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Les yeux s’ouvrent sur le complot anti-syrien

jeudi 16 février 2012, par Pierre Dortiguier

En Occident, le peuple instruit par ses médiats est amené à condamner telle action présentée comme insupportable à la bonne conscience, comme aujourd’hui le prétendu bombardement ou « pilonnage » de Homs, et des assassinats de civils que tel photographe et journaliste, vraisemblablement non étranger aux services sécuritaires de l’OTAN, affirme hier encore, sur les ondes, commis par des snipers du « régime » sur des promeneurs paisibles ; mais en même temps, l’auditeur ou le spectateur des chaînes télévisées est laissé désorienté ou perplexe devant des faits dont on lui dissimule la logique : ainsi, l’islamophobie née en France depuis les élections algériennes du FIS, devrait-elle s’accompagner de l’annonce de fermeture de mosquées radicales, mais l’Occidental moyen s’entend dire que des prêcheurs radicaux enflamment leurs ouailles à Londres, en Allemagne et jusqu’à la côte est des Etats-Unis, alors que par ailleurs la coalition de ces pays est engagée en Afghanistan.

Les événements de Lybie l’ont aussi habitué à modérer sa peur de groupes wahhabites collaborant à la chute des tyrans désignés comme tels, et même de Frères Musulmans et pourquoi pas, de salafistes qui leur serve de faire valoir modérés, se révélant, somme toute, des gestionnaires possibles, au courant des affaires ; et donc susceptibles de convertir un islam épouvantail en « islamisme modéré », selon les assurances des médecins, BHL, Juppé et autres spécialistes des infections tyranniques. Quelquefois, alors qu’il est laïquement intraitable sur des questions de détail, et ne supporterait plus qu’un aumônier catholique, comme c’était le cas dans les lycées du début des années 60, par exemple, à l’Henri IV parisien où j’étais préparationnaire, ou qu’un rabbin et un imam fassent cours dans un établissement d’Etat, comme je l’ai vu faire à Graz en Styrie dans les années 90, et se pratique partout au pays des trois A, il entend comme un violon qui le berce d’un islamisme matériel, qui protège les fortunes. Ainsi dans ce même numéro déjà cité, de l’ancienne Vie catholique, dit « La Vie » du 15 décembre 2011, d’où nous extrayions certaine déclaration de M. Tarik Ramadan sur le fait « que traiter avec le F.M.I, les Etats-Unis etc. » (ce « etc. » est vraiment jésuitique) ne leur (aux islamiste déclarées) « posait aucun problème », le professeur Leïla Babès, qui n’a rien de radicale, et est même partisane, sur injonction ministérielle maçonnique, d’interdire les signes religieux à l’école, tout en étant sociologue des religions et de l’islam à l’université catholique de Lille, reconnaît, après avoir encensé toutes les turqueries politiques, que les Frères musulmans « sont des libéraux, des alliés des grands propriétaires fonciers et des classes les plus puissantes » ! (p.29)

Aussi la peur des prêches salafistes ou mieux dits wahhabites, dont on voit les figures à la télévision gêne moins qu’un hidjeb venu s’instruire auprès de nos lycéens « à problèmes », et ce d’autant plus que telle mosquée dont on a entendu le nom, à Londres ou Aix la Chapelle et Washington, appelle à faire chuter la tyrannie d’Assad. L’on range donc tout cela, comme un enfant dispose des pièces et des personnages sur son modèle réduit de porte-avion. Et d’interpréter ce morceau d’Evangile, qu’il y a plusieurs pièces dans la maison de mon père ; cela vaut aussi pour l’Antéchrist, puisque le second veut imiter le premier !

Tout ceci n’est, pour le lecteur bienveillant, qu’un préambule pour introduire à une communication de la petite fille du grand mufti syrien, Asma Kafataro, qui anime un groupe de femmes sunnites, citée dans un rapport qui explique et ne décide rien, comme dans la philosophie de nos modernes confondant raison théorique et pratique, et ignorent tout diagnostic. Ce rapport de 50 pages, très bien présenté, avec une carte fort lisible et large de la Syrie, datant du 12 janvier dernier, est publié par le Centre national de recherche et d’études sur le terrorisme et l’aide aux victimes du terrorisme (CIRET-AV, dont le journaliste bien connu M. Richard Labévière est membre-fondateur) ; il est intitulé : Syrie une libanisation fabriquée, Compte rendu de mission d’évaluation auprès des protagonistes de la crise syrienne.

Ce rapport précise que « dans plusieurs publications des Frères Musulmans à Londres, depuis le début de la révolte syrienne, on peut lire, à l’intention des manifestants du pays : « si vous voulez voir le dossier syrien à l’ONU, il faut tuer au moins quelques milliers de personnes ». Différentes fatwas ont été lancées depuis la mosquée de Finnsbury et d’autres lieux de prières près de Marble Arch pour dire qu’il fallait tuer jusqu’à un tiers de la population, surtout des Alaouïtes, pour sauver les deux autres tiers.

Pour Asma, l’objectif des salafistes et de leurs soutiens, poursuit le compte-rendu, est de détruire la Syrie et son modèle social et pluriconfessionnel, très particulier au sein du monde arabe.

La petite fille du grand-mufti syrien insiste sur un point essentiel, politique, qui nous fait tenir les sectaires combattant le dit « régime » pour des membres d’une confession que l’on cite quelquefois, et dont on ignorait qu’elle aurait pareille sensibilité religieuse, - et monarchiste aussi - serait si choyée chez les islamologues et démocrates occidentaux : elle fut créée cette secte, sous Cromwell, et est connue de tout l’Islam : l’intelligence service, telle est la nouvelle ceinture verte avec laquelle l’on veut étrangler les fidèles de Damas à Kaboul ! Et nous citerons les paroles de la Syrienne en conclusion : « Cette particularité nationale syrienne est depuis longtemps insupportable pour tous les radicaux des pays du Golfe, pour qui tous les Arabes doivent être wahhabites alors qu’en Syrie les chiites sont pas mal considérés. Nous devons continuer à nous protéger des salafistes et des pays du Golfe. »

Le rapport indique que sur Facebook circule une liste noire de condamnés à mort par les insurgés, dans la tradition de la Radio de Londres…

Selon la carmélite supérieure, Mère Agnès de la Croix, du monastère Saint-Jacques, près de Damas, le 6 décembre 2011 à Homs plus de 100 personnes ont été tuées dans les combats interconfessionnels : « il y a eu des scènes horribles, des femmes violées, seins coupés, des individus dépecés et coupés en morceau », raconte la mère carmélite ; et de préciser « un jeune marié chrétien a été assassiné, car il refusait de manifester aux côtés des insurgés. Un commerçant sunnite a été assassiné parce qu’il venait de vendre quelque chose à un policier ».

Débarrassez ces lions dévoreurs de leur costume de cirque, et vous reconnaitrez le lion britannique dans ses fureurs ordinaires ! Qu’il retourne à sa tanière de Marble Arch et laisse la Syrie aux Syriens et au courageux Lion qui la défend !

 
 
 
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