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Le Calvaire balkanique

Commentaire de Pierre Moreau

mercredi 13 juillet 2011, par Pierre Dortiguier

L’auteur dont nous reproduisons l’étude balkanique parue au quatrième trimestre 1994, vient d’achever le 11 juillet 2011 sa vie dans la foi catholique du Pays des Dix-sept Provinces auquel l’on a donné le nom humaniste contestable et utopique de Belgique : royauté de théâtre, comme le fut la révolution intitulée « belge » de 1830, dont le dessin des allées du parc du palais royal de Bruxelles révèle assez la signification étroitement maçonnique.

Il naquit dans le quartier du Papenvest, forteresse papiste de Bruxelles un temps protestante, près de la porte des Flandres et y tint le rôle de pharmacien, après que son père de même profession, qui l’avait fait élever avec son frère Jean, chez les Jésuites de Namur, ait subi le même châtiment que celui infligé maintenant par l’OTAN, le 30 avril, à la progéniture du leader libyen et de ses ministres : l’assassinat démocratique, car il faut que la voix du peuple, comme le chœur du théâtre révolutionnaire, se fasse entendre, jointe au grondement des avions de la même coalition. C’est normal ; il faut secouer de temps à autre l’arbre de la Création et songer aussi à tous ces serpents qui ont « le droit de vivre » et de converser avec une Eve nouvelle ! Qu’Adam se taise et exécute le mandat international, celui que le frère Roosevelt, parvenu au degré de la Vengeance, a dit, il y a soixante-dix ans, après son piège antijaponais de Pearl-Harbour, devoir être celui des « Nations Unies » !

Notre bruxellois ne voulait pas quitter l’ombre du Paradis et éteindre la lumière de ses anges, et il remerciait dans son cœur le Duc d’Albe d’avoir permis au rituel et à l’érudition catholiques de se maintenir aux Pays-Bas.

Je l’ai rencontré dans sa pharmacie dont l’arrière-salle était une bibliothèque. Un jour nous parlâmes de la Croatie, et ses meilleurs camarades, me dira-t-il, invité à sa table familiale, avaient été des Croates pendant la guerre ; et aussi de cette Croatie turque qu’est la Bosnie-Herzégovine, dont je connaissais la vie difficile d’exilés de force, en cette même année 1994, au camp de concentration d’Albertville en Savoie. Tel est le contexte de cet article sorti des décombres d’un monde où aura été incendiée du 25 au 28 août 1992 - avec 10% de sauvegarde d’un million de livres et une bibliothécaire blessée mortellement - la Bibliothèque nationale et universitaire de Sarajevo comme ce vendredi 29 avril 2011 le Centre du Livre Vert de Tripoli situé dans un quartier populaire : la République universelle n’a pas besoin d’ouvrages même élémentaires et de métaphysiciens, mais de pays-télévisions, comme le Qatar, pour abrutir les Philistins !

Pierre Moreau déplorait la perversité de l’immoralisme contemporain que l’on dit une morale évolutive, libérée ou éclairée, au sens des Illuminati ! Il n’aimait pas les agitées comme la professeure Judith Butler qui veut que le statut de réfugié palestinien soit un modèle existentiel et l’homosexualité une option statistique ! Pierre aimait à citer l’encyclique de Pie IX, avec lequel du reste le khalifat ottoman entretenait les meilleures relations personnelles, comme on peut le constater au Musée stambouliote de Top Kapi- intitulée Qui pluribus du 9 novembre 1846, un an et demi donc avant la publication par Marx et Engels de leur célèbre pamphlet londonien, le Manifeste Communiste : « Vous connaissez bien les monstrueuses erreurs et les artifices qu’emploient les enfants de ce siècle pour faire la guerre acharnée à la religion catholique, à la divine autorité de l’Eglise, à ses lois, et pour fouler aux pieds les droits de la puissance, ecclésiastique ou civile ». « Tel est le but de l’exécrable doctrine dite du communisme : totalement contraire au droit naturel lui-même, elle ne pouvait s’établir sans renverser de fond en comble tous les droits, les intérêts, la propriété, la société même ».

L’article suivant sur les Balkans victimes par excellence du communisme, puisque le premier ministre de Tito [1] et vice-président, traducteur du Capital de Marx en serbe et fondateur du mouvement des partisans communistes « yougoslaves » fut Moïse Pijade qui se faisait passer adroitement pour gitan, afin de diminuer son impopularité, figure dans le dernier numéro de sa revue Didaskô qui dut disparaître par autocensure, à cause de pressions politiques partisanes inspirées de mesures françaises votées à la sauvette le 13 juillet 1989, parues au Journal Officiel du 14 juillet, et votées par le parlement « belge » imitateur, le 2 février 1995. C’est ce que De Gaulle nommait « le régime des partis » qui l’abattit également, selon le sort de toutes les têtes qui ne sont pas dans l’alignement du fil à plomb du triangle froidement égalitaire et niveleur substitué à la parole de Dieu discriminante, parce qu’aimante et équitable, nous en instruisent les saints et les bienheureux imams de la famille prophétique !

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« Puisqu’on parle tant de Sarajevo, de la Serbie et des Balkans en général, pourquoi ne pas en profiter pour se rafraîchir un peu la mémoire ? Bien des faits sont oubliés, qui ne manquent pas de relation avec ceux dont on se plaint avec larmes aujourd’hui dans votre journal. Larmes de crocodiles, au reste, à voir la bienveillance réservée généralement à la poudrière serbe par la presse elle-même et par les instances prétendument gardiennes de la paix, comme l’O.N.U., principalement.

Tout le monde se souvient du double-meurtre commis à Sarajevo, le 28 juin 1914 [2] contre l’archiduc François-Ferdinand, héritier du trône de l’Empire austro-hongrois, et sa femme (qui lui avait été présentée par le Kaiser Guillaume II). Cette étincelle déclencha l’exécution d’un plan plus vaste : la première guerre mondiale, inextinguible, puisque, réflexion faite, elle dure toujours. Dans les Balkans plus qu’ailleurs.

