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Réflexions sur le voile des Musulmanes !

mercredi 23 octobre 2013, par Pierre Dortiguier

L’opinion médiatique - celle qui est créée et maintenue par les organes d’information qui font de la pensée un exercice sans réflexion, une acceptation involontaire - représente la femme ou fille nubile musulmane comme nécessairement vêtue de manière particulière, dans son exposition au public, et la Maçonnerie « religion de la république », selon un mot de nature célèbre, crie à l’attentat au principe de l’égalité.

Il apparaît à un observateur indépendant de toute influence sectaire, qui n’affiche donc pas de parti-pris, que la génération montante musulmane féminine expose un habillement que ses sœurs anciennes eussent généralement refusé ! Nous faisons une réflexion analogue sur l’habillement des hommes vêtus de robes et arborant une barbe et souvent des lunettes de soleil fort dommageables à la vue, surtout sous nos climats tempérés, qui laisserait penser que, si c’est cela une marque de l’islamisme, selon le mot reçu et adopté par Voltaire, dans son Essai sur les Mœurs et l’Esprit des Nations, alors cette religion est bien récente ; et la faire remonter haut choquerait le bon sens de ceux qui s’étonnent de voir fleurir ainsi de nouvelles coutumes vestimentaires.

Il convient - nous dira-t-on raisonnablement - de consulter ce livre des obligations et des épreuves à subir par l’humanité, qui fonde la foi coranique sur une révélation en termes que l’on précise « en arabe » clair. « Il est écrit en arabe. Sa doctrine est simple et claire. Et il prêche la crainte du Seigneur » [1]

Deux versets sont sur ce point peu explicites, le terme de hijab حِجَاب n’étant que deux fois cité dans un autre contexte, et il en est de même d’un hadith à la rescousse qualifié de faible ou peu crédible. Voici la traduction d’Edouard Montet, qui fut recteur honoraire de l’Université de Genève [2] de deux passages du noble Coran indiqués comme réglant le port du voile dit en Occident islamique, marquant l’identité de la fidèle, et pour cela et matière à disputes : « Ô toi, Prophète ! Dis à tes épouses et à tes filles, et aux femmes des croyants, de laisser tomber jusqu’en bas leurs robes de dessus. Il sera plus facile ainsi (d’obtenir) qu’elles ne soient pas reconnues, et qu’elles ne soient point offensées. Mais Allah est pardonneur et miséricordieux ! » [3]

Le verset 31 de la sourate 24 dite de la Lumière est peu connu naturellement des non musulmans et c’est à leur intention que nous recopions la traduction d’Édouard Montet et chacun en déduira s’il oblige ou désoblige au foulard dont une savante mise en scène de préparation à une lutte civile ou intestine prend argument pour élever des murs d’incompréhension, et exciter haineusement à l’anéantissement réciproque, à la dissension, selon ce nom de Sinaï, qui aurait talmudiquement pareille signification d’hostilité universelle :

« Dis au croyantes qu’elles baissent leurs regards et qu’elles observent la continence, et qu’elles ne fassent voir de leurs ornements que ceux qui sont extérieurs (par exemple, commente Montet « les bracelets, mais pas les colliers ni les bijoux portés sur la poitrine »), qu’elles couvrent de leurs voiles leurs seins, qu’elles ne laissent voir leurs ornements qu’à leurs maris ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou à leurs frères etc... » [4]

Ce que l’illustre Savary, dans une plus belle langue, traduit : « Ordonne aux femmes de baisser les yeux, de conserver leur pureté, et de ne montrer de leur corps que ce qui doit paraître. Qu’elles aient le sein couvert. Qu’elles ne laissent voir leur visage qu’à leurs maris etc. »

Il faut de l’audace pour y voir un commandement de dissimuler formellement ses cheveux, pourtant sainement exposables à la lumière solaire pour capter la vitamine D, et de porter un fichu, et en tout cas, voilà ce qui n’est pas « en arabe », simple et clair ! Alors qu’il ne s’agit que de couvrir un sein. Tout cela étant bien opposé aux Femen bien sûr, et heureusement, de même qu’au topless des plages ou des cabarets londoniens ! Mais la morale est un juste milieu entre deux extrêmes, suivant Aristote, et un Dieu qui parlerait sans morale serait une fiction immorale !

