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« Le ridicule tue » dans les nouveaux programmes scolaires.

mercredi 13 juillet 2011, par Pierre Dortiguier

Un projet de loi une fois, pour le dire à la manière des contes de fées, fut retiré des textes soumis aux délibérations de l’Assemblée nationale, qui entendait punir législativement l’usage du concept de race, comme par un certain complexe d’infériorité envers le prochain plus typé ou nos voisins, peut-être. Car Goethe soutenait que ce que les Français révolutionnaires entendaient par « Egalité » témoignait d’un fond de jalousie. L’Académie des sciences avait alors, sur cette négation de la qualité de race jugée subversive, soulevé des objections que le bon sens des éleveurs déjà eût suffi à formuler !

Mais une nouvelle offensive du ridicule, bien plus alarmante, est avérée, au grand dam de l’éducation chrétienne européenne mobilisée heureusement, dans la parution des programmes scolaires de la rentrée française 2011, afin de faire disparaître des mentalités des futures générations la notion de différence sexuelle naturelle abandonnée aux populations désormais perçues comme primitives, non encore émancipées par les lumières des ateliers « éclairés » où sont imprimés pareils manuels et circulaires, ou aussi insuffisamment bombardées par les émancipateurs, à la façon afghane : la théorie prétendue du genre (ou gender) confond l’aspect constitutif et l’aspect culturel du comportement. Le second y efface le premier, comme l’urbanisation faisant oublier la campagne.

Laborieusement, l’on veut former l’adolescence à rejeter comme des préjugés la distinction des devoirs qui appartiennent à l’honneur du sexe, notion horrible à entendre et qui fait l’effet d’un exorcisme sur nos nouveaux diables reconstructeurs du genre humain, hier autoproclamés déconstructeurs de la pensée métaphysique. Et il y a autant de folie dans leur attitude que dans celle de sectaires qui enseignent pouvoir donner à Dieu des moyens de rectifier les erreurs qu’ils décèleraient dans sa Création : c’est ce que Descartes, de la Hollande, où il les voyait, écrit d’eux si agréablement aux oreilles des amateurs de la mélodie de la phrase française, à sa correspondante allemande et mathématicienne philosophe la Princesse Palatine Elisabeth : « entrant en une présomption impertinente, on veut être du conseil de Dieu, et prendre avec lui la charge de conduire le monde, ce qui cause une infinité de vaines inquiétudes et fâcheries » (15 septembre 1645). Le défunt philosophe iranien Tabatabai dont j’ai vu la sépulture à Qom, près du mausolée de la sœur de l’imam Reza, reprochait avec exactitude au rationalisme des Grecs, de ces « modernes » - comme Aristote désignait l’école de Platon - l’hypothèse de leurs idées innées en l’homme voilant la puissance ou mieux la guidance du Créateur dont la Volonté est la base, le fondement de notre capacité de juger. C’est dire que le clergé doit, en tout lieu où la Destinée le place, dénoncer cet assassinat des corps et de l’esprit de la postérité que les nouveaux conjurés contre la Souveraineté divine, déguisés en pédagogues, méritent !

Notre Président encore ministre de l’intérieur, rongeant ses freins, avait lâché, lors d’un anniversaire historique de la naissance londonienne de la secte condamnée par les Papes, par de nombreux protestants et par l’autorité islamique au temps du khalifat ottoman, que « la Franc-maçonnerie est chez elle au ministère de l’intérieur » ; elle est surtout propriétaire du ministère de l’éducation nationale qui est son vrai « palais-royal » d’où sortent les rayons de cette folie que les mystiques nomment, comme une tentation, le « soleil noir » de la connaissance. Et là encore ces promoteurs d’un nouveau genre humain ont, comme leurs ancêtres, rencontré les mêmes obstacles dans les îlots connus de résistance à l’irréligiosité : en premier l’Espagne où cette proposition contre nature de présenter la différence sexuelle comme une affaire d’opinion et non un devoir naturel soumis à des obligations, et séparant, sinon opposant le plaisir des sens, à la finalité naturelle – concept ignoré et combattu comme raciste ou obscurantiste - a été condamnée par une bonne partie de l’opinion ; M. Zapatero n’a cependant pas battu en retraite, comme le roi Joseph, le frère de Napoléon appelé au pouvoir par une « fraternité » identique. Des enfants catholiques ont été retirés des écoles publiques et ils sont suivis par les Musulmans. Mais la « patrie des droits de l’Homme » persistera et c’est une région connue en France pour ces anciens martyrs de la foi et victimes de l’impiété officielle des Jacobins, la région du Rhône qui a sonné religieusement l’alarme, et en politique, le mouvement d’Alain Soral, Egalité (nous sommes en France) et Réconciliation (surtout, souhaitons-le, avec l’ordre naturel et la Volonté qui est à l’origine du monde), contre celle qui est « e père du mensonge et homicide dès le commencement » selon le jugement prêté à Jésus (béni soit-il).

