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Science ou fiction politique ?

vendredi 18 octobre 2013, par Pierre Dortiguier

Il y a quelques décennies, des Ummites, comme on nommait des « hommes planétaires » venus d’autres mondes, qui auraient contacté des États et leurs dirigeants, au temps de la guerre froide, avertissaient, selon des auditeurs de leurs messages, « vous êtes dirigés par des fous dangereux !  ».

L’homme moderne s’est depuis, assagi ; il croit au réchauffement de la planète, à l’égalité en tous les domaines, comme dans le mariage dont il ignore le mot inclus de mère, et ne voit qu’un point noir dans l’orage éclatant sur le monde : la menace atomique iranienne, le despotisme de Poutine ne tolérant pas l’expression de l’anarchie par un mauvais orchestre féminin dans les églises, ou l’habitude allemande de travailler en réfléchissant, qui a conduit aux malheurs de certains et à la perfection, entre autres, de l’armement de l’entité sioniste ! Il ne croit plus en la vertu conjugale, ne l’exige plus même, et cependant croit que le dieu de l’argent est immortel !

La jalousie aidant, le Français veut ignorer que ses voisins tout autant en crise que lui, réussissent des actions remarquables, comme dans cet Oural où une aciérie des plus modernes, selon l’agence Novosti, a été confiée à un groupe italien. Ce Français, qui prend quelquefois les traits de Mélanchon rétorque qu’en esprit fort, il ne croit plus au miracle d’une Allemagne qui a autant de dettes que les autres, sauf qu’un jour en surgira une Allemagne de l’Est ou Centrale comme l’on devrait dire, mieux équipée. Où est la nôtre ? La personne de Berlusconi est trop active à ses yeux, et il imagine que si l’on gratte, il en sortirait un Mussolini, dont du reste, il fit l’éloge devant la communauté israélite prenant possession de la villa romaine de ce dernier ! Audace que ne se permettrait par notre Hollande en parlant du Français célèbre que l’on sait ! Celui qui protégea De Gaulle à l’École militaire et mérita de donner son prénom à son fils, l’amiral Philippe ! La perspective d’un État arabe et musulman fort déplaît aussi à l’homme moderne, mais le désordre des rues chrétiennes musulmanes est pour lui la liberté triomphant de la sainte habitude de confier à Dieu ce que l’on ne saurait comprendre par soi-même. Il respecte un islam, comme un christianisme athée, et trouve que l’orthodoxie des chrétiens grecs et russes ou syriaques n’en prend pas le chemin !

Si des fous dirigent, selon ce que pensent les sages des Ummites, c’est qu’ils cultivent la partie déraisonnable des foules et des individus, l’idée est platonicienne et inaltérable. C’est ainsi que l’on déclare en France que jamais dans toute son histoire, pareil semestre de faillites de sociétés n’avait vu le jour ! Quelle Atlantide, une nation submergée par la faillite annoncée ou du moins signalée dans la langue des chiffres ! Est-ce la raison de ce pourcentage élevé, comme à Brignolles, en Auvergne, de ces électeurs du Front National (plus de 40%), qui prennent la suite de ceux de la vague de Poujade qui déferla sur la France agonisante de la Quatrième République ! Il ne s’agit pas de décrier un Front National sans programme économique, et qui se contenterait, sans pouvoir le faire, arrivé au pouvoir ou plus vraisemblablement dans une coalition, de limiter l’immigration ; quant à remplir les prisons, elles sont déjà pleines, après deux générations d’instruction civique, laïque et fraternelle !

Il ne reste au pays et à l’homme moderne dont il dit être le berceau que d’aller de l’avant, de progresser vers une issue imaginaire, celle d’une jouissance distribuée à la foule, et qui reste du vent ! Utopie que nos jeunes générations savent reconnaître comme telle, et qui se paie déjà très cher par une paupérisation inimaginable au début même de la crise du pétrole en 1973. « Personne, absolument personne, ni le grand ni le petit, ni le sage, ni le fou, n’a aucune notion que la vue peu exacte de ce qu’il souhaite, ni de l’endroit précis où il lui faut aller pour rencontrer cette paix idéale dont chacun fait le couronnement de ses rêveries. Il ne consent à admettre rien de ce qui est et surtout de ce qui a été ; ce qu’il lui faut, c’est un idéal, mais il le sent très bien ; il lui faut des nouveautés, c’est à dire la Révolution  » [1]

La distinction entre un fou dirigeant et un sage dirigé, et tout aussi fortuné, se trouve dans l’Amérique : qu’il suffise de comparer Warren Buffet (né en 1930 dans le Nebraska), l’entrepreneur richissime qui accumule de l’argent et aime à redire sa formule, qu’il n’accepte que ce qu’il comprend ou imagine aisément, avec un Bernanke, le roi des fous dans le Carnaval de la monnaie de la FED, de la Réserve Fédérale US parlant de déverser par hélicoptères des sommes d’argent sur la société ! Les hommes planétaires qui voyaient tant de fous dans la nef des dirigeants de la guerre froide verront peut-être moins d’insensés à la tête des États nouveaux ou religieusement réformés depuis leur dernière inspection, comme l’est l’Iran indépendant, mais n’en découvriront-ils pas de plus insensés, de véritables énergumènes qui ne peuvent plus être méconnus de la patrie des droits de l’homme et autres héritiers de la Révolution américaine ?

Notes

[1] Gobineau, Ce qui se passe en Asie, Éditions des Cahiers Libres, Paris 1928, 88pp.pp.72-73

 
 
 
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