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Pourquoi ce silence sur la Birmanie musulmane massacrée ?

jeudi 26 juillet 2012, par Pierre Dortiguier

Le terme de Myanmar est officiel, mais laissons le pays traversé par l’Irawady qui fut le théâtre d’une expédition militaire japonaise impressionnante contre l’Angleterre, sous sa dénomination traditionnelle relative à l’ethnie majoritaire (Birma). Rappelons que la langue est proche du chinois et du tibétain et nous pouvons, déjà, relever que ces émeutes antimusulmanes, transformées en massacres, se retrouvent, dans la partie du Tibet, contre une ethnie Hil, que les Démocrates locaux prétendus, sous couvert de lutter contre des auxiliaires de la Chine, ont pillée et violentée, en 2008, dans l’indifférence médiatique !

La paix bouddhique birmane locale semble contradictoire avec l’annonce de près d’une trentaine de mosquées détruites et un nombre de victimes élevé, dans des chasses à l’homme, après le viol d’une Bouddhiste attribué à l’ethnie musulmane des Rohingyas.

Le premier étonnement est le mutisme de l’opinion publique « mondiale » que l’on ne peut accuser d’ignorer la Birmanie, puisque depuis des années, la favorite de Londres, -comme l’était son père, assassiné, lors des troubles consécutifs à l’Indépendance- devenue prix Nobel de la Paix, est célébrée, partout, comme l’ange de la démocratie.

Mr. Normal l’a reçue, à l’Elysée, et présentée comme la conscience universelle, qui faisait, par sa détermination, chuter la tyrannie d’une junte qui obligerait sa population au travail forcé, selon ce qu’on nous dit, mais n’était point connue, pour liquider son ethnie musulmane !

Nous aimerions entendre la voix de Su-Yi, qui semble se perdre, dans l’indifférence générale, mais un point demeure acquis : ces émeutes trop larges et durables, pour n’être pas planifiées, se produisent, dans un cadre de démocratisation bouddhiste, entendons, accompagnées par une partie du clergé bouddhiste. Or c’est d’une certaine fraction de la cléricature bouddhiste du pays que sortent, durablement, les appels au meurtre, qui pousseraient la population musulmane à chercher asile hors du pays ! Peut-on y voir une manipulation des fidèles bouddhistes, par ces mêmes têtes politiques religieuses, qui ont soutenu Su Yi et obtenu, par une agitation soutenue par l’Occident, et, surtout, la Grande Bretagne, que la politique de neutralité du pays, favorable à la Chine et aussi très liée au Japon économiquement, se détache de cette ligne ?

La Chine a passé des accords militaires avec la Birmanie, concrétisée par une base de surveillance maritime, équipée de fusées sol-mer. Faut-il donc lier ce temps actuel d’ouverture et de fin de blocus birman par l’Occident et Londres, en tête, à la manifestation antimusulmane, trop vaste, pour n’être qu’un mouvement de colère ou de vengeance ?

Deux observations s’imposent, l’une, locale, sur une ethnie, qui s’est maintenue avec d’autres minorités ethnico-religieuses, chrétiennes, animistes etc., laquelle compterait, aujourd’hui, 730 000 âmes, et sur une population, par exemple, totale de 7 605 560 âmes, en 1891, formait, alors, un chiffre de 253 031, contre 6 888 075 bouddhistes ! Ce ne sont point des « immigrés » et l’on ne peut confondre le sentiment antimusulman avec quelque xénophobie !

Il s’agit d’une variété ethnique, au sein d’une population, à 90%, bouddhiste, avec un clergé très structuré, fer de lance de l’ouverture à l’Occident, appelant au détachement de la Chine, selon les instructions de la personnalité du Dalaï Lama ! Ce Dalaï Lama exfiltré par la CIA du Tibet et qui reste sous son contrôle, comme ceux qui signent un pacte avec le diable !

La seconde observation, déjà, esquissée, rapproche la situation tibétaine et birmane !

Dans l’agitation antichinoise, il était, encore, en 2009, courant de mentionner, dans les milieux éclairés, surtout ceux qui voulaient séparer le monde musulman et l’Iran de la grande Chine, la colonisation par l’ethnie des Han des territoires turcophones, mais il n’a jamais été mentionné que la tolérance tibétaine s’arrêtait aux Musulmans tibétains.

En fait, toute l’Asie, comme l’observait René Grousset, dans son livre, paru, en 1939, l’Empire des Steppes, a vu coexister, en rivalité, en alliance et en durée, doit-on préciser les religions bouddhiste, chrétienne nestorienne –celle même que le Prophète de l’Islam aurait connue- et musulmane, sur fond de croyances plus anciennes demeurées sous-jacentes, comme partout où l’humanité est profondément enracinée : l’Asie du Sud devient un champ d’affrontement réel, avec présence de la flotte US, non plus, potentiel, entre la puissance chinoise et les peuples qui lui sont proches, d’une part, et l’autre puissance qui veut promener, partout, son leadership, qui lui sert de religion.

Que les Musulmans soient sacrifiés, sur l’autel de cette géopolitique, est une chose que, maintenant, les ressentiments antichinois prennent la forme de ratonnades – comme on disait, durant la guerre d’Algérie - anti-musulmanes, cela n’éclaire que la démocratie que les nouvelles robes oranges veulent faire prendre, pour l’enseignement du prince impassible de l’ethnie des Saces ou Sakas, dont l’ennemi était l’illusion : celle même que l’on nous vend sous l’étiquette de démocratie !

 
 
 
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