Prenons maintenant une autre reconstitution partielle du texte de ce même livre sacré dont l’original serait ainsi rectifié par le philologue saxon et chercheur indépendant, polyglotte, expert notamment en ancien allemand ou langue tudesque, Erhard Landman (né en 1938), ce qui montrera que l’on peut douter légitimement de la soi-disant fidélité d’interprétations à la source unique, en droit, de la révélation donnée à l’humanité entière. Dans son article « Sodome et Gomorrhe », il soutient que l’arabe est une forme ou déformation de la langue théodisque ou tudesque originaire, ce qui était l’opinion du philosophe Leibniz au 6ème livre des Nouveaux Essais sur l’Entendement humain, et il traduit ainsi la fin du verset 59 « ta yna wakana Allahu ghaforan  » en allemand moderne « da ihn der Wagen ins All hochgefahren  » « car la voiture l’a transporté en haut dans l’univers  » !

Il convient de séparer ce qui relève de l’usage local ou traditionnel, comme le voilement habituel de la tête et partiellement du visage fréquent dans les sociétés pré-chrétiennes et notoirement byzantines grecques ante-islamiques ou ensuite russes orthodoxes, ou les signes vestimentaires du deuil chiite de la mort d’Hossein qu’est le tchador, de la prescription prétendument musulmane, et tenue pour classique, qui n’est qu’une altération, extrapolation ou exagération du texte, dans un premier cas, ou une traduction mal faite d’un verset lisible autrement, dans le second cas : nous en donnons la translittération « latine ».

Il faut avoir, à ce point de notre propos, une pensée particulière pour ces filles et femmes syriennes chrétiennes ou non massacrées auxquelles le défaut de ce voile, non inscrit dans le vrai texte originaire a coûté l’existence.

Et encore faut-il préciser que pareille fausse traduction d’un texte authentiquement sacré relève d’une entreprise criminelle ancienne, et de plus en plus perceptible, de faire s’affronter les peuples ou déchirer chaque famille nationale, c’est le cas de le dire « sous faux drapeaux » ! Il y a là une application du principe de division méthodiquement appliqué pour allumer au sein des continents les brandons de la Discorde, comparable à celui dissociant Évangélistes (mal dits « protestants »), Catholiques et Orthodoxes au bénéfice d’un libéralisme très plat et vorace reposant non sur une conviction, mais la fatigue de croire !

Considérez ce phénomène de dépopulation des églises françaises, par exemple, dans ma ville natale, où les mosquées sont par ailleurs entre les mains de gens soumis au Qatar ou au Wahhabisme ouvert ou dissimulé, les Chrétiens rares et honteux ne n’être pas nés, comme Moïse dont ils se fussent contentés, avant le Christ, et les rues de quelques saints personnages, vrais ou fabuleux, minoritaires devant les boulevards portant des noms de Maçons comme les défunts frères Armand Duportal préfet en 1870 et communard en 1871, acquitté puis député de la Haute-Garonne, Jean Rieux, Deltour, Charles de Fitte, Jean Chaubet, Maurice Fonvieille, Raymond Naves éditeur partial et censeur occasionnel de Voltaire, François Verdier, ces trois derniers étant tombés dans les luttes de la Résistance maçonnique à l’armée allemande et à sa garnison russe « blanche » de l’armée Vlassov, etc.  « Depuis la fondation de la première loge, La Française des Arts en 1745, la présence de la Franc-maçonnerie est restée continue tandis qu’ailleurs elle a souvent été interrompue, notamment au moment de la Révolution française  » écrit l’historien Paul Pistre  [5]

L’on dira - si l’on nous autorise de prolonger cette parenthèse - que c’est une terre méridionale de mécréants ou d’hérétiques, si l’on ignore le détail de son passé, mais ce qui nous est arrivé pourrait aussi devenir rapidement le lot d’une génération musulmane éclairée par les phares aveuglants des sectaires bien équipés en argent et en idées courtes !

