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Liberté, égalité, parentalité

jeudi 6 septembre 2012, par Pierre Dortiguier

Le dernier terme de fraternité tombe dans cette trinité française, se sublime pour ainsi dire, en cédant au néologisme, et réapparaît sous cette forme : la parenté bien commune vient en effet de se transformer en une désignation, non de ceux qui engendrent –comme le dit le « latin » pario, parturio, patria, apparenté à la paternité- mais de ceux qui font semblant d’agir ainsi : la parentalité. Cette proposition législative est en effet une imposition de la parenté homosexuelle et a été déposée au Sénat, conservateur et protecteur des nouveaux préjugés, par la sénatrice écologiste du Val-de Marne (Ile de France), native d’Istanbul, Esther Benbassa ! Elle est Vice-Présidente de la commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du Règlement et d’administration générale, et s’occupait dans un sens bien politique, sinon plus, de l’égalité des chances hommes-femmes !

On se prend en la lisant, et elle serait flattée de l’apprendre, à citer, comme le célèbre historien membre de l’Académie française, Hyppolyte Taine (1828-1893) cette maxime de Jean-Jacques Rousseau, qui est des plus malheureuses en même temps qu’éclairante sur les déviations du jour : « les bonnes institutions nationales sont celles qui savent le mieux dénaturer l’homme, lui ôter son existence absolue pour lui donner une existence relative et transporter le moi dans l’unité commune » [1]

L’absolu de la parenté est devenu le relatif de la parentalité ! Une dénaturation en effet officielle, bientôt estampillée par le Palais du Luxembourg, siècle du Sénat ! Mais que l’on se rassure, nous nous dénaturons avec la proposition de la sénatrice en question ! La fraternité avait anciennement subi le même traitement : elle concernait autrefois les frères d’une lignée, et comme le sang était répandu une phratrie liait ses membres ! Parallèlement se formaient toujours des liens plus subtils, spirituels, comme les frères en religion, puis, par imitation assez caricaturale, presque un enfantillage, des frères maçonnisés s’étreignirent dans des Assemblées constituantes, quitte à perdre la tête sous la guillotine ! En fait, nous y voyons plus clair à l’ère hollandienne, et une dame sénatrice écologiste, protectrice des espèces, Esther Benbassa prétendant appartenir aux expulsés de l’Espagne ancienne, a déposé le 27 août, cette demande de modification du Code civil : il ne sera plus fait mention des sexes, tout comme si l’on mettait sur le même plan la lune et le soleil ! Des termes neutres comme époux, beaux-parents afficheront l’égalité absolue. La parentalité sera aussi de la même nature indifférente ; et il est remarquable que désignant une relation parentale, elle n’affirme pas ou s’abstient de désigner la réalité de la parturition. Comme il faut cependant que dans ces cas, la nature soit logée à quelque enseigne, une mère occupée à "la gestation pour autrui" est bien sûr présente, mais comme une domestique demeurant à la cuisine dans les beaux-quartiers !

Comme dans les affaires de subversion actuelle, un comité est appelé à donner vie à ce qui est un montage antinaturel : pour « révolutionariser » la chose, des « états généraux sur la famille, en vue de la réforme du code civil » auront pour tâche fraternelle, si l’on peut désigner ainsi ce travail ordonné en réalité par une maçonnerie délirante, et ignorante volontaire de la révélation divine, de définir, en fait d’obscurcir cette notion vague de parentalité. Ce sera comme une auberge espagnole où chacun mange ce qu’il apporte, et où le pouvoir de l’argent décidera des liens familiaux ! Il ne fait point de doute que le mariage qui est lié au statut de la mère, comme son nom l’indique, et donc de la procréation possible, va devoir se plier à la nouvelle fraternité !

Un argument spécieux et qui s’entend partout en France et dans le « monde libre », est que l’amour fait l’union maritale ; rien n’est plus faux ; car l’on confond ainsi l’instinct de reproduction, et le sentiment d’affection envers autrui, qui est une amitié, ou la réjouissance du bien qui arrive à autrui, et la tristesse de son mal. Qu’une éthique du mariage suppose l’amitié, rien n’est plus évident, tandis que l’avarice s’y substitue insensiblement ! Cette objection est une variante du thème spécieux de l’amour libre qui est littéraire, et préparait la situation d’aujourd’hui. Nous ne faisons que signaler une progression déplorable contre laquelle des autorités religieuses se sont dressées ; mais elle est systématique et rationnelle, à savoir légifère le bouleversement des mœurs, y contraint donc l’espèce humaine.

Hyppolite Taine critiquait l’artificialité d’une certaine intelligence déracinée, celle même qui imagine aujourd’hui des parentalités pour marquer son dégoût de la parenté naturelle, et donc sa rébellion à la Création divine de l’Homme, à la façon satanique qu’indique en rappel le saint Coran : au tome III de sa série sur les Origines de la France contemporaine, consacré à la Révolution que l’ère présente de Hollande continue, il écrit brillamment de cette société bâtie « d’après le plan tracé par Jean-Jacques Rousseau » : « Toutes les masses du gros œuvre, code civil, université, concordat, administration préfectorale et centralisée, tous les détails de l’aménagement et de la distribution concourent à un effet d’ensemble qui est l’omnipotence de l’État, l’omniprésence du gouvernement, l’abolition de l’initiative locale et privée, la suppression de l’association volontaire et libre, la dispersion graduelle des petits groupes spontanés, l’interdiction préventive des longues œuvres héréditaires, l’extinction des sentiments par lesquels l’homme vit au-delà de lui-même dans le passé et dans l’avenir. Dans cette caserne philosophique, -dans ce temple, disent les maçons- nous vivons depuis quatre vingt-six ans ». Cela fait maintenant deux siècles et plus ! Le voile de la fraternité se déchire et apparaît une hostilité manifeste à la raison et à la nature, une haine de la Providence traduite par une distorsion des concepts.

Notes

[1] rapporté par Taine dans sa collection, Les Origines de la France contemporaine, l’Ancien Régime et la Révolution publiée de 1876 à 1894

 
 
 
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