« D’une manière générale », note Pierre-Olivier Arduin, responsable de la Commission bioéthique et vie humaine du diocèse de Fréjus-Toulon, à propos du programme de la rentrée scolaire 2011, « les chapitres en question sont une attaque en règle contre la loi morale naturelle, rejetant toute signification anthropologique et éthique à la différence naturelle des deux sexes ». Ils reprennent très largement les thèses de la théorie du « gender » (genre) selon lesquelles « l’homme et la femme n’ont pas de dynamisme naturel qui les pousserait l’un vers l’autre, seuls les conditionnements sociaux rendraient compte de cette soi-disant inclination ». Les éditions Nathan, Bordas et Belin ont déjà publié leurs manuels conformément aux nouveaux programmes. Tous trois affirment que la prédominance de l’hétérosexualité est uniquement due au contexte culturel et social dans lequel nous baignons. « Si dans un groupe social, il existe une très forte valorisation du couple hétérosexuel et une forte homophobie, la probabilité est grande que la majorité des jeunes apprennent des scénarios hétérosexuels », affirme le manuel Bordas lisons-nous sur le site catholique Zénith.

C’est en 1990 que l’universitaire américaine, née en 1956, Judith Butler a publié son ouvrage tiré à 100000 exemplaires « Gender Trouble » sur le Féminisme et le Lesbianisme qui l’occupe depuis l’âge de quatorze ans, et exposé cette idée qu’une image du corps, comme l’écrivait la psychologie moderne, ou, en matière de distinction naturelle du masculin et du féminin, du « genre », (gender) accompagnait par une sorte de parallélisme psycho-physique la condition naturelle. Mais par une sorte d’orgueil que les théologiens disent luciférien cette liberté d’accepter et de connaître son « genre » se transforme en contestation permanente des normes de vie ; ces normes dont le mot est sur toutes les lèvres, jusqu’en linguistique, désignent une manière d’agir, et non pas une borne ou une indication : le « tu dois donc tu peux », formule de la morale par excellence, devient « tu peux, donc tu ne dois pas absolument » !

Dans un discours d’agitatrice ou de missionnaire du New Age, tenu le 4 octobre 2004 à Paris X (Nanterre) où avait commencé en 1967 l’application des idées subversives de Herbert Marcuse, dont on sait le lien organique avec le renseignement états-unien, comme tous ceux de l’Ecole de Francfort retournés en Allemagne occupée et « déconstruite » programmatiquement par eux , le professeur Judith Butler met en garde contre l’enseignement de la philosophie traditionnelle, notamment allemande hégélienne reposant sur la primauté de la foi sur le savoir, de la fidélité sur l’opinion, de l’utilité commune sur l’image de soi, de la reconnaissance de soi sur le désir. En d’autres termes contre ce qui fait le secret du « miracle allemand » continu et fait échapper le pays aux libertés anarchiques ayant conduit aux duperies des subprimes et plongent la Grèce dans l’abîme ! Un ouvrage de l’auteure traduit en français en 2006 : « Défaire le genre » en dit assez sur le sujet.

La mise en garde suivante de la professeure de rhétorique Judith Butler fait partie d’une descente aux Enfers commencée dans les laboratoires de psychologie sociale de l’université de Berkeley et achevée partout où une destinée est à fourvoyer, sur les bancs de l’école, dès que le slogan remplace la méditation d’une idée. Ecoutons la prophétesse de nos malheurs futurs, la magicienne de nos luttes intestines et des guerres subversives nous parler de démocratie, car elle a raison sur le point précis qu’il s’agit de définir une forme de politique. Ce n’est plus là du ridicule, mais de l’assassinat, le comique cède le pas au tragique.

« [….] attention, prendre une responsabilité pour l’avenir, ne signifie aucunement en connaître l’orientation à l’avance, puisque l’avenir et en particulier l’avenir avec et pour autrui, exige une certaine ouverture et l’acceptation d’un état d’ignorance, cela implique la participation à un processus dont aucun sujet ne peut prédire l’issue. Cela implique également l’acceptation d’une certaine forme de conflit et mise en cause de l’orientation à prendre. La contestation est la condition indispensable d’une vie politique démocratique. La démocratie ne parle pas d’une seule voix, les airs qu’elle produit sont dissonants et il est nécessaire qu’ils le soient. Il ne s’agit pas d’un processus prévisible, mais d’un processus qui doit être vécu au même titre qu’une passion doit être vécue ».

Ce genre de passion qui dissout la famille, névrose et inquiète en permanence la progéniture, nourrit la psychanalyse et augmente le suicide de générations immatures, mais dont la faiblesse permet de lancer le restant de violence contre les Etats fondés sur la piété et la justice, se réclame de la « démocratie » !

Quant à Judith Butler et ceux qui troublent l’adolescence, renvoyons-les à ce portrait qu’en faisait Descartes qui connaissait leurs semblables : « D’où vient que ceux qui ne philosophent jamais, et qui ne se servent que de leurs sens, ne doutent point que l’âme ne meuve le corps, et que le corps n’agisse sur l’âme ; mais ils considèrent l’un et l’autre comme une seule chose, c’est-à-dire, ils conçoivent leur union ; car concevoir l’union qui est entre deux choses, c’est les concevoir comme une seule ». Descartes n’était point impie, direz-vous. La France ne serait-elle donc plus cartésienne ?

Source : french.irib.ir

 
 
 
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