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Le port persan du foulard

jeudi 11 octobre 2012, par Pierre Dortiguier

Le philosophe Kant (1722-1804), dans ses Observations sur le Beau et le Sublime, (1765) dans la quatrième section, « des caractères nationaux pour autant qu’ils tiennent au sentiment du Beau et du Sublime » « s’occupe de tracer quelques traits qui expriment le sentiment différent du beau et du sublime en eux » citant la France relativement à la Perse, pour sa courtoisie*, et l’Espagne à l’Arabie, pour son imagination échauffée.

Il est mille façon d’entendre le persan
Et de voir pour certains, dans le mot de farsi
Ce que la légende dit de certain roman
Qui enchanta le siècle où la France aussi
Imitait les vertus, les héros et les dames
Que Scudéry** évoque en femme si courtoise
Formée à recueillir les lumières des âmes
Ne vivant que d’honneur, de sang pur de noblesse !
Farsi ou français sont-ils des noms si proches
Pour ne point suggérer à un vrai philosophe
De l’ancienne Prusse qui vivait près des marches
De l’Empire des tsars, que Paris y triomphe ?
Les Arabes, écrit Kant, dans ses Observations
Qui sont bien face à moi, sur un rayon garni
De pensées immortelles et savantes attentions
Ornées de ces raisons dont tout ange est muni
Sont Espagnols d’Orient, le merveilleux aimant
Le Persan, très courtois, des Français le miroir ;
Chacun a sa couronne et votre cou vraiment
Est une tour charmante où Dieu met son pouvoir :
Les yeux n’y sont si grands que montant vers les cieux
Ils ne s’y convertissent en sons mélo-di-eux !

*« Si les Arabes sont en quelque sorte les Espagnols de l’Orient, les Persans sont les Français de l’Asie. Ils sont de bons poètes, courtois et d’un goût assez fin. Ils ne sont pas d’aussi stricts sectateurs de l’Islam et se permettent à cause de leur tempérament disposé à la gaieté une interprétation assez douce du Coran. » [1]

** Madeleine de Scudéry http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichie...

Le rapport de mademoiselle de Scudéry à la Perse est son grand roman, chef d’œuvre réputé-et aussi le plus long de notre littérature, « Artamène ou le Grand Cyrus », (13.095 pages de l’édition originale).

Notes

[1] Wenn die Araber gleichsam die Spanier des Orients sein, so sind die Perser die Franzosen von Asien. Sie sind gute Dichter,höflich und von ziemlich feinem Geschmacke.Sie sind nicht so strenge Befolger des Islam und erlauben ihrer zur Lustigkeit aufgelegten Gemutsarteine ziemlich milde Auslegung des Koran. Über das Gefühl des Schönen und Erhabenen – Vierter Abschnitt : Von den Nationalcharaktern, in so ferne sie auf dem unterschiedlichen Gefühl des Erhabenenund Schönen beruhen.

 
 
 
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