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Psychopathie politique en Occident.

lundi 12 novembre 2012, par Pierre Dortiguier

Les actuelles discussions sur l’adoption des enfants par des parents que nous dirons non naturels, pour ne pas voir se fermer sur nous les portes de la censure, soulèvent le coin d’un voile sur une série d’affaires morales affectant la classe politique et plus généralement le milieu des « preneurs de décisions » L’on est malheureusement empêché de saisir l’importance de la conduite pathologique, notamment en ce qui touche les atteintes à l’intégrité physique et psychique de l’enfance dont l’innocence est niée par dogmatisme psychanalytique sur les décisions politiques, quand l’on ne raisonne qu’en termes abstraits de démocratie ou de tyrannie, tout comme s’il ne s’agissait que de regarder avec effroi, comme dans une tragédie antique, le passage de la mesure à la démesure.

Cette dernière existe bien, et l’histoire de Yazid persécutant la famille prophétique l’illustre ; mais la tradition prend bien soin aussi de discréditer ce personnage par allusion à son inconduite personnelle. Si nous transférons cette situation à celle que nous voyons s’étendre sous nos yeux, en constatant le sadisme des sacrifices humains commis en de nombreux endroits, et présentement en Syrie, l’on est frappé d’un premier signe clinique : l’insensibilité de certaine couche médiatique, politique, financière notamment, et culturelle au sens large, à la barbarie ou à l’injustice mondiales ! Que les médiats dupent le public est une chose, mais qu’eux-mêmes ne réagissent pas devant les faits évidents des assassinats, des violences exercées continûment contre des populations, - faits, qu’à la différence du public, ils connaissent fort bien -, cela nous fait supposer l’existence d’une certaine dégénérescence ; et permet de supposer que la limite est vite franchie entre la tolérance du crime et la complicité avec lui.

Notre Quatrième République s’était effondrée en même temps qu’était révélée une affaire de mœurs, de « ballets roses » qui touchait l’une des figures importantes de l’Etat que nous ne nommerons pas, mais cela paraissait cependant être une exception, comme « un coup de pistolet dans un concert », selon l’expression de Stendhal. Il se trouve que de temps en temps des scandales éclataient, mêlés à de l’espionnage, comme l’affaire Profumo (du nom du ministre de la guerre John Profumo (1915-2006) liée à l’amie d’un attaché militaire russe en poste à Londres et manœuvrée par lui) en Grande Bretagne, dans le cadre de la guerre froide, et cela ressortait du roman à la Simenon. Mais une enquête approfondie menée par la presse d’investigation, et parue sur Arte, a fait récemment ressortir, dans notre actualité, un parallèle entre la conduite psychopathique d’agents financiers, tels ceux qui jouaient l’argent des clients sur des « fonds pourris » contre lesquels ils spéculaient, -avec l’encouragement de leur patron de la Goldmann Sachs -, leur usage de drogue et toutes les déviations d’une société fermée qui se connaissait et se maintenait, ou plus exactement serait maintenue telle, pour la rendre efficace, propre à des opérations cruelles, comme on le fait d’animaux de laboratoires, dans cet éloignement de l’humanité. L’anormalité psychique conditionne une inconduite, lui assure une certaine logique et fortifie un courage pervers même, faisant passer pour de la faiblesse l’émergence d’un scrupule.

Une certaine stupeur nous saisit quand nous devinons, par des révélations sporadiques de scandales répandus, en l’occurrence sur la catholicité - mais elle n’est pas unique -, touchant la violence exercée par de hauts dignitaires sur des créatures jeunes ; et ceci permet de comprendre pourquoi l’on ne peut attendre d’un organisme qui paralyse son instinct moral, une réaction intellectuelle, « pastorale » par exemple, au massacre actuel de la chrétienté orientale arabe et arménienne en Syrie par les agents saoudo-occidentaux, ou - si l’on considère d’autres pays méditerranéens frappés par ce même vice que nous effleurions plus haut, l’encouragement donné aux mercenaires qui violentent une population musulmane et chrétienne sous le drapeau du wahhabisme, islam officiel de la République mondiale sous leadership US !

Il entre certainement, à parler psychiatrie, beaucoup dans la barbarie, l’exécution d’innocents, de prisonniers blessés et désarmés, de l’expérience de violences exercées sur des innocents : cela déshumanise entièrement celui qui s’y livre et en fait une sorte de robot humanoïde ; aussi est-il oisif de se poser la question de l’intérêt pour ceux qui veulent « mener le monde » de démoraliser la jeunesse, de lui faire, ou laisser faire commettre tous les crimes contre sa propre innocence, en cultivant le mépris d’autrui et de soi-même !

Une statistique récemment publiée affirme que la population mondiale a - chiffre considérable !- en son sein 4% de psychopathes, savoir de tueurs potentiels, prêts à tout pour assouvir leurs besoins élémentaires ; le commerce et la production de drogue trouvent un marché suffisant dans cette disposition ; le constat se suffirait, si nous n’étions tenus de rassembler quelques opinions intellectuelles ou politiques qui ôtent toute responsabilité morale à ceux qui corrompent la jeunesse. Le coup le plus sérieux a, par exemple, été porté par la psychanalyse appliquée à l’enfance, dont celle de la défunte François Dolto, née Marette (1908-1988) qui croyait certainement ne pas agir mal - chose gravissime, relevant de ce que Platon nomme « la plus grande ignorance » - en prétendant que les jeunes enfants avaient une complicité spontanée avec ceux qui en abusaient.

Les citations sont trop choquantes, aux yeux de la saine philosophie, pour être reproduites. Et elles portent atteinte à l’honneur national aussi. Mais cette licence - non pas de tuer physiquement - mais de déshonorer, pour des raisons de liberté accordée à un enfant qui justement n’en a guère, nous fait entrevoir ce que peut signifier concrètement (comme aimait à le dire le marxisme dans sa tradition dialectique, empruntée à la philosophie universitaire, par opposition à l’abstrait) la permissivité : elle sert à former une nouvelle génération entièrement acquise à tout ce qui est recherche de l’immédiateté ! Je veux me débarrasser d’un chef d’Etat ou d’un système qui me déplait, j’ordonne de l’abîmer comme l’on voit les décombres syriens s’accumuler ; le spectacle de l’assassinat de Khadafi n’a pas ému ceux qui lui tendaient la main ? Ou ont-ils perdu cette sensibilité ? Comment entretiennent-ils cette perversité qui poussa des journalistes, sur leur ordre, à placer dans les chambres des enfants des serviteurs du leader libyen, et dans sa famille, des objets qui les rendissent, eux et leurs parents vulnérables ? A-t-on déjà oublié cette lâcheté ? Comment faut-il l’interpréter ?

En philosophie, une formule célèbre veut que l’on réfléchisse non directement sur les données, mais sur les conditions de possibilité de celle-ci, et c’est cela qui fait la difficulté de l’analyse, comme l’écrivait le célèbre Kant. On passe en effet de la collection des faits, à leur production, à leur origine dans notre propre capacité de connaissance.

La conséquence pratique, qui seule nous importe ici, en géostratégie politique et en observation des relations et des conduites humaines, et même leur prévision, est qu’une modification ou altération de l’esprit entraîne une possibilité d’expérience, crée en quelque sorte des objets, d’où la nécessité de distinguer ce que veut la raison spontanée, en elle-même, et non pas le désir humain artificiellement excité. Aujourd’hui la raison est affectée, et avec elle les normes de conduite.

 
 
 
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