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Le Salafisme français, un pétard mouillé ?

lundi 8 octobre 2012, par Pierre Dortiguier

On dit que la malignité du diable est de faire croire qu’il n’existe pas, on aurait pu ajouter ou qu’il existe ailleurs ou autrement qu’il n’est !

Le fameux coup de filet strasbourgeois et cannois soi-disant « anti-salafiste » semble trop rapide ou claironné, - comme autrefois la fausse bataille de Valmy, en 1792, avant la proclamation de la Première république ! - pour être honnête ou en tout cas sérieux. Les résultats en sont une simple mise en garde à vue de suspects, c’est-à-dire de gens sur lesquels aucune enquête concluante n’a été faite ou s’est révélée décisive, et, en plus, un dénommé Sidney, condamné au silence perpétuel, sur lequel on pourra fantasmer, suspecté d’avoir lancé une grenade contre un magasin casher de la ville de DSK. N’était-il pas plus facile de l’arrêter, en pleine rue, sans qu’il puisse opposer de résistance, au lieu de défoncer un logement, au point du jour ? Cela est trop spectaculaire et semble ne servir qu’à l’entretien d’une atmosphère complotiste du style de cette Al-Qaïda devenue le fantôme moteur de tous nos événements !

Il ne s’agit pas de nier le salafisme, mais que ce soit en France, en Europe, peut-être même, en Afrique sub-saharienne, d’en restreindre et le champ et le danger. Au Mali, lié à la France par les liens organiques de la coopération et de la colonisation, et surtout de l’immigration de descendants de soldats français, la présence salafiste, avec ses prisonniers français, est, cependant, réelle, mais sa fragilité saute aux yeux, militairement et politiquement ; c’est au contraire sa maintenance qui fait penser que, grâce à elle, l’on a trouvé un moyen de se poster contre l’Algérie et de placer une mine magnétique, dont l’explosion est minutée et attendue, par l’Otan et l’Africom.

En France, néanmoins que représente le salafisme ? La question quantitative s’était posée, lors du projet de loi déposé par un maire communiste et haut grade de la maçonnerie, dit-on, de Vénissieux, sur les coutumes wahabites. Et nous ne relevions, sans avoir à accuser ces filles de représenter un danger à l’ordre public et encore moins à la morale, qu’environ 2.000 personnes ainsi vêtues, sur toute la France, autant que si l’on remplissait toutes les cabines téléphoniques ! Néanmoins l’attention a été portée, sur ces jeunes femmes, souvent, européennes, et non pas africaines d’origine, qui répondaient d’aventure, par ce défi, à une interdiction, comme la jeunesse formée par des maître psychanalysés à considérer des défenses non en soi, mais comme des transgressions possibles et, donc, expérimentables.

J’ai souvent visité, depuis plus d’une dizaine d’années, des universités de Nanterre X et de Toulouse et y ait peut-être noté sur les doigts de la main, quelques burqas, tour à fait bourgeoises et souvent parisiennes. C’est, donc, beaucoup de bruit pour rien, et l’on a, cependant, assimilé le foulard islamique au voile et le voile impliquant, médiatiquement, la burqa des wahabites et des Afghanes, mais qui l’est tout autant que la génération précédente de leurs grands parents se voulait cheguevariste, en portant bérets et barbes conquérantes

Cette assimilation du foulard à la burqa faite et imprimée dans les esprits, et la terrifiante guerre irakienne et afghane, ont donné corps à une prétendue idéologie d’Al-Qaïda, nébuleuse, qui peut, à tout instant, se former en orage !

L’on doit savoir que même, en Algérie, le danger salafiste a été le moyen de détourner un vote populaire, qui n’avait rien de wahabite et qui a servi de prétexte à des militaires pour décimer le peuple algérien ! C’est cette expérience, qui fortifie ou immunise plutôt maintenant le patriotisme algérien contre la subversion à visage démocrate ou religieux, et à faux drapeau ! Il ne saurait, donc, être question, comme on pourrait y songer, de l’exportation algérienne, en France, ou de l’immigration d’un salafisme qui n’a jamais eu d’autre base que truquée par l’Intelligence Service d’anciens élèves de l’Ecole Militaire française ou de Saumur et Saint-Cyr, ralliés de la dernière heure à l’Indépendance et corruptibles comme corrupteurs à souhait ! Ce fut du reste la réaction populaire armée algérienne d’auto-défense villageoise – comme sous l’occupation française - qui mena une lutte d’éradication de ces faux fellaghas !

Qu’il existe des groupes, naturellement, comme il y a des monarchistes, des anarchistes, surtout, dans une jeunesse de mieux en mieux matraquée par la propagande imagée des médiats et de moins en moins formée à l’esprit critique que l’on affecte de confondre avec la mécréance, c’est vrai. Mais ces groupes sont plus rêvés par leurs adhérents que réels ! Sauf à tenir compte de gens formés à la guerre civile, par la CIA, et dont nos officiels savent l’existence, capables d’enflammer avec l’argent de la drogue, explique l’ancien ministre allemand, Andreas von Bülow spécialisé dans cette étude, les endroits « sensibles » de l’Europe, si celle-ci devient récalcitrante. Mais ceci n’a rien d"authentiquement politique, ni même de sectaire ! Rien de réellement salafiste !

La répulsion, pour rester sur un terrain social, causée, par exemple, par l’alcoolisme de la jeunesse, affectant, maintenant, une partie de la population arabe française de foi musulmane, ainsi pratiquement abandonnée, est un fait visible. Et à cet égard, la réaction d’un autre partie de la jeunesse musulmane - surtout de filles de banlieue voulant se protéger de violences insensées, de la part de garçons lubriques, car alcoolisés et drogués - est compréhensible, alors que, dans la génération précédente, c’était impensable.

Le propre du gouvernement, chez nous, avant d’être national, est, d’abord, de se plier aux injonctions des lobbies maintenant bellicistes, qui méditent un affrontement civil pour instaurer – avis partagé, surtout, par mes anciens collègues de philosophie - une forme de militarisation, pour mieux nous intégrer à la psychose mobilisatrice du 11 septembre ! L’islamophobie ou l’anti-salafisme n’est pas un but, mais un moyen de nous faire passer d’une société libertaire à une société fortement policière.

En réalité, le salafisme est dangereux, dans la société musulmane constituée, qu’il désagrège, comme en Syrie, ou qu’il contribue à dépolitiser, comme ailleurs, en Tunisie ou au Maroc, sous prétexte de réformer la morale, prioritairement. De même que le wahhabisme interdit toute recherche de son passé et déracine l’individualité, dépersonnalise le pays, l’américanise, eût dit Heidegger, qui voyait un absolutisme, un nihilisme commun au soviétisme et à l’américanisme – il eût ajouté le salafisme, le christiano-bolchevisme comme il disait dont il accusait les modernes, et le "dalailamaïsme" (le Sionisme n’en parlons pas !) -, de même, la vie moderne va dans ce sens, elle enferme l’humanité, dans une stupeur barbare d’un présent perpétuel, et d’une jeunesse prolongée artificiellement écrasant la vieillesse et l’enfance ! Il y a aussi un absolu du « je pense », du cogito cartésien, cela vaut pour cette déviation de l’Islam qui est subjective, absolutiste, redisons-le. Aussi, se prête-t-elle à tous les fantasmes, surtout, en France, pays de la mode, d’un peuple assez indifférent, en matière de religion, pour ne pas entamer de croisade, comme l’y porte le sionisme, contre ses fils musulmans !

Le danger salafiste est un pétard mouillé, dans les mains du ministre de l’Intérieur !

 
 
 
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