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Le mois du Rosaire par l’abbé Belmont

dimanche 30 septembre 2012, par Pierre Dortiguier

Le mois du Rosaire est, dans le calendrier sacré de la chrétienté romaine défini à la Renaissance, celui d’octobre ! La prière, réformation du vouloir, que nous publions ici, pour ceux qui ignorent la pratique religieuse est une exposition de la doctrine de la prière !

Mon fidèle ami landais, l’abbé Hervé Belmont, qui eut une vie héroïque d’instructeur religieux dans un monde hypermaçonnisé, ou réduit à s’anéantir par de fausses sciences humaines et historiques, la philosophie au sens large étant désormais absente, a fait paraître dans son bulletin bordelais une analyse de la prière intitulée l’« Excellence du Rosaire », qui peut éclairer les esprits ; démarche nécessaire avant de rassurer l’âme sur sa destinée éternelle.

Elle ne consiste pas précisément et strictement à demander, car Dieu sait de toute éternité ce qui convient à l’homme et lui a fait don de plusieurs grâces, à cet effet, dont l’intelligence, est la première qu’il suffit d’exercer, justement en aiguisant et réformant sa volonté.

Le texte évoque la parole, sur la piété mariale, - le plus haut mystère religieux qui fût jamais - d’une jeune figure flamande, tout à fait authentique, de l’époque impériale, saint très populaire en Belgique, qui appartint à la Société de Jésus et orne plusieurs de ses collèges, et fut canonisé par le pape très favorable aux « Impériaux », Léon XIII en 1888, Jean Berchmans, mort le 13 août 1621 à Rome dès ses études de noviciat, en philosophie à Rome, de trois ans plus jeune que Descartes, et qui a été donné comme modèle de piété et de charité, mais aussi d’intelligence des réalités intellectuelles et mystiques, à la jeunesse.

« La piété chrétienne connaît deux formes de prières : l’oraison vocale - le mot est du Père Grignon de Monfort (1673-1713) sur le Rosaire- - et l’oraison mentale. La première est adressée à Dieu par la voix (prononcée extérieurement ou intérieurement) tandis que la seconde est l’application de notre esprit à Dieu, aux mystères de Dieu, aux oeuvres de sa miséricorde, aux combats qui nous sont nécessaires pour lui être fidèle.

La prière vocale se divise en prière de louange et d’action de grâce d’un côté, et en prière de demande de l’autre.

L’objet de la prière de demande est d’exposer humblement à Dieu nos besoins, non pour qu’il les connaisse – comme s’il pouvait ignorer quelque chose ! – mais pour que nous fassions ainsi acte de mendiance, de confiance, de soumission. L’effet de la prière n’est pas de changer la volonté de Dieu : celle-ci est immuable et infiniment parfaite ; il est de changer notre volonté, de nous changer nous-mêmes, et, ce faisant, de nous faire entrer dans la volonté éternelle de Dieu qui, dans sa sagesse infinie, a décidé d’accorder sa grâce à qui la lui demanderait.

Ainsi, celui qui se met en prière est assuré d’être entendu parce que le fait même de prier est déjà une grâce, parce que c’est de toute éternité que la prière est exaucée selon la promesse divine, parce que prier (tant dans la prière de demande que dans celle de louange et d’action de grâces) dispose à recevoir la grâce divine et à la mettre en œuvre. La prière n’est pas une lutte contre Dieu : elle est une lutte contre nous-même et plus encore un acte filial à l’égard de notre Père des Cieux.

De même que la prière vocale consiste à conformer notre volonté à la volonté de Dieu, de même l’oraison mentale consiste à modeler notre esprit (notre intelligence et notre cœur) pour l’accorder à celui de Dieu. Ou plutôt, dans les deux cas, la prière laisse Dieu façonner notre âme pour que par toutes ses facultés elle s’unisse activement et filialement à l’Esprit de Dieu qui est toute vérité et tout amour.

Le Rosaire unit ces deux formes de prière : il est vocal par la succession des Pater et des Ave qui inlassablement implorent la grâce de Dieu par l’intercession de la sainte Vierge Marie ; il est mental par la méditation des quinze mystères de la vie de la sainte Vierge auprès de Notre-Seigneur. Cette méditation nous rend intime l’amour paternel de Dieu qui a tant aimé le monde qu’il lui a donné son Fils unique par Notre-Dame immaculée. On conçoit dès lors combien la récitation du chapelet « fabrique » jour après jour les âmes chrétiennes : elle arrache l’âme à la fascination des biens et des maux d’ici-bas ; elle fortifie l’âme et la dispose efficacement à imiter les vertus et les exemples de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère ; elle fait rayonner dans l’âme la lumière de la foi pour que soient affermies son appartenance à la sainte Église catholique et son union au Sacrifice de Jésus dans la sainte Messe.

Ce mois d’octobre, mois du Rosaire, doit nous donner un sursaut, un surcroît et une sûreté : un sursaut si nous avons fléchi et négligé le chapelet, un surcroît de ferveur et de confiance en Dieu, une sûreté pacifiante puisque, comme le disait saint Jean Berchmans, si j’aime Marie, je suis assuré de mon salut. »

Les âmes pieuse sont fort peu nombreuses, en apparence, tout comme Ormuzd, dans le prétendu dualisme persan, paraissait petit et enfant fragile, quoique son nom indiquât qu’il eut la lumière originelle en lui devant son adversaire enténébré et élargissant sa grandeur pour dissimuler son peu de densité devant l’œuvre qu’il veut vainement éteindre. C’est la conscience de cette vanité qui cause la Sainte Espérance, nom de l’Oratoire dédié par mon ami Belmont, à Notre-Dame de la Sainte-Espérance.

Les quinze mystères de la Vierge, popularisés par les Dominicains sont les mystères joyeux, douloureux et glorieux qui accompagnent sa vie mystique, de la naissance à la mort et à la résurrection de son Fils. La tapisserie médiévale de « la Dame à la Licorne », trace ces trois mystères sur le personnage de la Licorne blanche, et évoque le Paradis qui vient de deux mots persans sur le « jardin clôturé » pairi daïza, paradeiso, en vieux-perse.

 
 
 
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