L’un des deux meurtriers était un jeune homme, qu’on a prétendu sans preuve juif, de vingt ans, du nom de Gavrilo Princip. Pris sur le fait, il fut jugé et condamné à une peine de détention. Il contracta la tuberculose osseuse, et on dut lui amputer la main droite, celle qui avait manipulé l’arme du meurtre. Mais finalement, son mal l’emporta, un peu moins de quatre ans après son acte, le 29 avril 1918, à l’infirmerie de la prison de la forteresse bohémienne de Theresienstadt, près de Prague. [3]

Mais Princip avait un complice, nommé Cubrilovic, qui lui a longtemps survécu, puisqu’il était encore de ce monde en 1987. Il vivait en Yougoslavie communiste, sous le régime fondé par l’un des sanguinaires despotes de l’histoire : Josip Broz, mieux connu sous le nom de Tito [4]. Il n’y vivait pas mal, à ce qu’il semble. Dans les honneurs en tout cas et il fut décoré cette année-là « pour son œuvre nationaliste ».

Les médias laissent dans l’ombre bien des éléments de cette affaire, notamment les raisons qui furent capables de guider l’action de ce jeune fou de Gravilo Princip contre François-Ferdinand plutôt que toute autre personnalité. Or il se fait que François-Ferdinand avait consacré sa vie à trouver une solution définitive à la question des Slaves du Sud sous le sceptre de la monarchie bicéphale (à deux têtes), et que c’est précisément pour ce motif qu’il tomba sous les balles du jeune assassin. Tout s’éclaire - si l’on peut dire - quand on sait que Princip, au cours des débats avait dénoncé ses complices comme francs-maçons. La franc-maçonnerie était extrêmement active dans l’édifice yougoslave, construit sur sa mesure, et elle y prospéra au point de compter, au moment de la seconde guerre mondiale le nombre imposant de vingt-deux loges.

Henri Pozzi dans son livre « La Guerre revient » paru en 1933 et qui traite de cette Yougoslavie qui ne venait de prendre son nom que depuis 1929, n’ayant donc reçu sa constitution que deux ans avant la parution du livre, soit en 1931, avait rencontré des personnes de tous les bords. Voici ce que déclare au journaliste immigré italien, qui avait perdu ses fils à la première guerre mondiale, le très haut fonctionnaire (serbe) que j’étais allé voir de la part du Dr. P… : « Le pire ennemi de l’idée yougoslave en Croatie et en Slovénie, c’est le prêtre catholique. Chez nous, comme chez vous en France, le cléricalisme, voilà le péril ! L’œuvre d’assimilation, de serbisation de l’enfance que nos instituteurs poursuivent à l’école, le prêtre catholique s’efforce de la détruire à l’église et il y réussit malheureusement trop souvent. En Macédoine ç’a été exactement la même chose, mais là le remède était facile. Il suffisait de chasser les popes bulgares qui nous haïssaient et qui étaient les meilleurs agents de l’O.R.I.M. (Organisation Révolutionnaire Intérieure Macédonienne) et de les remplacer par des popes serbes. C’est ce que nous avons fait… Les résultats ont été excellents. Mais en Croatie et en Slovénie, pays arriérés et profondément cléricaux, pareille solution est malheureusement impossible. Nous n’avons pas de prêtres catholiques serbes ! Il n’y a qu’un remède possible, et nous allons l’appliquer en grand : intensifier le laïcisme de l’enseignement donné dans les écoles primaires, collèges et universités, lui imprimer une tendance nettement anticatholique. Vous saisissez ce que je veux dire ? Ce système a admirablement réussi à nos amis tchèques en Slovaquie. Le clergé de là-bas qui était presque tout entier au service de la Hongrie, comme le sont d’ailleurs en secret les curés croates et slovènes, a vu en quelques années, la jeunesse déserter presque complètement les églises. L’une des premières mesures de laïcisation que nous envisageons, avait ajouté mon interlocuteur, c’est l’enseignement obligatoire de l’alphabet cyrillique dans les écoles primaires. Il nous suffira ensuite, pour frapper au cœur le cléricalisme catholique d’interdire l’impression en caractères cyrilliques des ouvrages et livres religieux. Morte la bête, comme vous dites en France, morte le venin. »

Et Pozzi écoute alors un autre acteur, un Croate, cette fois, qui tire les conclusions de cette tyrannie oppressive et impie : « Et ils s’étonnent que nous résistions, que toute notre jeunesse se dresse contre eux.[…] Et ils s’indignent et ils crient à la trahison parce que d’un bout à l’autre de la Croatie et de la Slovénie tout le monde, jeunes et vieux, riches ou pauvres, n’a plus qu’un rêve : s’évader d’une Yougoslavie dont ces imbéciles n’ont pas compris qu’ils la tuaient en prétendant n’en faire qu’une Serbie agrandie à leur seul profit ? […] C’est eux qui ont donné raison aux Hongrois qui nous disaient, il y a quatorze ans, en s’en allant, quand nous acclamions l’union avec la Serbie : Vous verrez ! Avant deux ans les Serbes vous traiteront comme du bétail… Vous regretterez la Hongrie ! Eh bien, oui ! Nous la regrettons. »

Il ne faut pas laisser l’occasion de répéter un fait stupéfiant à ce propos, l’un des éléments de preuve les plus importants d’une conjuration agissante contre l’ordre social et politique. Dans le numéro de la Revue Internationale des Sociétés Secrètes du 15 septembre 1912, à la page 788, l’on peut lire textuellement ceci concernant Franz-Ferdinand : « Peut-être s’expliquera-t-on aussi un jour ce propos tenu par un haut maçon en Suisse à l’égard de l’Archiduc héritier : « Il est bien. C’est dommage qu’il soit condamné. Il mourra sur les marches du trône. » [5] : « Comme nous le trouvons dans une dissertation du Père jésuite Hermann Gruber [6], se cache sous le pseudonyme d’Esma, auteur des lignes citées, un éminent catholique français, qui a rendu compte de cet avertissement dans la parisienne « Revue internationale des Sociétés secrètes ». »« Cet avertissement de septembre 1912 avait été adressé à l’épouse de l’archiduc d’Autriche et le procès de Sarajevo révèlera que l’ordre de tuer venait du Grand Orient de France, communiqué par le frère maçon Ciganovitch au frère Cabrinovitch ».]]

