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Sarkozy, complice de Hollande ?

mercredi 8 août 2012, par Pierre Dortiguier

On a trouvé, sur la toile, ce mot d’esprit opposant un ex-hyperprésident à un hypoprésident, comme un surhomme à un fantôme ! Et Sarkozy est revenu, sur la scène politique, en bretteur, comme on dit en escrime ; et son épée est l’entretien médiatisé avec le président kurde de ce CNS, dont la représentativité est nulle.

Néanmoins, un détail a de l’importance, qui est de rappeler et de faire convenir à ses interlocuteurs – y compris, au Président de la République, qui l’en approuve, que nous ne sommes pas sortis de la sphère libyenne, et que tout ce qui nous est présenté est à traduire avec le lexique politique libyen ! Ainsi le « pilonnage » de Homs et les infanticides Assadiens sont analogues aux massacres et bombardements de Benghazi etc... Il n’y a rien de nouveau, sous le soleil libyen, qui éclaire toujours la situation syrienne. Le chef du prétendu CNS en a convenu, car il sait qu’il est un acteur de cette comédie sanglante, dont le rideau, à son opinion et celle des Sarkoziens et BHL, tombera sur l’assassinat, sous quelque forme que ce soit, politique ou réel, du digne Président Bachar et de sa famille politique.

La Syrie, en revanche, est une loupe, sur les événements connus, mais encore mal appréciés de Libye ! Là-bas, aussi, il y avait une préméditation d’intervention, et les acteurs avaient répété leurs rôles. Comment expliquer, ainsi, le comportement de M. Erdogan, sur un sol libyen, qui, certes, avait des liens anciens avec la Turquie, qui l’avait défendue contre l’invasion des Démocrates italiens du début du XXème siècle, mais ne relève plus de sa sphère géopolitique dessinée par Atatürk !

A reposer les pieds sur les planches du théâtre politique français, qui ne déplorerait que la « rentrée » de l’ancienne idole du Conservatisme ne se fasse point, dans le champ économique et social, sur le plan européen, mais bien sur ce qui semble, étrangement, tenir à cœur à un certain lobby, à savoir ceux qui prennent pour de la politique intérieure et nationale, des plus urgentes, d’intervenirn en Syrien pour faire respirer l’entité sioniste ?

Car là est le drame français que le problème national est avant tout celui de la défense des droits de certains hommes, et de quelque intérêt, et non point de notre communauté ! Les massacres, dont Sarkozy veut préserver la Syrie –ce qui est, déjà, une idée absurde- puisque la Syrie est, réellement, en guerre et massacrée, non en danger de l’être ! - ont un degré de réalité, à ses yeux, alors que le paupérisme de l’Europe, surtout, méridionale, est un danger social relevant de ses responsabilités d’acteur politique, et de celle du parti au pouvoir.

Le même jour où l’on apprend que la France est menacée de récession, plus gravement, qu’en 2008, à cause du resserrement de son PIB, aucun politicien de marque, chez les Nationalistes et les Conservateurs, ne critique l’absence d’habileté politique du gouvernement ! L’urgence est syrienne, non française, asiatique, non européenne, et la solution évoquée est rien que militaire ! Les manières de Kofi Annan sont considérées de la guerre en dentelle, comme l’on décriait nos anciennes batailles, dépourvues d’égorgement de masse, selon le progrès apporté par les deux siècles écoulés !

Il faut, pour le clan prétendu humanitaire sarkozo-fabusien, que la France vive, à l’heure syrienne, comme elle a vécu, chez leurs parents, à l’heure algérienne, et peu avant, indochinoise, avec un Président de la République socialiste, et frère maçon, qui avait été éclaboussé (le mot est délicat !), par le trafic des piastres, entre Saigon et la Côte d’Azur, où se réfugiaient les spéculateurs en uniforme !

Et l’Algérie du Sarkozysme aura été la Libye, mais il faudrait que nos Bonaparte miniatures se rappellent que la bataille des Pyramides s’est terminée au siège de Saint Jean d’Acre, par un échec militaire, le 19 mars 1799, précédé, le 10, à Jaffa, de l’infâme exécution, sur ordre de Bonaparte, de trois mille prisonniers ottomans, à la baïonnette, à cause de la résistance populaire, sans compter les viols et pillages autorisés ! Cette France là n’est pas aimée, elle est reparue, à l’époque du mandat syrien : la télévision syrienne montre, actuellement, dans un feuilleton, des épisodes de cette « guerre d’Algérie », en Orient ! C’est une France tricolore qui s’étiole : et nos descendants pourraient, un jour, tirer cette conclusion que nos « grands principes » n’étaient qu’un faux drapeau, sur le navire des pirates qataris et autres compagnons du prince Bandar d’Arabie ! A savoir, pour reprendre la définition de Goethe, dans son Faust, (v. 1336), une force « qui toujours veut le bien et toujours crée le mal ». C’est une antithèse allemande, un peu, comme leurs voitures équipées pour résister aux chocs !

A retourner à l’esprit français, prions que ne vienne le jour où après tant d’agressivité otanienne sarkoziennne et de passivité ou de suivisme hollandiste, on en vienne à dire, poétiquement, du pays, comme le premier prix Nobel de littérature (1901), Armand Sully-Prudhomme, comparant son cœur à un vase :

"Son eau fraîche a fui, goutte à goutte,
Le suc des fleurs s’est épuisé ;
Personne, encore, ne s’en doute,
N’y touchez pas, il est brisé."
 
 
 
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