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Les zones d’ombre de la démocratie universelle : les minorités musulmanes birmanes et tibétaines

samedi 21 juillet 2012, par Pierre Dortiguier

Que n’a-t-on parlé de la dictature régnant en Birmanie et de l’ange de la démocratie, bouddhiste, britannique, par son mariage et jugée une gloire nationale pour être la fille de celui qui ne concevait pas une possession coloniale ayant assisté à la défaite de ses maîtres, par les Japonais, trop indépendante de Londres.

Il semblait, cependant, étrange que pareil peuple qu’on nous présentait comme ayant élu le modèle de la démocratie mit tant de temps à « changer de régime », à quitter sa politique de neutralité, d’indépendance rigoureuse (puisqu’aucun étranger ne pouvait comme touriste séjourner plus d’une semaine) et de lien privilégié avec la Chine et le Japon ! L’appui politique à l’égérie birmane Aung-Suy-Yi fut non pas populaire, car elle n’avait aucun programme précis, sauf à dire que son pays n’était pas libre et qu’elle-même avait l’appui des puissants, que son quartier général était l’Ambassade de Grande Bretagne : de fait, sa popularité était plus assise à l’étranger que dans son pays ; c’est alors que l’on assista à la mobilisation des moines bouddhistes. Ceci n’ébranla pas la « junte », comme on désignait les militaires et les civils au pouvoir tout dévoués, il faut le reconnaître, aux deux grandes nations asiatiques citées : une base maritime avec des fusées sol-mer y sert de défense à la Chine.

Cette mobilisation bouddhiste est présentée comme spontanée ; c’est oublier que les Américains, au début de leur intervention, au Viêt-Nam, ont fait tomber l’homme qui s’opposait à eux et aux communistes, le catholique Diem, par des manifestations monacales ! Le Bouddhisme qui s’oppose, aujourd’hui, dans des massacres et des émeutes et des pillages, à la minorité musulmane, est un Bouddhisme de la sorte, et cette accusation n’est pas gratuite ou polémique ; l’on doit éclairer la situation birmane par l’agitation anti-musulmane « bouddhiste » du Tibet, où une minorité les « Hil » -outre ceux venus du Cachemire- voit ses magasins brûlés, ses femmes reconnaissables à leur habillement religieux, violentées etc. les derniers incidents meurtriers signalés datant de 2008 !

En fait, une constante antichinoise oriente cette hostilité, et ce sont les « Démocrates » tibétains ou présentés tels qui exécutent des Musulmans, en maintenant un état de tension, dont la résultante est la séparation d’avec la puissance tutélaire chinoise.

Des enquêtes indépendantes ont ainsi montré que l’actuel dalaï-lama exfiltré du Tibet, lors de la guerre de Corée, quand l’armée chinoise reprit le contrôle de Lhassa –dans le contexte de l’affrontement USA Chine- est dévoué aux intérêts « occidentaux » !

S’agit-il d’incriminer le Bouddhisme comme tel ? Ce serait vouloir mettre en cause la civilisation asiatique et aussi nier que le Bouddhisme, le Christianisme nestorien et l’Islamisme, jusque dans l’histoire chinoise, se sont disputés l’influence, mais ont coexisté.

Il n’empêche que le silence qui intrigue la diplomatie iranienne de l’Occident, sur ce maltraitement des Musulmans birmans –tout comme celui des Moros aux Philippines, où les troupes américaines d’occupation ont commis tant de crimes contre eux exposés par Mark Twain, avant la première guerre mondiale- en dit long sur le sens des manifestations démocratiques médiatisées. Celles-ci sont hypocrites et ne servent qu’une stratégie, celle de la fin des indépendances, et le Bouddhisme birman devrait considérer le sort de la nation sœur la Thaïlande, pour y lire en grosses lettres, l’avenir désastreux qu’il prépare au pays !

 
 
 
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