Le Père jésuite Hermann Gruber, dans « Theologie und Glaube » [7] rappelle qu’en présence d’un ami autrichien un directeur de l’un des plus grands et influents journaux libéral-maçonnique avait déclaré expressément déjà avant 1912 que « l’Archiduc et successeur au trône ne montera jamais (nie) sur le trône » [8]

En décembre 1912 l’assassinat de l’Archiduc Frans-Ferdinand avait été « prédit pour l’année 1913 par la Sybille (ou voyante) parisienne Madame de Thèbes (Madame Anne-Victorine Savigny), dame connue dans les cercles politiques parfaitement informés et connue dans le monde entier par la publication de son Almanach annuel, laquelle était en sympathie avec les cercles les plus connus de l’Entente et qui avait lu une fois dans la main du prince de Bulgarie Ferdinand. Après l’année 1913, elle annonça l’assassinat pour 1914 !

Le temps est irréformable. Rien ne peut plus y faire. Ces quelques lignes, chacun peut aller les lire dans la collection de la revue citée. Elles sont ineffaçables et prouvent que des personnes, sachant ce qui se tramait, ne faisaient rien pour arrêter le bras de l’assassin. Il fallait donc bien qu’elles fissent partie d’un ordre qui les obligeait au silence et les empêchait d’agir. Par ailleurs, les affirmations de Gavrilo Princip devant le tribunal bosniaque n’ont pas été sérieusement contredites.

Et au reste, la rancœur des hommes politiques contre la monarchie habsbourgeoise est d’une inspiration qui ne ment pas. A l’occasion du couronnement de l’empereur Charles, le Comité yougoslave de Londres publia, le 18 décembre 1916, la déclaration suivante :« Charles de Habsbourg va être couronné à Vienne comme empereur d’Autriche, roi d’Illyrie, seigneur de la Marche slovène, etc. ; à Budapest comme roi de Hongrie, de Croatie, Slavonie, Dalmatie, voïvode de la voïvodie de Serbie, etc. Ce même empereur et roi installe aussi son règne sur les pays annexés de Bosnie et Herzégovine. » « Sous la terreur du régime actuel, sept millions de Yougoslaves de la monarchie austro-hongroise sont dans l’impossibilité de parler librement. C’est pourquoi le Comité yougoslave, seul représentant libre de tout ce peuple, et mandataire autorisé des libres Yougoslaves d’Amérique et d’Australie, a non seulement le droit, mais le devoir de proclamer les revendications nationales » [9]. Ce style et son pathos sent le renfermé des loges et la haine militante qu’on y sent. Mais, pour le fond, qu’on veuille bien le comparer avec le quatrième point des résolutions prises, par le convent des maçonneries alliées tenu à Paris les 26, 29 et 30 juin 1917, sur les termes du futur traité de paix.

Un célèbre journaliste américain, Demaree Bess a pu écrire dans le Saturday Evening Post du 24 mai 1941, des Etats-Unis : « Ils amenèrent les Serbes, au naturel fougueux, à provoquer les Allemands pour faire jouer à leur propre pays le rôle du martyr ». La guerre, qui depuis la capitulation française de juillet 1940, ne concernait plus que l’Angleterre et l’Allemagne s’est prolongée, puis étendue à toute l’Europe, enfin au monde entier.

Les Balkans sont une terre ravagée par ses frontières, qui ne sont pas avant tout géographiques, mais surtout ethniques, religieuses, historiques, et à cause de la solide implantation maçonnique évoquée plus haut, idéologiques. Pour les ethnies, il faut distinguer les Slovènes, les Croates, les Serbes, les Bulgares, les Macédoniens et les Albanais, sans oublier que les Monténégrins sont des Serbes et les Bosniens sont des Croates. Tout cela s’implique l’un dans l’autre. En gros, les Croates sont catholiques, avec une proportion d’orthodoxes et de protestants, mais aussi musulmans, qui formaient le tiers du mouvement oustachi au Nord, les Serbes sont orthodoxes, avec une minorité catholique et musulmane détruite, et les Bosniens sont musulmans avec une proportion catholique que nous avons visitée à Albertville [10]dans le camp bosniaque.

Fallût-il que les princes gouvernant ces contrées agissent avec doigté, avec finesse. Les personnes appelées à représenter sur place leur autorité prenaient la peine de se former sur le terrain bien sûr, mais aussi par des études théoriques approfondies sur les langues, les mœurs, les coutumes politiques, les privilèges ancestraux, les droits. Elles connaissaient le prix d’un impair et se faisaient respecter dans l’ordre.

