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Ne demandez pas pour qui sonne le glas ?

vendredi 4 mai 2012, par Pierre Dortiguier

Dans cet emportement qui souvent tient lieu d’enthousiasme à la langue anglaise, le prédicateur et poète élégant John Donne (1572-1631) a laissé échapper cette formule vulgarisée par le livre assez plat, livre de chevet, dit-on, de Barack Obama, paru en 1940, d’Hemingway sur la guerre civile espagnole, « ne demandez pas pour qui sonne le glas, il sonne pour toi ! »

La même situation s’applique à la France électorale qui est en passe de donner au pays un avenir d’illusions et de mécomptes, dont se fait écho la presse de ses voisins.

Et encore faut-il relever, en Suisse allemande, que la « Neue Zürcher Zeitung », la nouvelle Gazette de Zurich du 4 mai, ne daigne pas même consacrer un seul article, aujourd’hui, aux élections françaises, sauf pour rappeler, dans un entretien accordé par l’islamologue israélite connu M. Gilles Kepel parlant des investissements de M. Sarkozy dans l’élimination des ghettos urbains et la rénovation des cités, cette vérité, celle aussi de son successeur M. Sarkozy II ou M. François Hollande Ier issu d’une famille de Normandie très « Algérie française » et extrémiste : « on n’a investi que dans le béton, et non point dans les hommes » !

Le vainqueur n’en sera pas un ; car c’est le maintien d’un homme, qui a réussi à casser l’extrême droite, à la briser en partisans de sa prolongation comme barrage à l’administration socialiste, ce qui est le cas, sous réserves qu’il n’y pas de report législatif UMP aux socialistes, du patriote de l’Est français, de sensibilité germanique, le sérieux et savant, très sympathique avec ses étudiants lyonnais, M. le professeur Gollnisch, d’illustre ascendance, ou, au contraire, de ceux qui en veulent à la droite de les avoir chassés d’Algérie où les avaient protégés les socialistes comme Mitterrand.

L’importance des scores du Front National au Grand Nice(23%) et à Marseille (21,2%), alors qu’il est en baisse dans les autres grandes villes (comme Paris, 6,2%, Lyon, 8,9%, Nantes, 7,8%, Toulouse,10%, même Metz, 17,9%, Grenoble, 10,8%, Montpellier,13,6%) et ne monte, par exemple, que dans les campagnes du Gers –ordinairement à Gauche- comme Callian, mon village maternel, du Lot-et-Garonne, et de la Bretagne, où le peuple réagit à l’abandon du terroir- , fait ressortir l’aspect social de cette combinaison du socialisme et de la population « pied-noir », clef d’un succès éventuel du clan hollandiste !

Mais à cet égard la défaite de M. Sarkozy ne serait pas la victoire d’une politique adverse qui n’a jamais été clairement exposée au peuple, pour la raison qu’elle n’est pas établie sur de vrais fondements.

Hier, à Tulle, dont il a été sept ans le maire (2001-2008) et qui fut marqué au printemps 1944, conjointement au débarquement U.S par des violences de luttes partisanes et des massacres de prisonniers désarmés, barbarement mutilés, sur lesquels il n’est pas de bon ton de jeter un regard, même d’historien, M. Hollande a eu la naïveté de prétendre que la crise actuelle est moins grave que ce que nous avons connu en temps de guerre. Cette manière de ne pas reconnaître le péril en la demeure française, européenne et mondiale, est ce que Platon eût nommé « la plus grande ignorance », c’est-à-dire l’incapacité, due aux passions du pouvoir et au besoin de flatter, d’appliquer sa propre science politique aux besoins d’une situation, bref le refus de comprendre la nature d’une situation, comme un médecin incapable de diagnostiquer, sous prétexte que ce qu’il observe ne saurait égaler les souffrances constatées dans sa carrière militaire ! Même le personnage du vétéran de l’armée des Indes docteur Watson, des romans de Conan Doyle, ne proférait pareilles niaiseries de la sorte devant Sherlock Holmes.

Nous préparons-nous d’aller de mal en pis ?

Ce matin, j’entendais deux Français, devant un présentoir de presse annonçant l’écrasante victoire de la gauche, dire hautement qu’ils n’étaient ni de droite, ni de gauche ! C’est cela qui manque aux deux candidats qui subiront le même échec, au même moment : celui de leur nihilisme politique ; rien n’est présenté à l’intelligence du pays ; on agite des épouvantails, et l’on parle d’une islamisation du pays alors que l’ignorance de l’islam est un des caractères, tout comme de la langue coranique, de la majorité de Français citoyens, en fait ballotés entre une origine effacée et un avenir étroit, autant pour eux que pour les autres Français qu’ils voient avec méfiance ; à savoir tous ceux qui ne partagent pas leur condition.

On parle d’une France chrétienne, alors que les églises se sont vidées et l’Evangile devenu illisible pour ceux qui sont formés par un enseignement entre les mains de l’idéologie post marxiste et apostate, c’est-à-dire ayant renié, comme chez notre collègue athéiste normand M. Michel Onfray, auteur d’un traité d’athéologie, toute éducation chrétienne.

C’est dans cette voie que nous fait entrer, avec sa stature de moi présidentiel plus visible que sentie, un homme, qui a apostasié le christianisme, devenu fanatiquement laïque, -comme l’expérience pourrait le révéler très vite, bien sûr converti au sionisme et à l’iranophobie, et dont le Conseil général de Corrèze qu’il préside depuis 2008, est un des plus endettés de France.

Quel rôle tiendra-t-il devant le chancelier allemand, Mme Merkel et demain son successeur socialiste marqué au sceau du christianisme le plus rigoureux !

Car telle est la différence des deux côtés du Rhin, et qui nous séparera toujours davantage de l’Europe et de ses 44 millions de musulmans : le laïcisme est chez nous l’arme la plus terrible pour déraciner toute instruction religieuse. M. Hollande est, quoique élevé au collège Jean Baptiste de la Salle, tout comme M. Mélenchon, remarqué pour son intégrisme laïque renforcé par son apostasie du christianisme et son dédain de toute religion, sa promesse d’inclure dans la constitution le principe de la séparation de l’Eglise et de l’Etat dartant de 1905, son annonce de ne pas exonérer de droits de succession tout don fait à l’Eglise qui a la responsabilité d’œuvres d’éducation et de bienfaisance.

Quand l’on se réjouira dimanche soir, à la fin du jour du Seigneur, de la défaite de tel candidat, et nul ne peut dire lequel, seul Dieu sait, il faudra se demander si l’on entend encore ce tocsin, sonné par notre voisine d’outre Rhin et repris déjà par toute l’Europe sur le feu qui embrase la maison de France, allumé par nos dettes, nées principalement sous le socialisme précédant, il y a trente ans, et montant à plus 1600 milliards d’Euros, comme était représentée autrefois dans le théâtre de boulevard par Alexandre Dumas fils (2 février 1852) la conduite d’un homme dissipé : notre pauvre pays risque d’être atteint du même mal que la « Dame aux Camélias », et de ne pas en perdre pour autant sa beauté qui le fait aimer, par respect de son passé.

 
 
 
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