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Patriotisme ou mercenariat musulman ? Le parti des travailleurs turcs tranche !

lundi 16 juillet 2012, par Pierre Dortiguier

Le vice-Président du parti des travailleurs turcs, M. Bulen Aslanloglu, a, dans un article publié par la chaîne turque de télévision Olossa, le 21 juin, déclaré que la participation des Turcs aux combats, en Syrie, et leur mort, au bénéfice des Etats-Unis, en commettant des crimes contre des gens innocents est une conduite inhabituelle aux Turcs ; tout en soulignant que la société US Blackwater est en train de payer des sommes colossales à ces éléments, pour aller combattre, en Syrie.

Cette information a été diffusée par European Phoenix, sous le titre : "CIA recruits 6.000 "Black Water" mercenaires to commit massacres in Syria". Nous laissons la parole au vice-président du parti ouvrier turc, et aimerions que M. Hollande, se réclamant de la tradition socialiste et qui promet d’aider en matériel de communication les mêmes mercenaires, afin de compenser en faveur des envahisseurs l’avantage fourni par les Russes et qui a effectivement brisé, à Homs, l’offensive prévue– en tire les mêmes conséquences ! Mais M. Hollande tient plus, l’Histoire le montrera, du parti de Léon Blum, qui a donné son nom à un Kibboutz sioniste, que de Jaurès, qui a donné sa vie pour empêcher une lutte civile européenne, dont Londres et New York ont tiré, seuls, jusqu’à ce jour, bénéfice, avec leurs domestiques du Proche Orient !

L’agence Phoenix rapporte, en effet, les propos du leader turc, qui ici lui ouvrirait les portes des nouvelles Bastilles : « Il a mis en évidence que les Sionistes sont ceux qui contrôlent le capital U.S., ce qui signifie que la lutte entre la Syrie et la Turquie apparaît comme une guerre, au nom des Sionistes et des (censure !) riches ». L’armée turque refusera, écrit, patriotiquement, Bulen Aslanoglu, de se transformer en armée de mercenaires qui se bat pour de l’argent, mais préservera le caractère d’une armée combattant pour la liberté et pour le peuple. Enfin, selon un propos, qui a fait le tour des agences de presse, Bulen a dit une vérité morale simple ; que se battre pour son pays est honnête, mais que mourir, pour de l’argent, est incompréhensible et est la forme la plus basse de l’exploitation de l’homme par l’homme. Il est d’avis que les Etats impérialistes courent après les gens qui se sacrifieraient ainsi, et a ajouté que le Parti de la Justice et du Développement est un soutien de l’Ouest. Il est loin, en effet, comme le remarque le chirurgien de lignée alsacienne –ou qui en porte le patronyme Oberlin, qui a opéré combien de malheureuses victimes, à Gaza, pendant l’agression sioniste dernière, le temps où Gaza était défendu à un contre quatre, puis, à la fin, à un (tenez vous bien !) contre huit, cette terre contre l’invasion anglo-indienne de 1917 : l’armée turque s’y bâtit, pendant plusieurs mois, et repoussa un ennemi supérieurement équipé (aidé du reste par des Autrichiens, des Hongrois et des Allemands) ; alors qu’en Mésopotamie, elle lutta à un contre deux, mais remporta une victoire, la plus grande remportée par une armée musulmane, encerclant et emprisonnant une armée entière, défendant ainsi Bagdad.

Aujourd’hui, les temps ont changé : c’est l’armée turque qui ouvre les portes à l’Union Jack et aux alliés français du Lion britannique ; c’est l’entente cordiale sur le cadavre envisagé du lion syrien ! M. Alain Gresh, fils du révolutionnaire professionnel, Henri Curiel, et expert du Proche Orient, au journal "Le Monde", avoue, dans sa récente chronique, que la chute de la Syrie indépendante (des Occidentaux) est une question de mois, alors que, récemment, il était question de semaines, voire, de jours ! Et avec raison, comme malgré lui, car ses sympathies ne vont pas, instinctivement, au nationalisme arabe, à tout ce qui peut amoindrir l’entité sioniste, il estime qu’un arrangement, une concertation avec l’Iran est nécessaire ; que l’Occident (et sa colonie locale de peuplement) va vers un suicide, s’il persiste dans l’option militaire, veut renverser Assad, comme il le fit de Mossadegh, en soudoyant des manifestants devenus, par merveille de l’humanisme, du droit d’intervention, des meurtriers, des gens qui videraient la Syrie de son sang, que leur Marseillaise dit être impur !

Les Musulmans et des experts à la Gresh peuvent entendre cet avertissement du patriotisme turc, opposé au cosmopolitisme turc, qui se drape derrière le portrait d’Atatürk et, comme lui, sont patriotes de tribune, mais non de pratique, et aussi indifférents au peuple qu’un athée à Dieu. Ce même patriotisme et enracinement religieux, l’Imam Khomeiny l’avait observé dans son exil. C’est lui qui explosera, souhaitons-le, comme les Dardanelles ont repoussé la flotte de Churchill à laquelle nous avions prêté le concours de nos mercenaires arabes et coloniaux africains et asiatiques. Le monde a les yeux sur la Turquie ; quant à la Syrie, l’on peut dire, comme Goethe de Marguerite, dans Faust, en faisant parler une voix céleste, "elle est sauvée", si Dieu veut. Il est, par ailleurs, comique, si l’on peut dire, d’entendre ces mêmes démocrates qui vitupéraient contre la présence de l’armée ottomane, en Syrie, et traite en martyrs les agents britanniques de l’époque pris par les Turcs, changer de partition et maudire tout patriotisme local arabe qui ne se plie pas au nouvel ottomanisme de M. Erdogan, terme que l’on doit traduire, par otanisme ! Les girouettes, conclurons-nous, tournent, soit, mais c’est la direction du vent qui intéresse l’homme capable de naviguer, dans ces vagues de mensonges et de sang.

 
 
 
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