Aussi ne peut-on que rester stupéfait en considérant une fois de plus la désinvolture des vainqueurs lors de la conclusion de la première guerre mondiale. Sottise ou malveillance ou soif de vengeance ? Il n’est pas rare de voir réunies les trois. Le morcellement de l’empire austro-hongrois lors des traités de Saint-Germain, de Trianon et de Neuilly fut l’une des plus criminelles sottises de l’Histoire. Ainsi que le faisait observer un lecteur du Wall Street Journal, du 21 juillet 1991 : « La Yougoslavie, aussi bien que la Tchécoslovaquie, ne furent édifiées par la France et l’Angleterre que pour des raisons de géopolitique et de stratégie ; nullement pour rendre justice aux nationalités laissées pour compte par le démembrement de l’empire austro-hongrois. »

Il s’y ajoutera le jeu de massacre auquel n’ont pas craint de se livrer dans les Balkans les puissances anglo-saxonnes au moment crucial de 1941, au moment où la guerre aurait pu prendre fin en Europe. La guerre se prolongeait et la menace soviétique se précisait dangereusement. Le renseignement allemand avait percé à jour les préparatifs d’offensive impressionnants de l’Armée rouge en direction de l’Allemagne et de l’Europe. Elle commençait à se masser, par corps d’armée entiers, sur sa frontière occidentale [11]. Or, début mars, l’armée britannique avait débarqué en Grèce. Pour se garantir sur son flanc sud oriental, l’Allemagne ménagea la conclusion, le 25 mars 1941, à Vienne, d’un traité d’alliance qui fit entrer la Yougoslavie dans le pacte des trois puissances anticommunistes (Allemagne, Italie, Japon). Mais lorsque la délégation yougoslave rentra à Belgrade, le surlendemain, ses membres se firent arrêter suite à un putsch qui venait de secouer le royaume. Inutile de dire que le soulèvement avait été manigancé par les hommes de main de l’Angleterre. A leur instigation, le général d’aviation Simonovitch, avait pris le pouvoir et n’eut rien de plus pressé que de dénoncer les accords qui venaient d’être signés à Vienne et de prendre contact avec Moscou. Pour ses plans d’invasion, il importait à l’URSS d’obtenir libre passage à ses troupes au travers des Balkans. Il ne restait à l’armée allemande qu’une seule riposte possible : traverser la Yougoslavie dans toute sa longueur nord-ouest sud-est, et aller déloger en Grèce le corps expéditionnaire britannique. La mission fut accomplie, mais cette opération éclair menée en catastrophe à partir du 4 avril, allait peser de toutes ses conséquences, tant sur la situation intérieure des territoires occupés de la péninsule balkanique, que sur le déroulement tout entier de la guerre qui allait commencer le 21 juin contre l’URSS. Sur place, dans les Balkans, le temps manqua pour une pacification complète des territoires ; ce qui allait donner l’occasion facile d’instituer une guerre clandestine et subversive.

Il existe sur ce sujet, un document - trop long pour être cité entièrement ici -empreint de science, de sagesse et de sérénité que l’on peut lire et relire si l’on veut prendre de prudentes distances à l’égard du bavardage journalistique qui nous inonde. Il s’agit de la déposition qu’un historien, le docteur Rudolf Ibbeken fit devant la Vème Cours de Justice militaire américaine, au procès du Feld-maréchal List après la seconde guerre mondiale. Le feld-maréchal List avait été Commandant en chef du Théâtre d’Opération Sud-est de l’armée allemande en1941. Le dr. Ibbeken avait été pendant les hostilités chargé de mission à l’Etat-major du Feld-maréchal List. Evoquant la complexité de l’hostilité des ethnies entre elles, le dr.Ibbeken déposait : « Si le Tribunal me permet une image, je vous demanderai d’imaginer qu’on ait mélangé une poignée de sucre et une poignée de sel et qu’on veuille ensuite séparer à nouveau le sel et le sucre. Ainsi en est-il à peu près impossible de séparer les communautés serbes des communautés croates. » Et de fait, l’image est aussi expressive que réaliste. Elle décrit une situation que les autorités austro-hongroises avaient réussi à dominer pratiquement, avec fermeté et un sens politique digne de respect. Il fait peu de doutes, que n’eût été la malveillance souterraine de la maçonnerie, elles seraient venues à bout de ce casse-tête.

On ne refait pas l’histoire, elle ne peut être que constatée, eh bien, constatons les deux seuls moyens d’unification possibles, et qui furent effectivement utilisés dans le temps : la politique fédérative des souverains viennois, fondée sur la conception catholique et impériale de leur charge, et, en revanche, la contrainte brutale et sanguinaire inspirée du marxisme-léninisme. Le dr. Ibbeken déposait devant le tribunal américain, donc d’un pays qui avait été complice de la soviétisation de la Yougoslavie. Il ne pouvait l’oublier sans préjudice pour le Feld-maréchal List, en faveur de qui il intervenait devant ses vainqueurs-juges. Aussi le dr. Ibbeken n’évoque-t-il qu’en termes voilés la mise au pas des Yougoslaves par le futur tyran de Belgrade : « C’est le grand mérite de Tito d’avoir réussi le premier, avec l’aide d’une idéologie reposant à la fois sur le Slavisme et le Communisme, à imposer sur le terrain une véritable organisation d’ensemble. » [12]

Même le juge américain semble avoir compris ; de toute façon, la question suivante de l’avocat passe sans insister à un autre sujet. Massifier les gens derrière des bannières définitivement communistes et provisoirement nationalistes, c’est l’ABC de la pratique marxiste-léniniste, mais le témoin ne pouvait pas raconter combien le mérite de Tito était redevable d’abord à sa formation dans les meilleures écoles soviétiques.

