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La valeur de l’OTAN, dans la stratégie U.S.

vendredi 11 mai 2012, par Pierre Dortiguier

Les stratèges états-uniens tirent une conclusion négative de la coopération militaire de l’OTAN avec eux en Lybie ; et l’analyste de la Stanfort Global Intelligence, M. Kaplan n’y va pas par quatre chemins : il insiste sur la conduite principalement américaine de l’opération US., à la demande des Français et des Britanniques, mais aussi sur les obstacles mis par les gouvernements européens au déploiement de l’action militaire.

Aucun autre analyste n’a autant noté, ces derniers temps, la nécessité, aux yeux des Américains d’une refonte de l’OTAN afin de laisser les mains libres aux U.S.A en Asie. En termes plus nets, l’effort consenti par les Américains a été trop lourd, relativement au devoir de chacun des membres de l’OTAN, et les U.S.A ne peuvent renouveler une opération aussi coûteuse, en étant le berger d’un troupeau, selon les termes propres de l’auteur.

Avant d’offrir la traduction du texte, nous relevons que le rôle de l’OTAN y est indiqué comme une force empêchant l’Allemagne de se tourner librement vers la Russie, et donc un moyen de lui imposer le statut continu de géant économique, soit, mais de nain politique.

Serait-ce que l’une des tâches de l’OTAN serait de tenir l’Allemagne occupée ? La réponse est sue de tous les observateurs, mais l’on se garde bien de la donner avec la même franchise que M. Kaplan.

« Quoique l’on pense de l’intervention en Lybie, la chose s’annonce plutôt mal pour l’OTAN. Comme un des planificateurs de l’U.S. Air Force me l’a dit : c’était comme Blanche Neige et les 7 nains, tous à ses genoux » (it was like Snow White and the27 dwarfs, all standing up to her knees), les États-Unis étant Blanche-Neige et les autres membres de l’OTAN étant les nains.

« Les Etats-Unis ont du aller seuls en Lybie - poussés par les Britanniques et les Français - malgré la feuille de vigne » - l’apparence- « de mener par derrière, sont catastrophiques pour l’alliance ».

Plus de 80% de l’essence employée dans l’intervention est venue de l’armée américaine. Presque tous les ordres opérationnels avaient un libellé américain. Parmi les douzaines de pays qui prenaient part à l’opération, rien que huit forces aériennes furent autorisées par leur ministère de la défense de larguer des bombes.

La plupart des sorties aériennes, pour la forme ; la plupart des frappes étant bien exécutées par l’aviation non U.S., cependant que les Américains terminaient logistiquement la guerre.

« L’Europe est morte militairement  » m’a dit un général américain en 1980, « les pays européens comptaient pour 40% des dépenses totales de l’OTAN, alors qu’il n’en représentent plus que 20% »

De cette courte analyse du collaborateur de la Stanfort Global Intelligence, retenons que l’OTAN est une arme essentiellement américaine. C’est un fait.

Il ne s’agit donc plus de savoir la proportion des armées européennes et turques dans l’OTAN, mais leur rôle joué à l’intérieur de la stratégie américaine, le plus souvent sous masque humanitaire, ou au Kosovo administratif, bureaucratique, en gestionnaire du leadership U.S.

En fait toute réforme militaire U.S. de l’OTAN signifie la neutralisation de toute puissance proprement européenne, en quoi les U.S.A. réaliseraient leur objectif marqué par l’entrée en 1917 sur le front des opérations de ce qu’il faut bien nommer désormais une guerre civile européenne !

Comment dès lors espérer en une indépendance politique et économique du continent si l’OTAN non pas détruit les adversaires de l’Europe, mais absorbe celle-ci ?

Mais le vrai souci militaire américain, selon l’analyse de M. Kaplan porte sur sa concentration nécessaire en Asie. Il va de soi, par conséquent, que les U.S.A. demandent une contribution financière à leur propre stratégie d’encerclement de la Russie sur le front européen, rendant ainsi de plus en plus difficile la coopération entre elle et une Europe, dont la tête allemande ne se développe surtout qu’en penchant vers l’Est, et vers l’Eurasie.

« L’OTAN est donc utile (relevant) touchant la future direction politique de l’Allemagne », précise Robert Kaplan. « Aussi longtemps que l’OTAN existe et que l’Allemagne en est membre, jouant un rôle politique substantiel, sinon militaire, alors la chance d’une Allemagne pivotant vers une alliance avec la Russie, dans l’avenir, est amoindrie. »

Retenons cet aveu de Kaplan que sans une organisation comme l’OTAN et les Nations Unies, « la puissance américaine est plus isolée dans un monde anarchique ».

« Quelles que soient ses imperfections, l’OTAN est donc indispensable aux Etats Unis : Les U.S.A ont besoin de l’OTAN pour organiser la défense européenne, de sorte précisément  », conclut l’analyste américain, « que Washington puisse se concentrer sur le Moyen-orient et l’Asie. »

L’OTAN n’est pas terrible, mais pour l’instant, assez bon : « NATO is not great, but for the time being it is good enough »

 
 
 
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