de 1789, de séparer les colonies américaines de la justice anglaise, afin de monter plus aisément cette entreprise génocidaire des indigènes que seront les Etats-Unis étendus jusqu’aux anciennes possessions russes du Pacifique. Notons que l’Allemagne vendit des hommes aux recruteurs anglais, mais refusa par son Empereur Joseph II de soutenir la cause révolutionnaire américaine qui devait faire tache d’huile et continue de saper tous les principes monarchiques, sauf à citer cette plaisanterie du roi Farouk qui résista à l’Angleterre, qu’un jour il n’y aurait plus que 5 rois au monde, ceux du jeu de carte et le résidant de Buckingham !

Galast de Montjoye l’écrit fort bien en 1796 dans son Histoire de la Conjuration de Louis-Philippe-Joseph d’Orléans : « La France soutenait alors conjointement avec l’Espagne et la Hollande, une guerre contre l’Angleterre qui cherchait à retenir dans sa dépendance ses colonies de l’Amérique septentrionale. Cette guerre, sans être ni utile, ni glorieuse à la France, lui fut extrêmement dispendieuse, comme le sont toutes celles d’outre-mer. Necker y fit face, sans établir aucun nouvel impôt ; et dans tous les écrits auxquels il eut part, il exalta cette conduite comme la preuve d’un talent rare en administration, et en même temps comme un témoignage de sa sollicitude pour les intérêts du peuple. Ce n’était qu’une jonglerie ; car, pour ne pas recourir à la ressource d’un subside, il greva la nation d’une masse d’emprunts à des intérêts si exorbitants, qu’il en résulta pour la monarchie une dette qui n’a jamais été bien calculée. »

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