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Sarkozy-Hollande, le choix états-unien

mardi 21 février 2012, par Pierre Dortiguier

L’écart se resserre entre les deux candidats, et Bernadette Chirac, après avoir répondu à la courtoisie de M. Hollande au Conseil Général de la Lozère, dans l’Auvergne où le Rouennais de naissance a voulu une transplantation nécessaire, pour effacer sa tache parisienne, déclare soutenir le Président sortant. Celui-ci n’est pas sympathique, question de nature et aussi d’éducation, dont il n’est pas responsable, sa compétence discutée et ses connaissances bornées relativement à celles de ses congénères européens (y compris la Russie) ; mais son appui sentimental du régime sioniste ou son alignement matériel atlantiste n’est pas moindre que celui des deux autres principaux candidats. M. Mitterrand n’avait-il pas déposé la motion de censure contre la sortie du commandement intégré de l’OTAN en 1966 ?

Quelle est donc la différence ? Et sur quel candidat reposerait le mieux la stratégie otanienne, à désigner ainsi la politique conjointe des Anglo-américains maintenant leur statu quo de triomphateurs de la Seconde Guerre Mondiale, que De Gaulle voulut vainement défaire, avec justement l’appui du monde ?

La réponse fuse aussitôt dans l’esprit des habitués de la politique européenne : le socialisme ou « la gauche » sont si utopiques qu’ils gêneraient moins un système états-unien sur la défensive qu’un nationalisme confondu par cette même gauche avec le capitalisme, la réaction sociale, l’autorité, bref la discipline qui se réduit pour beaucoup à une sorte d’encasernement de la société. La France – et ses tribunaux le confirment par une décision prise ce jour dans une commune du Nord – ne supporte pas le grain d’une manifestation d’autorité, fut-elle celle d’un maire, soutenu par d’autres maires nordistes, giflant un adolescent qui le menace, après avoir endommagé quelque installation municipale : ce qui serait un geste compréhensible ailleurs devient ici passible d’une amende de 1000 euros, avec sursis, reconnaissons-le, et des frais de procédure, plus une perte de prestige d’un élu populaire. La droite française actuelle, qui est un reliquat du seul nationalisme qui ait vu le jour en Europe d’après-guerre, si l’on ne compte pas l’isolationnisme des dictatures portugaises et espagnoles, ou une brève période autrichienne qu’acheva l’assassinat de Jörg Haider, a eu beau se dissoudre dans des cocktails otaniens et assister à des dîners du CRIF, seul endroit où MM. Sarkozy et Hollande s’affichent en se serrant la main - elle porte sur elle l’odeur d’une politique de collaboration avec l’Allemagne, reprise par De Gaulle et maintenant renouvelée, qui déplait aux nouveaux Grecs que nous aimons à être par flatterie. Et le fossé s’élargit entre la France qui rêve d’être forte, et la partie qui s’illusionne en croyant rester libre. De quel côté faire ce printemps français qui permettrait, selon le mot récent, recueilli de Harry Kissinger, dans un entretien excellent affiché sur le site de l’IRIB, « l’unique empire mondial leftiste », de gauche, de pouvoir enfin s’étendre sur les restes des tyrannies abolies, au besoin par une guerre terrifiante, comme il l’annonce à 89 ans ? Tout au moins de faire triompher l’utopie, selon l’ancienne doctrine de l’Ecole anarchiste allemande de Francfort émigrée aux Etats-Unis, - et dont Cohn-Bendit et Eva Joly, même rivaux, sont des ténors représentatifs -, sur ce principe de réalité que l’on nomme aussi le travail ?

Un certain frisson parcourt l’échine du pays, et si les pronostics du moment donnent le cheval hollandiste favori, il n’est pas impossible qu’une réaction, dans tous les sens du terme, ne se produise, à la faveur de la crise économique, financière et politique internationale. La crainte du patronat français est le dirigisme ou la paralysie que lui imposerait une conduite démagogique des affaires, comme celle du port de Calais où M. Sarkozy a voulu intervenir, pour ne frapper finalement, après quelques résultats partiels et positifs, nous devons le lui reconnaître, qu’un coup d’épée dans l’eau. Il faut bien se dire que la formule usée, du droit au travail, est aussi creuse que « le droit à la réussite » ou le droit au bonheur, sans verser dans les revendications des sectes féministes et autres formations équivoques, car le devoir serait mieux entendu, puisque le droit suppose une force, et ne la saurait créer. Le seul qui a eu le courage de le dire, et qui se déclarait, dans ses carnets privés socialiste, au sens naturel, le Chancelier Metternich, en 1848, a été confirmé par les faits.

Mais le jeu de la stratégie états-unienne, que nous voyons bien maintenant par l’exemple grec qui lui est utile, est de provoquer des « printemps européens », de susciter, avec la magie d’un Soros, des indignés naïfs contre ce qu’ils croient être le capitalisme, et en réalité le fonctionnement d’une économie devenue un obstacle aux Etats-Unis. En France, leur agent nihiliste, à parler de personnage-type, serait bien représenté par Mélanchon, l’homme de Tanger, de lignée ancienne maçonnique, qu’il a reconnue - instruit, et jouant au peuple, avec ce ton de vulgarité que lui accordent ceux qui méprisent le peuple et ne veulent pour l’éclairer, - et ceci est illustré par la condamnation mélanchonienne jacobine, du principe de l’Union européenne, et suit toutes les étapes de ruine de l’amitié franco-allemande, - la seule clef qui aurait fermé la porte du continent à cet impérialisme parasitaire et agressif né avec la constitution de la FED en 1913. Quoi ! Dire nos gauchistes les petits bateaux de la grande flotte états-unienne cherchant un port d’amarrage plus élargi sur le continent ? Cela passe pour de la folie, aux oreilles des gens médiatisés, mais était pourtant su de ceux qui nous gouvernaient, et qui doivent méditer les paroles de ce Syrien qu’ils combattent et les avertit qu’un peuple non instruit est manipulable contre ses propres intérêts.

Nous pourrions assister à un réflexe national, si Dieu veut, et cela de la part de ceux qui sont les plus menacés dans leur existence, dans la classe moyenne, et non pas chez ceux, des plus riches aux plus démunis, qui croient en la perpétuation du parasitisme. Et là encore Socrate aurait raison contre les Athéniens qui l’accusaient de magnifier le modèle de Sparte ! Le travail contre l’inflation ! C’est la voie socratique contre les sophistes printaniers.

 
 
 
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