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Pourquoi une troisième guerre mondiale ?

jeudi 16 février 2012, par Pierre Dortiguier

On entend parler partout – je cite ici feu Martin Heidegger, le philosophe, dans une lettre privée, au lendemain de la dernière guerre - de défaite, d’abaissement d’un pays (en l’occurrence, le sien), mais ce disant, on oublie, poursuit-il, étourdiment de considérer que nous ne sommes pas encore nés : il pensait en effet, que l’essence de son peuple définie par la poésie d’un côté et le travail ordinaire, celui du paysan et de l’artisan, proche du sol et de la matière à ouvrager, à former par la main, devait apparaître, demeurait encore en gestation, et cette attente se retrouve, selon nous, dans la foi –je ne dis pas la croyance qui est pratique -, mais dans la certitude de la conscience chiite, par exemple , de la co-présence ou de l’à paraître du Mahdi (que Dieu hâte sa venue), de son être-à-venir, de la gestation que dit le mot de « futur ».

Car il s’agit bien de cette certitude sensible et non pas abstraite qui fait l’originalité d’une doctrine ou tradition religieuse qui ne peut être entendue que par l’écho d’autres origines, comme un sommet dirige la vue vers d’autres sommets !

Nos journaux sont, je vous l’accorde, loin de cette métaphysique, lesquels annoncent une catastrophique période de guerre, dont l’entité sioniste est impatiente par réflexe existentiel, et le sentiment se répand, dans l’opinion, que nous sommes déjà entrés dans une troisième guerre mondiale ; deux blocs se dessinent et s’affrontent, Otaniens d’un côté, et Dieu sait si l’Europe orientale compte la Roumanie, avec ses quatre bases américaines, comme une fervente de ce camp où elle expérimente une seconde servitude, accompagnée de la Bulgarie venant de signer un traité avec l’entité sioniste, sans parler des dirigeants à double ou triple nationalité de Géorgie etc., et de l’autre, tous ceux qui espèrent en un veto perpétuel des deux grandes puissances ayant arrêté la « lybisation » (forgeons ce néologisme) pour échapper aux exigences des pétroliers ou des marchands d’esclaves de toute nature. Il y a de nouveau une séparation du monde, libertaires contre tyrans, lit-on, selon le cliché répandu. La notion de notre compatriote catalan français et statisticien feu Alfred Sauvy, celle de « tiers-monde » qu’il devait abandonner, n’a plus lieu d’être. Une troisième voie est possible quand il y a une sorte de connivence entre deux forces, or celle-ci semble s’être rompue.

Procédons à une distinction, avant de parler d’affrontement : il existe ceux qui veulent maintenir un monde dans un statu quo impossible, celui où les Accords de Bretton Woods faisaient du dollar le critère de sa propre valeur, en faisant de la patrie d’une liberté recouvrée, assurait-on, la gardienne d’un ordre lui assurant un privilège d’existence. Il est commun de rappeler que De Gaulle a dénoncé cette situation et cela lui aura coûté cher, y compris le lâchage par ceux de son camp. Ce qui aurait du être un exemple de résistance nationale impulsant les autres peuples, se termina en tragédie shakespearienne, celle d’un Roi Lear ne comptant que sur sa fille ! Allemands, en premier, depuis la visite d’Adenauer au premier jour de l’accession au pouvoir de celui que Mitterrand qualifiait de dictateur, et peuples comptaient sur la force de la France pour dire tout haut ce qu’une ancienne infortune leur interdisait, pour des motifs variés, de proclamer, ou de ne dire qu’à voix basse.

Nous étions alors, moins de trente ans après, toujours « au sortir » de la guerre, mais en fait la guerre continuait, non pas sur la ligne de 1938-39, mais celle de 1914. Le monde, et non pas seulement l’Occident, se partageait, à cette date, entre deux pôles, l’Angleterre et ses alliés incluant la Russie en voie de développement, et bien sûr notre pays, puis les Etats-Unis et le Japon, et en face l’Allemagne qui remportait en Orient un succès d’autant plus prodigieux qu’il reposait sur la compétitivité et non sur la force armée. L’Empire ottoman s’offrait à elle jusqu’à Bagdad et derrière en Iran et jusqu’aux portes de l’Inde. Cela est allé si loin que toute l’instruction militaire et la formation économique en Chine, comme me l’assurait mon interprète en 1966, quelques jours avant l’éclatement de la révolution culturelle, - était assurée par des militaires de deux anciens Empires déchus et éclatés, dans une Chine nationaliste dont on verra pendant la seconde guerre mondiale, des délégations du Kouo-Min-Tang, opposés à Tchang américano-franc-maçon, inspecter le front russe !

La lutte économique anglaise devait donc défaire une grande communauté musulmane, y introduire une Fitna, ou dissension, pour prendre pied. Et elle le fit, non pas avec les sunnites, mais certains groupes, que l’on connaît, détenteurs du pouvoir actuel. Et, pour être exact, nul ne contredirait le fait que les poches de résistance à l’armée franco-maghrebo-hindo-italo-australo-britannique, et j’en oublie les Maoris, les Néozélandais, les Sud-Africains, etc, bref la fidélité au khalifat ottoman, c’est-à-dire au devoir patriotique contre l’agresseur porteur des tyrannies réelles du colonialisme et du sionisme, - fut le fait des Arabes chiites syro-libanais. La répression anglaise leur fera payer cher cette attitude, notamment à leurs coreligionnaires de Bassora, par les bombardements aériens de civils, juste à la fin de la première guerre mondiale ordonnés par Churchill, encore premier lord de l’amirauté, car l’aviation dépendait de ce service.

Il faut savoir que le schéma marxiste scolaire que tous ces Grands se valent et que l’autorité est un mal quand elle n’agite pas un drapeau rouge et matérialiste, ou fanatiquement abstrait, est faux. Il y a eu un affrontement entre deux façons d’envisager l’avenir, l’une en comptant sur ses propres forces et les besoins naturels d’autrui, l’autre en parasitant autrui et en divisant ce que la nature a uni. Ouvrez la fenêtre des événements, ne restez pas dans cette pénombre où les mots jouent à l’existence.

Cherchez là aussi l’unité de sens de tout ce qui est une injustice apparente et les conséquences apparaissent de ce qui fut un bon ou un mauvais principe, au départ de l’Histoire.

 
 
 
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