L’ardennais, natif de Vouziers, Hippolyte Adolphe Taine (1828-1893), une de nos figures les plus méconnues en philosophie française, professeur à l’École Militaire de Saint-Cyr et en Angleterre, et aussi conteur précis et pittoresque de voyage, décrit ainsi le religiosité de la « ville rose » surnommée ainsi à cause de ses briques, en 1865, il y a à peine plus d’un siècle et demi « Quantité étonnante de prêtres dans les rues de Toulouse. Il y a une retraite. J’en compte une vingtaine sous les allées de la place du Capitole et il y en a dans toutes les rues. »

Le voile monacal catholique n’est point inconnu dans cette cité qui est maintenant qualifiée de forteresse maçonnique et anticléricale : « Un couvent des plus importants est celui de Marie-Réparatrice. Il faut cinquante à soixante mille francs pour y entrer. Les religieuses se succèdent incessamment à la chapelle pour adorer et chanter ; on les voit par la grille ; c’est une exhibition poétique et attirante ; elles ont des souliers de soie et le plus élégant habillement bleu et blanc. L’essence du catholicisme méridional, c’est de prendre l’homme par la pompe, le ravissement des yeux, par le détournement opportun de l’instinct du sexe, et aussi par la peur de l’enfer dans l’ affaiblissement final. L’argent vient surtout au clergé par les vieilles gens qui songent à la mort. » [6]

Mais peut-on contester l’importance d’un voile qui fut toujours porté et est réclamé comme identité par des générations opposées à leurs parents, le plus souvent ? Des exemple y répondront. Nous nous souvenons, il y a quarante ans, de nos deux années tunisoises d’enseignement lycéen et universitaire où aucune Musulmane de nos classes n’était voilée, et j’y ajouterai une autre expérience scolaire, d’une heure, en Jordanie palestinienne de fin mai 1970 où les filles de la classe de terminale de l’institut religieux en philosophie, réunissant des Arabes palestiniennes réfugiées chrétiennes et musulmanes, en tablier bleu aux rayures blanches avaient leurs cheveux visibles, et le tout dans une discipline admirable ; la seule voilée par discipline de l’ordre arabe marial auquel elle appartenait - et exclusivement arabe palestinien selon le vœu recueilli de l’apparition mariale de la fin du XIXème siècle - était ma collègue chrétienne arabe, sensiblement de mon âge, visitée à ma demande d’entendre un cours de philosophie, et qui venait de leur dispenser un cours, me dit-elle, sur la logique ou particulièrement, m’en souvient-il, l’analogie selon saint Thomas d’Aquin.

Nasser antiislamiste

Un dernier exemple, à recueillir sur Internet [7] est celui du colonel Gamal Abdel Nasser (1918-1970) - objet d’une tentative d’assassinat de huit coups de feu tirés sur lui dont aucun ne l’atteint, à 7,5 m de la tribune, pendant un discours qu’il continua, à Alexandrie, sa ville natale, par un membre de la Fraternité maçonnique musulmane, Mohammed Abel Latif, le 26 octobre 1954 -, raillant publiquement son dirigeant qui lui demandait d’obliger à porter le voile, alors qu’il ne savait comment y contraindre sa fille étudiante en médecine ; la salle égyptienne riait de bon cœur ! O temps , ô mœurs ! Nous étions 13 ans après la Révolution égyptienne, en 1966.

Très subversivement, la pénétration wahhabite, celle de l’Arabie saoudite et du Qatar qui ont, par parenthèse, ruiné et asservi la Tunisie, à la grande joie des anciens colons et usuriers locaux qui peuvent ainsi se venger de la Tunisie syndicaliste verticale de Bourguiba, étape entre d’autres d’une dissolution de la société musulmane et chrétienne arabe, obéit au programme de différencier la Musulmane de la société ambiante, et fait du Coran peu lu avec bon sens et très mal commenté par des fonctionnaires obéissant à leur maître, plus qu’à leur raison, un mot vide rempli de leurs obsessions transformant la société religieuse en une forme de Contrat insocial, pour le redire avec Voltaire critiquant les humeurs politiques de Rousseau !

Notes

[1] Sourate 39, traduction parue en 1783 de Claude-Étienne Savary (1750-1788).

[2] aux éditions Payot, 1929, réédition 1944 (895pp)

[3] pp.569-570, Sourate des Confédérés, 33,verset 59.

[4] pp.480-481

[5] http://www.voixdumidi.fr/toulouse-l...

[6] Carnets de voyage, notes sur la province, 1863-1865 Paris Hachette, 1897, 348pp., p.288

[7] http://www.fdesouche.com/388291-arc...

 
 
 
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