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Le clou de Panetta sur le cercueil syrien !

mercredi 1er août 2012, par Pierre Dortiguier

La métaphore de Léon Panetta se réjouissant visiblement du clou d’Alep enfoncé dans le cercueil du Président du Cham, pour reprendre la vraie dénomination de la région du croissant fertile, dont effectivement Bachar El Assad devient l’étendard de l’indépendance étatique, fera date ! Elle devrait être apprise par tous nos démocrates qui se distribuent des portefeuilles dans les pays libérés visiblement de toute contrainte nationale pour s’ouvrir à la stratégie U.S.

Cette dernière n’a pas, comme on l’écrit étourdiment –et notre siècle de vitesse est celui de l’affaiblissement de l’autonomie de l’esprit, qui vole à tous vents- dévoyé un mouvement politique de protestation, mais a ouvert un piège dans lequel celui-ci, comme un être inexpérimenté, a foncé : un, par ignorance de la stratégie américaine (faute de connaissance politique), deux, par égoïsme de classe (faute d’éthique et de vertu, eût écrit Montesquieu, laquelle est une préférence de l’intérêt général à celui, si juste qu’il soit, particulier !) et trois, par la nonchalance de ceux qui devraient les instruire, formés à des pensées étrangères à leurs intérêts géopolitiques, et dénués, quoique instruits, de sensibilité nationale !

La supériorité de M. Panetta relativement à ses interlocuteurs arabes est l’incompétence de gens préalablement sélectionnés par ses services pour jouer le rôle, sur la scène politique, de successeurs au tyran déchu, dont la place doit rester vide, et rien que formellement occupée ! Nous passons d’un homme fort –avec ses vices- le tyran de Platon, à des opposants faibles, verbeux, à « la plus grande ignorance » (selon le même Platon,) ; et en conclusion, pour ne pas perdre la face et dévoiler leur inhabileté qui les ferait tomber de leur perchoir, les nouveaux dirigeants d’Egypte à la Tunisie écoutent les conseils de conduite du grand patron, celui qui a des sous. On ne leur demande pas de gouverner, mais de savoir, mieux que leurs prédécesseurs, être assistés. Les Tunisiens ont, à cet égard, l’exemple malheureux, sous leurs yeux, de la démission forcée du Président de leur Banque, qui s’était révélé capable de diminuer la dette nationale et de recouvrer la confiance des marchés ! Trop de compétence tue, et c’est ainsi, que sur les cadavres de manifestants, le pays se réveille entre les mains du magicien Panetta, lequel leur demande une chose simple, facile, de ne pas bouger en cas de conflit entre le foyer du wahhabisme et l’Iran. Pour le reste on se charge de tout, et, en cas de réticences, un terrorisme pourrait se produire, comme au Mali du Nord, avec des armes et des mercenaires importés de Libye ! Les démocrates des beaux quartiers tunisiens ou de La Marsa, -là où était l’archevêché de Tunis- se chamailleront avec des donneurs de leçons de morale vestimentaire, mais il leur faut –à tous deux- fermer les yeux sur l’homme des Pompes funèbres, le Panetta qui se voit visser un clou (« a nail in the coffin » ») sur le cercueil du courageux et honnête syrien qui ne souffre et ne sacrifie son bonheur que pour celui de sa patrie !

« Jupiter rend fou ceux qu’il veut perdre ». Notre Jupiter n’habite plus l’Olympe d’une Grèce échevelée, mais la Maison Blanche ou le Capitole ! Il a la capacité, comme dans la fable d’Homère, de susciter des songes, et aussi, qualité appréciée des peintres et des sculpteurs antiques ou de la Renaissance italienne, de se déguiser en animal, en beau cygne, en taureau pour enlever la jeune vierge nommée Europe ! Mettons que cette fille séduite soit la Syrie, et nous voyons alors, en effet, les mercenaires jupitériens en action : mettons qu’elle soit tel ou tel autre pays contaminé par les agitateurs, bons tribuniciens, mais piètres gouverneurs, et nous aurons une autre image antique ; celle des compagnons d’Ulysse [1] transformés en pourceaux par la magicienne Circé-Clinton ; là s’arrête la comparaison, car la figure antique, vraie déesse, n’aurait pas aimé certainement s’entendre dicter sa conduite par un électorat New Yorkais !

La présente déclaration de Bachar, que se joue à Alep le destin de la Syrie et du monde libre, au cœur et par-delà la nation Arabe et christiano-musulmane, a son poids. A cet égard, le Président a parlé aussi comme médecin : si un corps ne réussit pas à produire suffisamment de résistance, il sera emporté et ce serait sur un moribond exsangue que le fossoyeur Panetta et son armée de mort-vivants ( ne pâlissez pas, M. Erdogan !) se hâteraient vers le large pays de Djemshid, du Pakistan à l’Iran, désignée comme une flamme éblouissant nos vampires, dans l’ère ténébreuse Dieu le veuille d’où nous sortirons, souhaitons-le en philosophe, avec un désir approfondi de justice.

Notes

[1] chant 10 de l’Odyssée

 
 
 
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