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Pollution téhéranaise

jeudi 29 janvier 2015, par Pierre Dortiguier

Il survient, comme chez nous, dans le pays qui a une médecine et une chirurgie de qualité, que le langage technocratique dirait performante, et attire en Iran une clientèle des États-Unis même qui n’est pas qu’indigène, de nombreux décès dus à l’usage de pesticides dégénérant l’organisme humain, et aujourd’hui annoncée une pollution pétrolière dans Téhéran ; la cause en est l’absence de raffinage du brut extrait ; le blocus d’un côté, un flottement politique de l’autre entraînent la catastrophe, de quatre cents personnes hospitalisées en ce jour pour pollution atmosphérique. La responsabilité morale se trouve dans ces sanctions trentenaires et aggravées par les mesures successives des organisations dites internationales, américaines et cryptosionistes, pour étouffer l’Iran, décourager son esprit naturel d’indépendance.

Il s’agit de faire crever un pays, d’exaspérer le peuple contre tout gouvernement qui ne sera pas sorti de la grande école du business cosmopolite, en lui ôtant, par exemple, comme en Crimée traditionnellement, géopolitiquement attachée à l’ensemble impérial russe, la carte bleue visa et autres facilités de transactions commerciales. Il y a des riches, me direz-vous, et des pauvres, quoique le pays soit digne, et une classe moyenne qui ne pourrait, sous des sanctions continuelles, se développer ; objectif poursuivi chez nous et près de réussir par la taxation outrancière de la propriété et le couperet de la guillotine grecque que l’on sait : la confiscation des dépôts bancaires pour payer la dette internationale. C’est aussi une forme de pollution qui hospitalisera chez nous la nation entière, avant que l’on ampute les membres de cette Europe, gagnés par la gangrène financière.

Régulièrement la circulation routière urbaine de Téhéran, ville de plus de quatorze millions d’âmes, est interrompue pour une prévention de maladies vite chroniques, les poumons attaqués en premier, avec leur suite de cancers, ou de leucémies.

Telle jeune femme, me dit avoir perdu, après examen radiologique de sa médecine du travail, 3% de ses capacités pulmonaires. Elle vient d’un peuple iranien, d’une tribu nomade, et a une constitution forte, mais cette résistance est trompeuse ; et le mal s’étendra, faute d’y prendre garde.

Les États-Unis et leur matrice anglaise, sont la cause de ce crime, et rien ne saurait les arrêter après avoir clôturé la seconde guerre mondiale par la destruction des deux populations civiles de Hiroshima et de Nagasaki. Ce que l’on appelle aujourd’hui dans les cercles de l’OTAN relevés par la presse russe - « the first strike », le premier coup - est à l’ordre du jour, devenu une norme tactique, la pollution étant une mort soft, à moyen terme, cependant que la diététique ordinaire rongée par les pesticides sources d’acidose, ou acidité trop grande de l’organisme humain - en liaison avec la pollution de l’air et des aliments - est à l’origine de troubles glandulaires, comme ceux de la thyroïde ou des glandes surrénales, et autres symptômes alarmants, dans ces prisons du corps à ciel ouvert, ou bandes de Gaza physiologiques pour ainsi dire, que les mêmes démons, comme dans les peintures de Jérôme Bosch flamandes, par des ingéniosité vicieuses multiplient.

Un ami marseillais travaillant dans le bâtiment et aimant à philosopher, et autodidacte, Abdallah, avertissait que l’Islam, la soumission à Dieu par la discipline, s’élèverait s’il avait le concours de populations organisées comme la nordique, et nous mêmes connûmes l’Islam japonais, lequel, quoique minoritaire, obtenait naguère le prix fameux de la meilleure calligraphie coranique dans un concours égyptien. Cette sélection observée par Darwin en milieu naturel homogène agit partout, car elle est la justice divine. Je parle du vrai Darwin et non du roman matérialiste et athée qu’on en a fait, à son corps défendant.

Ces épreuves subies par l’Iran et d’autres victimes du sadisme usurier contemporain, et ruinant la Grèce et d’autres nations, font songer au mot fameux de Schopenhauer, le sage penseur allemand, que ce qui ne tue pas rend plus fort.

Si, au lieu de fuir aux États-Unis ou au Canada aux villes moins bien structurées, du moins dans le réseau routier que Téhéran, qui est à cet égard plus familier à un Européen que la Nouvelle France du Canada, la pointe de l’élite partout ne partait que pour revenir approfondir son patriotisme, comme le fit le poète souabe Hölderlin qui cheminait dans notre France méridionale jusqu’à Bordeaux, en traversant la Dordogne, pour développer la nostalgie de la terre natale, en bref pour se découvrir en remontant son temps, par la distance spatiale, la pollution se dissiperait devant cette somme de volontés que recèle la technique, et que ceux qui ne connaissent que l’esprit comme critère de vie ou de domination, comme dans les systèmes de caste, ont tendance à ignorer, dans son essence.

Cette dernière réflexion peut paraître un effet de l’influence heideggerienne sur la génération des années d’après-guerre, mais elle a son contexte iranien aussi, relevé par le comte Gobineau dans son commentaire de la décadence des dynastie djemshydites, issues de Djemshid, l’un des premiers héros du Livre des Rois (Shah Nameh) après qu’il ait créé ce système de quatre castes, les savants, les guerriers, les laboureurs, les artisans, - ce dont on a fait faussement un critère de société première, pure. C’est le contraire qui paraît : parlant de ces rois et « de leur partialité pour la puissance de l’esprit » faisant des gens plus soumis que courageux, notre compatriote de noter cette forme de pollution ; « L’esprit devenait plus fort que l’arc, l’opulence plus considérable que l’extraction ». En bref, une nature décomposée ! (Histoire des Perses, tome premier, Paris, Plon,1869, 586 pages, p.105)

 
 
 
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