Il n’avait pas fallu la guerre pour que les Serbes briment les autres minorités, au nom de n’importe quoi, les Croates étant la cible la plus fréquente et le motif religieux le plus intransigeant : « Déjà l’affirmation du Credo catholique équivalait à une propagande nationaliste croate, car les oppresseurs serbes n’étaient autres que des Pravoslaves orthodoxes. A Belgrade on n’en ignorait du reste rien, et c’est ainsi que les tracasseries policières du centralisme serbe se dirigeaient aussi bien contre l’Eglise catholique que contre les organisations politiques du nationalisme croates. » [13]

La Croatie profita de l’effondrement de l’Etat yougoslave pour se constituer elle-même en Etat indépendant, mais sa revendication à l’indépendance était aussi ancienne que l’invention de la Yougoslavie. Les nationaux étaient excédés, ainsi qu’en témoignent, entre autres, cette déclaration officielle des députés nationalistes croates : « En l’année 1918 le peuple croate fut privé par supercherie et par violence de son droit de libre disposition. Une expérience de vingt années a démontré l’impossibilité à l’avenir d’une vie commune des Serbes et des Croates. » [14]

« Le peuple croate considère les actes du Gouvernement de Belgrade comme nuls et non avenus pour les Croates, et ceci est particulièrement le cas pour tous les traités conclus ou encore à conclure entre Belgrade et les Puissances étrangères. » « Un appel est adressé aux Grandes Puissances pour qu’elles prennent sans tarder les mesures nécessaires pour assurer aux Croates le libre choix de leurs destinées ; faute de quoi le peuple croate, en état de légitime défense, devra pourvoir lui-même à ses besoins, ce qui entraînerait forcément une menace pour la paix. »

L’année n’allait pas s’achever sans que le sort de cet appel ne fût scellé par la déclaration de guerre de la Grande Bretagne et plus tard dans l’après-midi, de la France à l’Allemagne. La réponse allait être exactement opposée à celle que les Croates attendaient : d’aide, il n’en fut apporté qu’aux ennemis séculaires de Serbie par la confirmation et l’aggravation des dispositions du traité de Saint-Germain ; et finalement par la précipitation individuelle et collective des Croates dans la servitude, communiste d’abord, et aujourd’hui « démocratique ».

Les Serbes ne seraient pas mieux lotis. Occupés par les Allemands, ils succombèrent sans peine aucune aux appels de la révolte terroriste lancés par les agents britanniques. Draza Mikhaïlovitch leur chef d’Etat-major dans la clandestinité, avec l’appui moral et logistique de la Grande-Bretagne, prit la tête de ses terroristes Tchetniks. Tchetnik vient du mot tcheta signifiant la troupe, la bande. Pour les frères Tharaud, dans « La bataille à Scutari » [15] « La tcheta, c’est la descente de l’avalanche qui roule des sommets, la course à main armée dans la plaine ».

Il devait donc rencontrer la concurrence impitoyable de Tito. Comme il n’y avait pas place pour deux, ni sur le terrain, ni dans la faveur des grands alliés, anglo-saxons et soviétiques, le sort de Draza Mikhaïlovitch fut promptement réglé. Les bons et déloyaux services qu’il avait acceptés de rendre à la cause toujours assez malpropre de la guerre subversive, furent récompensés par un lâchage spectaculaire, décidé de sang froid, dès le début de 1943 par les autorité britanniques, protectrices des libertés et libératrices d’un peu tout le monde !

Les envois d’armes cessèrent aux Tchetniks, pour le plus grand profit des partisans de Tito, au point d’inquiéter les agents anglais sur le terrain. L’un d’eux a raconté après la guerre comment il décida d’alerter Winston Churchill, le Premier Ministre et se rendit spécialement à Gibraltar pour disposer d’une liaison téléphonique et personnelle avec Londres. « Je lui fis (à Winston Churchill) un tableau très réaliste de l’avenir que Tito préparait à la Yougoslavie. Churchill me laissa parler et quand j’eus fini, il me demanda : Quels sont vos projets d’avenir personnels pour l’après-guerre ? Déconcerté, je lui répondis que j’avais l’intention de me retirer dans la propriété que je possédais en Ecosse. Alors interrogea-t-il, si je comprends bien, vous n’avez pas l’intention de vivre en Yougoslavie ? No, Sir, of course not. Et je l’entendis me répondre : hen why should you care a damn what happens to Yugoslavia after the war ! » (Alors, qu’est-ce que cela peut vous faire ce qui se passera en Yougoslavie après la guerre ?) [16]. En effet qu’est-ce que cela pouvait bien faire au citoyen « libéré » ? Et qui se soucie aujourd’hui du cynisme de l’homme d’Etat, initié à la Maçonnerie, le 24 mai 1901, comme le sera son frère ? Pour Mikhaïlovitch ce fut assez différent. Après la guerre, il fut jugé par Tito et l’on ne tarda pas à le fusiller en parfaite conformité avec la morale des vainqueurs. Lui aussi était libéré, mais relevé de toutes ses fonctions.

Impossible de clore l’évocation de la Seconde Guerre Mondiale dans les Balkans sans mentionner les atrocités commises sur les vaincus tombés ou, le plus souvent, livrés par les Anglais, entre les mains des Loges. Dans un livre très mesuré [17] Ivo Höllhuber écrit : « Le désir d’impartialité nous engage à ne pas oublier non plus le triste destin qui fut celui des Allemands dans les régions du Sud-Est et particulièrement en ce qui concerne ceux qui furent victimes des partisans de Tito et de son « Ozna » Odeljenje za zaštitu naroda ou département pour la protection du peuple fondé par un ancien tailleur « autrichien » Rankau slavisé en Rankovic, et se faisait, pour paraître plus local, surnommer Marko, le 13 mai 1944 ». L’abbé Emmanuel Reichenberger a fait des descriptions terrifiantes de ce qui s’est passé, par exemple, à Neusatz (Uvidèk) en 1944 ou encore au camp de Metrowitza [18]. Reichenberger n’oublie pas d’évoquer le caractère tragi-comique des déclarations qui, presque simultanément définissaient la nature des « droits de l’homme » aux Nations Unies. Au printemps de 1948 encore, le frère âgé de 19 ans, du ministre de l’Intérieur de la Woiwodina menaçait, torturait, pourchassait, pistolet à la main, des femmes et des jeunes filles allemandes internées [19]. Les autorités du pays n’ont pas pu nier que près de 20 000 civils allemands ont été liquidés dans les camps yougoslaves [20]. [21]

Les estimations de l’abbé Reichenberger sont bien modestes, hélas, et il n’y eut pas que les minorités allemandes à tomber sous le coup de la vengeance la plus cruelle et la plus aveugle. Les horreurs commandées ou perpétrées par les partisans de Tito comptent parmi les plus affreuses de l’histoire des hommes. La plume se refuse à retracer dans le détail ces scènes insoutenables. Là les charniers existent encore, vérifiables et accusateurs, même si les témoins et les acteurs sont en voie de disparition, mais qui les évoque ?

