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Premier mémoire philosophique

de Christian baron von Ehrenfels

samedi 4 juin 2011

La philosophie a récemment appliqué son attention à la classe encore peu explorée des représentations de la relation. Presqu’en même temps Lotze et Sigwart ont fait remarquer qu’il y a des contenus de représentation (Vorstellungsinhalte) qui ne doivent pas leur existence à une excitation physique des terminaisons nerveuses de nos organes des sens mais à une activité psychique (einer psychischen Tätigkeit) ; bientôt après, Meinong a, dans ses secondes Etudes sur Hume (Hume-Studien II) esquissé les fondements d’une théorie de la relation (Relationstheorie) et, quoique brièvement, Stumpf, dans sa Psychologie du son (Tonpsychologie) n’a pas moins apporté de contributrions essentielles à ce même domaine de recherche. Le concept d’une causalité psychique des contenus de représentation (der Begriff einer psychischen Verursachung von Vorstellungsinhalten) qui ne sont pas en même temps des idées innées, est en soi hautement significatif et semble en outre dissiper une obscurité sous-jacente à la vieille dispute sur l’a priori.

Pareilles conjectures s’élèvent pour celui qui abordera de plus près, en y portant un intérêt élevé, la considération de cette classe en quelque sorte nouvellement découverte de phénomènes pour laquelle néanmoins nous possédons dans la langue quantité d’expressions intelligibles. On a déjà contesté que la différence entre le rouge et le vert représente un nouveau, un troisième contenu différentiable en lui-même du rouge et du vert.

Mais puisque dans ce cas l’on ne saurait faire abstraction de ce que les mots différemment et semblablement devraient signifier, on pourra ne pas attacher d’importance à cette assertion de Stumpf incidemment émise (Sur l’origine psychologique de la représentation de l’espace, §1). Une expression du même auteur mériterait plus d’attention (« Tonpsychologie » §. 6) qui veut prouver l’activité de la comparaison conçue plus comme une trouvaille de ce qui est déjà présent (ein Finden von schon Vorhandenem) que comme une production d’un parfaitement neuf. La supposition qu’avec les contenus de représentation individuels, leur relation réciproque devrait aussi être donnée à la conscience a sans doute ses difficultés, puisqu’elle semble constituer inévitablement une complication indéfinie de nos états psychiques. Des relations entre relations et des relations entre des relations et des qualités sensibles (Sinnesqualitäten) sont à vrai dire également possibles, et l’on ne saurait écarter la raison pour laquelle celles-ci ne devraient pas être présentes quand les relations du premier ordre doivent être nécessairement accordées (mitgegeben) avec leurs fondements. Toutefois les effets esthétiques qui sont avec la relation dans un accord si manifeste semblent cependant indiquer que les relations sont déjà présentes (schon im Bewusstsein vorliegen) dans la conscience quand elles sont représentées, non pas comme telles, séparées de leurs fondements, mais peut-être fondues (verschmolzen) avec ceux-ci dans un tout encore inanalysé, de sorte que l’acte de comparer ne serait rien d’autre qu’un cas spécial de la désagrégation (Zersetzens) de contenus unitaires de représentations en parties psychologiques, comme on peut par ailleurs l’observer dans l’abstraction. On ne laisserait pas par là la place à une complication indéfinie, car ce qui est divisible à l’infini comme par exemple tout continu spatial représenté, si petit soit-il, n’en a pas pour autant besoin de consister en parties infiniment nombreuses.

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