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Notre point de vue philosophique

Réponse à une revue iranienne

samedi 7 mars 2015, par Pierre Dortiguier

Pour répondre à votre aimable demande d’exposition des principes de notre philosophie, qui a servi de base à notre enseignement, qu’il soit dit que nous nous inspirons de la philosophie de l’idéalisme allemand de Kant, dont les effets sur la morale et la conduite politique sont dignes d’être reconnus. Nous estimons que la conscience morale est le ressort de toute décision et qu’elle exige une séparation entre nos états psychologiques et la préservation d’un Moi, directement lié à Dieu ! Ceci exclut toute idée d’inconscient, et place au premier rang la responsabilité de nos actes.

En matière de liberté, nous ne jugeons pas que nos actes soient arbitraires, en termes plus explicites, la vie de la nature et de notre personnalité suit un chemin déjà tracé. « Si l’on pouvait connaître tout ce qui motive un individu, à un instant donné, nous pourrions prévoir sa conduite, avec autant de précision que le passage d’un astre dans sa course, à son écliptique » écrit Kant. La liberté n’est donc point naturelle, mais transcendantale : ce n’est pas ce que nous faisons ou subissons qui est l’important, mais la façon dont nous y réagissons, et c’est en fonction de cela que nous sommes jugés par une puissance supérieure incorruptible, qui est logée en nous, ne meurt pas avec nous, et nous suit, comme un observateur.

C’est la raison pour laquelle nous nous opposons aux doctrines qui prêchent l’anarchie de la conduite : les lois sont nécessaires, et à cet égard, notre fil conducteur est la formule de Goethe, que mieux vaut une injustice qu’un désordre. L’État est nécessaire et la révélation religieuse doit se concrétiser dans des institutions. Or aujourd’hui, au nom de la justice, on accroît le désordre, en soi-même et dans le monde. Ce que nous voyons en Orient avec le faux Islam et la fausse démocratie en Occident, ou dans le monde américanisé, très bien critiqué en Europe par de bons auteurs.

L’idéalisme en question a, en Europe, connu un développement constant, depuis la fin du 18ème siècle, et s’est opposé aux sociétés secrètes, comme la franc-maçonnerie, et ne s’est heurté qu’au désordre commencé par la Révolution française et surtout établi par la Première Guerre mondiale, et se poursuit jusqu’à ce que l’esprit de désordre se fatigue et permette enfin de poser des questions essentielles : « Que dois-je faire, que puis-je savoir, que puis-je espérer ? En bref qu’est-ce que l’homme, quelle est sa destinée ? »

Notre existence est enveloppée dans une forme qui tend à la perfection, et si elle ne suit pas cette route, le désordre croit pour constituer un chaos, une dissonance, comme dans une symphonie ou une mélodie musicale, où la mauvaise forme est absorbée par une forme supérieure.

Notre inspiration est celle donnée par la structure de la mélodie musicale, toujours identique, quelle que soit sa variation. Nous l’avons appris chez un auteur autrichien Christian Ehrenfels, dont le fils que nous rencontrâmes en Suisse en 1973, se convertit à l’islam dans les années vingt.

Nous avons suivi un maître viennois né en 1928, décédé en 2012, qui fut professeur à l’Université de Vienne, Michael Benedikt dont l’épouse Wanda, est directrice de l’organisation Caritas. Sa fidélité à l’idéalisme de Kant, sa piété religieuse, sa charité nous accompagnent, et son âme est proche aussi de ceux qui partout philosophent.

Nous avons lu et apprécié Martin Heidegger, bref toute la grande armée de la saine philosophie, et, comme le dit un vieux cantique populaire « Si tous demeurent infidèles, nous resteront attachés », - (citons les mots de Jean-Jacques Rousseau), à cette « conscience, instinct divin, immortelle et céleste voix, guide assuré d’un être ignorant et borné, mais intelligent et libre ».

Notre opposition au structuralisme qui est une pensée sans sujet, est totale, celle au marxisme, à la psychanalyse est totale.

Il est possible au lecteur iranien bienveillant, de se faire une image de notre position en évoquant le tableau de Kant, d’un ciel étoilé au dessus-de nous et d’une loi morale en nous.

Par ma culture européenne, je suis attaché à la musique, car j’estime que le beau, selon le mot du nommé Platon, est « la splendeur du vrai », mais jamais la pensée, selon nous, ne s’est élevée au dessus de cette affirmation de Kant, que la « beauté est le symbole de la moralité ».

Nous venons de publier un livre qui l’expose, intitulé « Nietzsche, ce qu’il n’est pas, ce qu’il découvre », édité à Marseille, aux éditions Fiat Lux, qui est une défense de la pensée philosophique et religieuse, politique, contre l’anarchie ; cette anarchie cultivée par ceux qui ne peuvent diriger le monde et s’acharnent à le parasiter Nous avons publié de nombreux articles que l’on trouvera sur notre site dortiguier.fr contenant le recueil de nos écrits et traductions. Notre prochain livre devrait porter sur l’Iran.

Merci à votre Revue

J’adresse mes encouragements aux jeunes gens d’Iran qui cultivent la philosophie et leur rappelle qu’Henry Corbin que je voyais à la Sorbonne débuta ses études chiites iraniennes par la philosophie de Heidegger, mes sympathies allant, en matière religieuse chrétienne, comme lui, à la Réforme de Martin Luther, qui est une exigence de faire triompher la foi identifiée avec la conscience morale, et non opposée à elle, comme dans les fausses doctrines qui ravagent le monde.

Mon admiration va à l’Imam Khomeiny, d’heureuse mémoire, qui accomplit un travail analogue de Réformateur, et voulut, comme Luther, que la foi passât par une expression politique immédiate, celle d’un État, dépositaire de l’ordre.

Merci à nos lecteurs de prêter attention aux propos un professeur de philosophie qui veut se montrer digne de ce grand nom qui est une grâce faite par Dieu.

 
 
 
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