Stèle en souvenir du massacre des chrétiens et musulmans croates-bosniens à Bleiburg.

Les premières victimes, après les Allemands, furent les Croates, opposés à la fois aux Serbes et aux communistes. Leur persécution par Tito fut un facteur d’unification de la nouvelle Yougoslavie. Bernard George nous rend compte [22] : « Désigner un ennemi commun dont il faut se venger est déjà un appel à l’unité, pratiquer l’exercice de la vengeance est un bon moyen de souder cette unité. Pourtant ici les premières vengeances à exercer trouvèrent leur objet en un peuple de la « Grande Communauté Yougoslave » : les Croates. Il ne fallait pas que soit dit que les Croates avaient toujours voulu leur indépendance, il ne fallait pas que soit dit que les Croates s’étaient jusqu’au bout battus, non pas tant aux côtés des Allemands que contre les Serbes et contre les Communistes. Alors on désigna comme traître celui qui avait cru servir son Etat national et on supprima le maximum d’opposants, le maximum de témoins. Et d’abord ceux qui s’étaient battus, les soldats maintenant désarmés par le soin des Alliés occidentaux. Commença aussitôt à Bleiburg ce que les auteurs croates ont appelé le « Katynisme massif » du régime Tito. [23] »

Les massacres dits de Bleiburg eurent lieu dans différents lieux de la région de Bleiburg-Draograd vers lesquels furent transportés les soldats prisonniers et les civils après leur reddition aux autorités britanniques et leur remise par ces dernières aux partisans de Tito. Les premiers et les plus importants de ces massacres collectifs eurent lieu à Maribor, Celje (et les environs) et Kočevje. D’autres groupes furent assassinés en d’autres lieux de Croatie. Il faut mentionner également les colonnes qui furent conduites en de véritables « marches de la mort » [24] par différentes routes jusqu’à la frontière serbo-roumaine. » 

« Le plus grand nombre des soldats prisonniers et des civils furent massacrés à Maribor et dans les environs. Les préparatifs avaient été faits avant même que les colonnes de prisonniers arrivent ; Maribor fut vraiment choisie par les communistes parce que c’était une ville relativement grande, adaptée au tri et à la classification des prisonniers et parce que tout près de là il y avait de très grands fossés antichars dans lesquels on jeta les corps des Croates assassinés. Le fait que les officiers croates séparés des colonnes de prisonniers furent envoyés à Maribor indique bien en effet que la IIIème armée communiste qui avait son siège dans cette ville avait préparé auparavant le massacre sur une grande échelle ».

Venant de la part des Alliés, il y avait bien plus que la cynique indifférence formulée plus haut par Winston Churchill. Le Premier britannique, souvenons-nous, disait alors à son subalterne : pourquoi vous préoccuper du sort des Yougoslaves puisque vous vivrez retiré en Ecosse ? En réalité, les Alliés occidentaux projetaient davantage, ils ont pensé et organisé activement la tyrannie sans retour du communisme [25]. Après avoir provoqué l’extension de la guerre dans les Balkans, ils ont voulu porter sa conclusion à l’extrême et se venger de l’innocence des innocents. C’est délibérément qu’ils ont réalisé l’oppression sanglante, sauvage, et, de surcroît, moralisatrice, qui a marqué la fin de la seconde guerre mondiale et pas seulement dans les Balkans. Par quoi faut-il expliquer cette soif de haine et la volonté persévérante, acharnée et persécutrice des hommes d’Etat endimanchés de la City, ou des lointains mâcheurs de gommes perdus dans l’immensité des Rocheuses ou du Middle West ?

Il n’est pas superflu de recourir ici une fois de plus à la relation du journaliste américain Demaree Bess :« De Juin 1940 à avril 1941, les armées de terre allemandes n’ont pas été engagées dans des combats, mais des millions de soldats allemands ont été incessamment occupés durant cette période. Occupés à quoi ? Les uns s’entraînaient en vue des campagnes futures, mais les autres travaillaient à la consolidation de leur nouvel Empire. Ils construisaient dans une douzaine de pays d’Europe des fortifications destinées à tenir tête aux assauts tant intérieurs qu’extérieurs. Ils désarmaient prestement les peuples des pays occupés. Ils prêtaient leur concours à l’établissement de conditions coloniales en Europe. Le sort de ce nouvel Empire dépend de l’issue de la guerre, mais en retour, l’issue de la guerre subira vraisemblablement l’influence de l’édification de l’Empire. A cette fin, l’Allemagne a mis systématiquement au travail non seulement la population civile allemande tout entière, mais encore des millions de non-Allemands occupés sous surveillance allemande. Beaucoup de ces ouvriers coopèrent à la satisfaction des besoins de la machine de guerre allemande, mais bien d’autres contribuent par leur travail à l’exécution des projets impériaux. Depuis l’effondrement de la France, des milliers d’experts allemands établissent et exécutent sans relâche des projets pour l’exploitation coordonnée du travail et de la production en Europe. Ils ont dressé des calculs pour obtenir partout en Europe des récoltes permettant à ce continent de se suffire à lui-même autant que faire se peut. Ils ont établi une classification des réserves de vivres de tout le pays et les ont réparties à tels endroits où elles seront le plus utiles aux intérêts allemands. » « Ils unifient les systèmes de transport en y intercalant de nouveaux chaînons. Ils combinent entre tous les pays d’Europe des accords commerciaux à base d’échange de marchandises, avec Berlin comme organe central de compensation. Ils réorganisent les systèmes financiers pour mettre hors-jeu la couverture-or ».

