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Le positivisme religieux des Frères Musulmans

dimanche 22 janvier 2012, par Pierre Dortiguier

Il y a une influence du mouvement presque bicentenaire du positivisme français, conduit par Auguste Comte qui fut, au début du 19ème, issu de famille royaliste et catholique, examinateur à l’Ecole polytechnique puis fondateur de secte et messie autoproclamé d’une religion non révélée, dans les thèmes révolutionnaires agitant la société, jusqu’à aujourd’hui, par exemple dans les manifestations politiques des mouvances islamiques occidentalisées. Nous ne parlons pas de la morale positiviste, qui est surtout le fait de nos laïques, comme par exemple cette philosophie de la solidarité, publiée par le fameux parisien Léon Bourgeois (1859-1925) dans son livre de 1902, et que ce futur premier président de la SDN, représentant ensuite de la France à l’organisme préonusien de Genève, ancien président de la Chambre et maçon notoire, de haut degré, qui est même cité (le seul moderne), comme « notre agent en France », occupé à de l’enseignement par l’image, pour abaisser le niveau, dans l’énigmatique faux composé par des génies, il faut bien l’admettre, de la police russe, les Protocoles…, proposait comme alternative à la charité chrétienne ! L’idée est demeurée, et l’habitude aidant, la charité est sentie par nos sociétés, comme une marque d’humiliation, et le dévouement comme un « comportement » insensé, tout comme apparaît le coutumier voile islamique ordinaire au regard dur des féministes ou des êtres équivoques.

C’est plutôt dans le gouvernement politique et l’usage, restreint à l’émotivité, de la religion, que nous pouvons reconnaître les traces actuelles de cette tendance enflée par la modernité. Son principe est révolutionnaire, dans le mauvais sens particulier de notre propre Révolution française ou de sa tumeur maligne bolchevique que la Russie a su opérer ! Il consiste non pas à éclairer le peuple pour le transformer en l’affermissant ou l’éduquer, ce qui est le propre des guides spirituels et politiques, comme l’aura été, entre autres, l’Imam Khomeiny, d’illustre mémoire, ce qu’une famille fait d’un enfant, - et le peuple est une suite d’enfants à rééduquer - ; mais à séparer la part affective qui lui est abandonnée, en la séparant en effet de la raison laissée aux technocrates et aux experts tenus à l’ombre des manifestations affectives. Cette scission de la religion entre ce qui est senti, et se veut destiné, d’un côté, à maintenir une communauté par l’appel au sentiment et, de l’autre, le mutisme ou l’ambiguïté sur le programme réel politique et économique, est-ce que nous appelons justement la religion de l’Humanité, superficielle et d’action momentanée, illusoire ; et le Christianisme, réduit à la sentimentalité, y a perdu sa puissance, comme déjà l’islam nouveau, dit « islamisme modéré », comme MM. Juppé et BHL s’en flattent.

Les meetings des organisations tunisiennes, par exemple, inspirées du wahhabisme, si l’on veut dire les choses par leur nom, donnent l’impression de fortifier la foi du peuple et son unité, alors qu’ils sèment la confusion et les incompréhensions au sein d’une société. Cette présence calculée de la Fitna, de la dissension n’est pas immédiatement perceptible, mais elle se manifeste à l’intérieur des familles en préparant une contre révolution émotive et tout aussi superficielle que le présent conditionnement de la société. L’art marxiste consistait à opposer l’ancien au nouveau, en réalité empêchait tout jugement raisonnable fondé sur l’expérience et le temps, l’art libéral dans lequel nous sommes devenus les maîtres et dont nous souffrons des conséquences dans la crise actuelle, tient à donner à tous l’illusion de pouvoir être riche et supérieur à autrui, d’être un « winner » ou gagnant sur le dos d’autrui ; l’esprit communautaire étant alors, dans ce cadre libéral, celui de l’envie commune et rivale d’imiter des modèles en nageant dans l’utopie. Mais une semblable perte de l’orientation se retrouve dans le nouveau laboratoire qui est offert aux peuples musulmans du Maghreb notamment et en Egypte : la cigale est invitée à chanter, pendant que les fourmis grattent la fortune du pays ; et ailleurs direz-vous ? La souffrance ouvre les yeux en Libye et en Syrie, et de tels phénomènes sont désormais impossibles, et quant aux Palestiniens, ils savent que leur sort est inchangé depuis trop longtemps pour n’être pas l’objet de ce mensonge positiviste de parler toujours du cœur et de ne jamais montrer où conduisent les raisons d’Etat.

L’unification de la part affective et raisonnable fait seul véritablement le peuple comme entité politique. Autrement il n’est qu’un public devant lequel s’agitent des personnages de théâtre. Telle est certainement la cause de l’interdiction nassérienne, qu’il faut rappeler, de cette organisation occulte qui est célébrée par ceux qui, toujours au nom de leur religion positiviste, secouaient leur tablier, comme en ont les loges, - et des tabliers en peau de cochon, plaît-il ! - pour montrer aux immigrés de France leur islamophobie. Que les croyants prennent garde !

 
 
 
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