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Les pleurs de Dresde, 14 février 1945

jeudi 14 février 2013, par Pierre Dortiguier

Dans les massacres qui se succèdent depuis la fin de la dernière guerre mondiale, les fictions de paix et les illusions politiques semblent des ressorts de la destruction matérielle et humaine : le récent assassinat du général iranien venu connaître les besoins de reconstruction d’Alep et prolonger les efforts de son pays dans la restauration du Liban Sud frappé par le sionisme, montre que la dévastation ou l’anéantissement est ce que la volonté parasite de leadership impose au monde.

L’illusion serait de croire que toute guerre ou destruction actuelle est un accident, alors qu’elle est dans une continuité que ne pourra interrompre qu’une force encore plus imposante, et non quelque poignée d’ONG ou une institution judiciaire supranationale. L’inutilité de la SDN et de son héritière onusienne, l’impuissance de la ligue arabe même le démontrent.

C’est cette puissance destructrice que nous entendons désigner par Terreur, et les terroristes sont non pas seulement des hors la loi, mais avant tout ceux qui maintiennent leur existence par la souffrance devenue une intimidation, un abaissement de la volonté.

Comment imaginer la possibilité d’une civilisation, si la félicité humaine est ainsi méprisée ?

L’exemple de la ville de Dresde dévastée au soir du 14 février 1945 s’impose à ceux qui ne se laissent pas abuser par l’optimisme dont on entoure les actions de force couvertes de prétentions humanitaires, progressistes ou parées de principes abstraits, comme les droit de l’homme : c’est pourquoi le dramaturge, poète et romancier naturaliste Gerhardt Hauptmann, pouvait confesser ainsi sa pensée au spectacle nocturne de cette ville saxonne incendiée par les anglo-américains :

« Celui qui a perdu l’habitude de pleurer l’a réapprise lors de la chute de Dresde. J’ai vécu cette catastrophe comme une Sodome et Gomorrhe dans les enfers créés par les avions anglais et américains : « vécu » me rappelle que je suis encore vivant par miracle. Je suis à l’issue de ma vie et j’envie tous ceux à qui cette expérience a été épargnée. Je pleure. Un mot dont les plus grands héros de l’Antiquité, Périclès et autres, n’ont pas eu honte. Les flots de paroles et de musique qui partaient de Dresde depuis des siècles, l’Angleterre et l’Amérique les connaissaient. Comment ont-elles pu l’oublier ? »

« A quatre-vingt-trois ans », conclut l’homme de lettres, « je suis devant Dieu avec ma prière ; qu’il veuille bien aimer les hommes pour leur Bien, plus que jamais  » !

Le texte parut dans les Dernières nouvelles de Munich Münchner Neueste Nachrichten, n° du 7 avril 1945 et se peut consulter dans le livre de Jacques de Launey des services secrets français, lequel représentait en Europe l’Institut Hoover : « La Grande Débâcle : sept millions de civils fuient devant l’Armée Rouge » [1]

Cet événement eu lieu le soir du Mardi Gras marquant le début du Carême, 13 février ; mon professeur d’histoire, un abbé, était prisonnier de guerre et dit que cette nuit l’on y voyait comme en plein jour : les prisonniers anglais étaient si furieux qu’ils demandèrent et obtinrent de se servir des batteries antiaériennes ; le second témoignage me fut donné d’un Belge, qui devait visiter une école technique pour apprentis de sa nation, à Dresde, il y vint trois ou quatre jours après le bombardement qui se poursuivit le lendemain sur les rives de l’Elbe, quand les Américains mitraillèrent des gens épuisés. Les bec des gaz, me dit-il, étaient encore chauds, de même que tout ce que nous touchions était brulant ; des Anglais le confirment dans l’ouvrage de De Launay. « Trois jours après les bombardements, la colonne de fumée qui montait de la ville était en pleine activité et nous ramassions encore des morceaux de vêtements incandescents et du papier brûlé » et cela, précisons-le, au camp de Mühlberg, le Stalag IV-B, à 40 kilomètres au sud-est de Dresde.

Cette nuit du 13-14 février continue de rougir dans le monde, et les inconscients qui alimentent la machine de guerre anti-syrienne et antiiranienne – avec leurs discours ronflants - ressemblent non pas à de valeureux champions de la démocratie des « droits de l’homme » (sauf à préciser de quel homme il peut s’agir), mais bien ce que Voltaire nomme de la « canaille démocratique qui a condamné Socrate » et mène l’humanité à sa ruine, sauf à attendre un secours puissant de Dieu !

Notes

[1] Chez Albin Michel,1983, 110pp., pp.70-71.

 
 
 
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