In cauda venenum (dans la queue le poison). Cela, c’était impardonnable : mettre hors-jeu la couverture or. S’imagine-t-on une société qui ne fût plus obérée (sous le poids) par l’usure bancaire où le fainéant aurait à payer le pris de sa fainéantise ? D’où serait exclu l’agiotage au profit du travail ? Où le blé serait payé à son juste prix au cultivateur qui le produit, sans l’intermédiaire du céréalier anonyme, spéculateur et lointain, désormais inutile et veuf de toute commission, incapable d’organiser encore des disettes ? Non, c’est là que le bât blessait, et la guerre fut étendue, continuée avec la sauvagerie sans précédant que des millions de nigauds fêtent aujourd’hui comme l’indispensable prix d’une paix sans ordre, ni nouveau ni ancien. La contradiction a beau en éclater tous les jours en de nouvelles convulsions, la tempête furieuse de la propagande gonfle les voiles de la chimère tout en remplissant les têtes de vent et de bonheur niais. Bonheur sanglant, comme on a pu le voir ici brièvement relaté, et monstrueux dans plus d’une de ses formes. Bonheur scandaleux souligné par la caution morale que ne craignirent pas de prodiguer en mainte occasion les Grands de ce monde au boucher de la Yougoslavie.

Le 8 mai 1980, Belgrade fut le théâtre des plus somptueuses funérailles que l’on puise imaginer ; la majorité des souverains occidentaux – et, parmi eux, notamment le roi des Belges - s’y rendirent, pour honorer la mémoire du soi-disant Josip Broz Tito (en réalité de Walter Weiss !) Ne se trouva-t-il donc personne, parmi ceux qui suivaient l’auguste charogne, pour se souvenir de cet anniversaire de 1945 que Tito se fit fêter en extrayant d’un hôpital 25 blessés allemands que l’on exécuta pour la fête ? [26] Et pourtant le fond du scandale est encore ailleurs, ainsi que nous le fait saisir Juan Maler : « Au moment où l’on se rend compte en Europe que la Yougoslavie et ses protagonistes sont au bout du latin qu’ils récitent depuis 1914, on fonde une Europe conçue comme une super Yougoslavie et l’on se prépare ouvertement aux mêmes problèmes en créant un fonds de secours pour ses membres les plus dépourvus. Cette Europe issue de l’alambic des Loges signifie la servitude des Etats de l’Europe occidentale et septentrionale, et l’entretien obligatoire des collègues fainéants et pouilleux du Sud et du Sud Est. La suite en sera forcément une guerre civile dans toute l’Europe. Il pourra bien se faire qu’il y manque au début les orgies sanguinaires issues de la haine, telles que les a subies la Yougoslavie, mais de nombreux autres paramètres sont pareils. La « Yougoslavie », ne nous a rien appris, bien que l’on paraisse en quelque manière comprendre les souhaits de libération dans ce pays. Et pourtant, le fait de vouloir, sous le nom d’Europe, ériger une fédération d’Etats dans laquelle on introduirait demain à nouveau les peuples de Yougoslavie nous donne à croire que nous sommes en présence d’une gigantesque escroquerie. »

Le mot de la fin est bien sombre, mais nous n’avons rien mieux à nous offrir.

Notes

[1] On a prétendu que TITO serait un sigle, celui de la Terroristicka Internacionalja Tajna Organizacija (Organisation Secrète Terroriste internationale) dont Tito aurait été l’un des dirigeants à l’époque de la Seconde Guerre Mondiale. Nous n’y croyons pas et un spécialiste allemand, réfugié en Argentine, agent de l’Abwehr ou Contre espionnage allemand, qui a écrit de nombreux livres sur la Franc-maçonnerie et qui fut sur place pendant la guerre, Juan Maler dans « Frieden, Krieg und « Frieden »(« Paix, Guerre et « Paix » autoédition, Buenos Aires,1987, p.205) écrit : « lorsque la Yougoslavie s’écroula à son tour (en 1941), il fallut la relever par la force des baïonnettes étrangères. On commença par massacrer les Souabes du Banat et les autres Allemands. Puis l’on mit sur le trône le franc-maçon Tito. Voici la signification ésotérique de ce nom : « les sept prévôts et juges (du 7ème degré) furent nommés par Salomon, après la mort d’Hiram, pour maintenir l’ordre parmi les ouvriers du temple. Le premier d’entre eux s’appelait Tito. Avec Adoniram et son père, en plus de quatre autres, il constitua le tribunal »

[2] Le 525ème anniversaire de la mort du sultan ottoman Mourad Ier vainqueur des Serbes et poignardé, le 27 juin 1389, alors qu’il visitait le champ de bataille, par le serbe Milosch Obilik

[3] Karl Heise écrit que « Cabrinovitch, Grabec et Princip, qui à cause de leur jeune âge ne furent pas condamnés à mort, moururent en prison dans la forteresse de Theresienstadt en Bohème. Et comme une sanction terrible de la « Nemesis » (du Germa-Karma) pour le meurtrier de l’Archiduc Ferdinand et de la princesse Hohenberg, Princip, la main qui avait joué avec l’arme de l’assassinat, dut être pour cause d’infection osseuse amputée.(Princip devait mourir le 29 avril 1918 des suites de sa tuberculose osseuse). Le complice Miat Kerovitch mourut au pénitencier de Möllersdorf. »

