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« Merkozy », jeu de mot sur une crise européenne

lundi 5 mars 2012, par Pierre Dortiguier

L’article du « Spiegel » à paraître cette semaine, fait déjà un remous dans la classe politique française d’où naquit, comme ne l’oublient pas les Allemands, l’offre de l’Euro présentée jadis par le chef du parti socialiste français au conservateur Kohl encore surpris de voir l’ancienne Allemagne centrale occupée par les Russes se fondre dans l’Occident !

Cet an 1989 qui était partout célébré comme le bicentenaire de la Révolution démocratique faisait apparaître, paradoxalement, la terreur d’un système établi franco-britannique devant la croissance possible de ce qui serait en effet dénommée par le Premier ministre luxembourgeois et ancien syndicaliste chrétien, puis ministre des finances M. Jüncker, candidat des Allemands à la Présidence de l’Europe rejeté par M. Sarkozy, « la locomotive de l’Europe » ! La solution semblait simple, celle formulée en d’autres temps, par le ministre des finances français en 1918, « L’Allemagne paiera ! » ; celle-ci se stabilisera, imaginait-on, occupée à entretenir le déficit récurrent de ses partenaires, et le deutschemark camouflé en monnaie commune poussera l’attelage des peuples libérés bientôt du camp retranché soviétique vers un certain progrès dispensé à coup de déficits, mais qui modèrera le Grand Michel ; c’est le surnom traditionnel, en effet, donné à la candeur du paysan allemand ! Et de fait, par exemple, le « pays du milieu » de l’Europe participait depuis une décennie à la PAC ou politique agricole commune redonnant un air de richesse à ses voisins, et tout ceci aurait continué si la loi du crédit aventureux ne poussait toute l’économie occidentale à se retrouver comme la cigale devant la fourmi, plongée dans un hiver de crise !

« Quand la bise fut venue », en effet, la vérité d’une conduite immorale des économies s’est déclarée à la face des peuples ; et leurs élites démocratiques ont aussitôt incriminé, par des semi-vérités qui sont pires et plus durables que des mensonges, car elles sont sincères, le système financier ; il fallait dire, leur "usage" de cet instrument que personne d’autre n’est capable de remplacer, sauf à promettre la lune !

Ne parlons pas de la crise grecque, où une scission s’établit entre une majorité honnête et silencieuse qui connaît la responsabilité de ses gouvernants incapables d’imposer même un cadastre pour laisser les plus habiles écraser les plus faibles, selon la définition que le normand Barbey d’Aurevilly donnait du matérialisme démocratique, et une minorité agitée et xénophobe derrière laquelle se dissimulent des agioteurs pour faire oublier leur enrichissement sur le dos des Etats européens. Nous sommes tous des Grecs devraient inscrire sur leur panneaux électoraux ceux qui promettent des crédits à leurs électeurs en taisant le gouffre de leur dette nationale !

Que M. Hollande aille trouver son collègue travailliste britannique et chef de l’opposition, pour le rassurer sur la modestie de ses ambitions fiscales, nul ne s’en étonne ; mais que s’annonce son intention de renégocier les accords conclus sur la rigueur budgétaire, il se trouvera un chancelier socialiste aussi, comme le fut Schroeder (qui collabore maintenant avec Gazprom ! ), pour lui dire, comme Socrate aux sophistes : montre ta preuve, dis-nous ce que tu consommes, et je te dirai combien je produis.

M. Hollande tient cependant son rôle démagogique, mais M. Sarkozy a voulu en jouer deux : ne pouvant convaincre sa partenaire de faire de la BCE une planche à billets, à la manière américaine, pour gaver inéluctablement l’Allemagne d’une inflation, comme l’on fit autrefois, il a fait mine de s’identifier avec son interlocutrice, pour que l’on puisse confondre le fort et le faible, d’où naquit ce phénix, le Merkozy, qui tiendra jusqu’au coucher du soleil électoral. S’élèvera-t-il un jour en France un personnage ailé, comme la chouette qui prend son vol à la tombée de la nuit, avec des yeux perspicaces ?

Nous le souhaitons, et laissons à des agents de l’Américanisme, telle l’étoile ou le pacha de l’Ecole de Francfort, qui osa falsifier une citation de Kant, comme le dénonça vainement, sans recevoir aucun écho, mon excellent collègue antipositiviste Michael Benedikt de Vienne, M. Jürgen Habermas, le soin honteux d’opposer l’instinct européen d’unité à des normes de conduites rationnelles, comme si la démocratie ne devait pas être une idée religieuse, profonde, attentive à l’équité qui consiste à payer avec ce que l’on a, à travailler pour l’obtenir afin de conserver son peuple ! Mais est-ce chez de tels agitateurs, attachés à déraciner la foi en la patrie et en la morale transcendante et surtout révélée, est-ce dans leur athéisme pratique « qui détranscendantalise », comme il le prétend sans rire, que l’on peut découvrir que le travail est une prière ?

 
 
 
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