[4] En réalité un Josif Walter Weiss originaire de Pologne, qui aurait été, nous le verrons plus loin, substitué au militant communiste natif de Kumrovec, village à la frontière croato-slovène. Tout cela me fut confirmé, un jour par la confidence personnelle d’un religieux croate, originaire de ce même village de Kumrovec. Ce prêtre, d’ascendance allemande, nommé Winkler m’affirmait que dans sa commune prétendument natale, le soi-disant Josip Broz, alias Tito, était un parfait inconnu. En outre l’historien américain David Hoggan écrit de son côté que Staline n’appelait jamais Tito autrement que par son prénom Walter, sous lequel il l’avait connu chez les bolcheviques pendant la première guerre mondiale. Il se serait emparé de l’identité du véritable Josip Broz, croate de naissance, sorte de « fort en gueule » mort en 1939 à Barcelone à la fin du conflit espagnol. D’autres le font mourir lors d’une offensive croato-bosno-allemande dans la Kraïna (témoignage d’Ivan Nemet qui m’a amené aussi aux environs de Kumrovec et avait connu les vrais enfants du vrai Tito que la police avait drogués pour que leur dire soit pris pour ceux de la folie, note de Pierre Dortiguier)

[5] Karl Heise commente ainsi ce passage, dans son ouvrage :Franc-maçonnerie de l’Entente (c’est-à-dire de la coalition anglo-franco-russe, puis états-unienne et « mondiale » contre les deux Empires germano-hongrois et leur allié ottoman) et La guerre mondiale, « Entente-Freimaurerei und Weltkrieg »[[Réédité parVerlag für ganzheitliche Forschung und Kultur 2251 Wobbenbüll/ Husum,1982, ISBN 3-922314-24-4408 S., S.76, Fussnote 4

[6] Dans le cahier in-8 de « Theologie und Glaube » (la théologie et la foi), 1915, page 656

[7] La Théologie et la Foi ») de 1915, ( pp.655/656)

[8] « der Erzherzog-Thronfolger werde nie den Thron besteigen » Karl Heise, Entente-Freimaurerei und Weltkrieg 1920, Verlag für ganzheitliche Forschung und Kultur, 1982, 2251 Wobbenbüll/Husum ISBN 3-922314-24-4, 408S, page 79.

[9] Cité par Branko Miljius : Les Habsbourg, l’Eglise et les Slaves du Sud Pichon et Durand-Auzias, Paris,1970, page 14.

[10] Je me souviens, d’une femme catholique Catherine, « Kata » et de sa grande fille maigre fille blonde blessée, qui étaient bosniaques et étaient reconnues comme telles par les Musulmans, dont la mère de famille Meya Mouftic que je visitais avec ses enfants, Timour et Damir. Le premier avait reçu un éclat dans l’œil et nous l’avions pris en charge ; leur mère et eux ont logé chez nous et elle m’apprit que son oncle était le Grand Moufti de Zagreb, charge créée en 1917, il avait été démocratiquement pendu devant sa mosquée en 1945. La popularité des Autrichiens et généralement des Allemands était totale dans ce camp d’Albertville. L’époque autrichienne et la Turquie alliée étaient leur fierté commune. Les soldats bosniens ont la réputation d’avoir été « les troupes les plus fidèles de l’Empereur »,die treuesten Truppen des Kaisers. (note de Pierre Dortiguier)

[11] Voir sur ce sujet le livre composé par l’ancien agent du GRU, le KGB militaire réfugié en Angleterre, Victor Suvorov : Le Brise-glace (nom de code de l’offensive russe prévue début juillet), Olivier Orban, Paris,1989.

[12] Bernard George : L’Occident joue et perd. La Yougoslavie dans la guerre la Table Ronde, Paris, 1968 p.79.

[13] Bernard George, op .cit, p.55

[14] Résolution prise à Zagreb le 15 janvier 1939, par les députés croates, élus le 11 décembre 1938 à la Skoupchtina ou assemblée yougoslave et constitués en représentation nationale de la Croatie, concernant la libre disposition du peuple croate.

[15] Plon, Paris,1926, p.1

[16] Otto Skorzeny : « La Guerre Inconnue » Albin Michel, Paris,1975, p. 204

[17] Ivo Höllhuber, L’Europe et les effets du mondialisme, éditions du Flambeau, Paris 1994, p. 164.

[18] cf.Le martyre des Allemands à l’Est, p. 244

[19] cf.L’Europe en ruines p. 300

[20] cf. ibidem

[21] Et liquidés dans quelles circonstances, et avec quelle sauvagerie ! Que l’on pense seulement au sort des 3500 malheureux prisonniers de guerre allemands, sur l’île de Rab dans l’Adriatique. Après avoir été torturés de toutes les manières, ils furent emmurés, les mains liés derrière le dos avec du barbelé, jusqu’à ce que mort s’ensuive lentement dans un bunker situé à deux pas de l’actuel Hôtel Impérial dans la ville de Rab, capitale de l’île. (révélations faites en 1985 par un ancien partisan de Tito, témoin et peut-être acteur, établi au Canada.) Cf. Unabhängige Nachrichten Postfach, 400215, D 4630, Bochum 4, juillet 1985, p.12

[22] Loc. cit .p.232

[23] La Tragédie de Bleiburg, Documents publiés à Buenos Aires par Studia Croatica, note de Bernard George.

[24] Sur ces « marches de la mort », voir : Joseph Hecomomovic : Tito’s Death Marches and Exterminations Camps (Carlton Press, New York 1962, p.23), cité par Nicolas Bethell : « Le dernier secret-1945 - Comment les Alliés livrèrent deux millions de Russes à Staline (Seuil, Paris, 1975, p.120)

[25] A force de cultiver la mémoire, il ne faudrait tout de même pas oublier les cinquante camps de concentration qui furent installés par Tito sur le territoire yougoslave, avec un régime tel que, nous affirme un historien américain : « Les parents y furent plus d’une fois obligés d’assister à l’exécution de leurs enfants. » [[David Hoggan, voir sa traduction allemande, Der unnötige Krieg 1939-1945 « Germany must perish », Grabert-Verlag, Tübingen, 1974, p. 489

[26] Bernard George, loc.cit, p.259

 
 
 
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