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La tragédie politique musulmane à la Mecque !

jeudi 16 août 2012, par Pierre Dortiguier

Sur la scène tragique, le héros ne succombe qu’en apparence devant le coup du Destin, car le spectateur, purifié par cette noblesse, lui assure l’immortalité, le séjour bienheureux auprès du Créateur et aussi dans son coeur !

L’analogie vaut en politique, qui est un combat de rassemblement, une sorte de protection de la masse contre les dangers de toute sorte ; ce que l’on appelle la défense de la cité, d’où le sens grec de politique, dont la racine indo-européenne signifie « le plein » (grec, polis, anglais full, pool, bassin plein d’eau etc.) !

Politique musulmane ou politique religieuse en général est donc la conservation de sa force, pour venir au secours des consciences individuelles, afin qu’elles ne rompent pas face à l’adversité !

Est-ce le sens de ce que nous voyons maintenant à la conférence politique de la Mecque ? Il suffit de poser la question pour attrister la raison : en 1967, et déjà en 1948, la désunion des pays arabes et musulmans avait permis, la Mecque politique restant muette, à l’entité sioniste d’intriguer et de vaincre ses victimes ; au lieu de se réunir, les divisions sont ensuite apparues entre les « rouges » et les « blancs », l’OLP et les autres groupes, ceux qui étaient soutenus par x ou y, et chaque pays musulman tournait bien les yeux vers le lieu central de la prière, mais refusait de voir son voisin !

L’exemple vient-il de haut ? Non pas, puisque le noble Coran prêche l’union contre les ennemis de la foi, non contre les fidèles ; et la charité dans l’Islam est passée en loi, comme l’observait Voltaire avec admiration dans son Essai sur les Mœurs, cela vaut de toute charité individuelle, communautaire, jusqu’à l’entraide politique !

Un célèbre Premier ministre de l’impérialisme britannique William Ewart Gladstone (1809–1898) –on nous excusera de redire l’anecdote de cette fin du 19ème siècle- s’est exprimé, agitant le Coran au-dessus de la tête devant le Parlement de Sa Majesté, - et ce, au moment de la révolte des paysans musulmans crétois (qui étaient des Crétois convertis et non des immigrés turcs contre ceux des « libéraux » des villes, clients de l’Angleterre, qui les importunaient) : « tant que ce livre existera le monde, ne connaitra pas la paix !

Aujourd’hui la Mecque devrait représenter un lieu réel de lutte contre l’injustice, tout comme elle est le point de fixation idéal de la prière quotidienne, or que devient le lieu : on évoque irrésistiblement ce fameux fouet dont se servit Jésus (béni soit-il) pour chasser les marchands du temple, et qui tiendra ce fouet, sinon la main de Dieu, eussent dit tous les sages et prophètes par milliers ?

La tristesse exprimée par M. Ahmadinejad, à la Conférence de l’OCI est ressentie mondialement par les honnêtes gens ; et les contemporains de l’Imam Khomeiny d’heureuse mémoire, avaient à l’esprit cependant, mieux que nous, la Fatwa du Calife de Constantinople qui appelait les Musulmans des Empires français, anglais et russes à se désolidariser de leur effort commun de guerre dont pâtirait l’avenir de la communauté ! L’étourderie lui répondit et les désillusions n’y ont rien ajouté, sauf l’amertume que cause la négligence de soi, dont la prière est cependant l’antidote !

Aujourd’hui, le temps n’est plus aux regrets, ni à l’ironie de considérer que l’épopée du chérif de la Mecque Hussein, ne tenant point compte des intérêts et des souffrances des Musulmans sous des empires coloniaux pour ne rêver que de devenir le roi de Damas avec l’appui du Commonwealth et des franco-italiens, s’est terminée par sa fuite, sous les coups d’Ibn Séoud, lui laissant emporter sa vaisselle d’or et ses concubines à Chypre !

L’intérêt commun est un sort commun ! Si la cité de la Mecque devient le symbole politique de l’abandon à des mains étrangères la communauté musulmane et appuyées sur une légion étrangère arabe et non arabe musulmane en faux drapeau (Al- CIA- Da ! ou tout autre talibanisme) de l’avenir de la Syrie, d’une part, si une solidarité ne se forme pas pour rejeter l’essai de coalition impérialiste visible contre l’Iran, si un front musulman ne se forme pas contre les matamores sionistes qui sont très courageux avec le sang des autres, alors que sert d’être le gardien des lieux saints si le diable, le père des troubles et des jalousies, y aurait ses quartiers non pas publics évidemment, Dieu ne le permette, mais secrets ?

Une question se pose : les troubles qui ont agité le « monde arabe » dont l’Arabie Saoudite et Bahreïn - n’appellent-ils pas une solution politique faite d’arbitrages et de préservation de l’intérêt général, qui se dit en latin république ; mais justement le droit qui nous est rapporté des latins et développé à la Renaissance, veut que la « chose » publique (res publica) ne soit qu’un des piliers de la société : elle a besoin de la chose sacrée (res sacra) : et toute Rome vit ainsi, la Mecque n’échappe pas à cette nécessité, elle ne peut être qu’à la fois chose publique et chose sacrée, est-ce le cas aujourd’hui ?

Non, car l’égoïsme l’emporte, et plus exactement l’étourderie, l’illusion d’une vie facile sans s’apercevoir que la crise mondiale peut, comme dans les contes médiévaux, transformer l’argent réel en fictif ! Et comment lutter contre l’anarchie qui s’ensuivra ?

Le foyer de l’impérialisme, outre atlantique, est dans le tourbillon de cette tempête, et il ne peut qu’espérer la diminuer en exportant ses difficultés, en se jetant sur les ressources d’autrui, dans une illusion de « leadership mondial » : il ne mènerait pas le monde, il en est incapable, mais le contrôlerait, car un guide se soucie de sa cordée en montagne, mais le prédateur - tel le vautou r- guette dans le ciel la faiblesse de ses victimes.

Un patriote Africain l’a bien décrit, en analysant le mécanisme de la dette, ce fut Sankara, assassiné, bien sûr comme d’autres présentés comme des monstres – entendez les médias qui en renouvellent la liste - , alors qu’ils disent ce qui est, la vérité !!!

Nul doute que la Mecque est observée par tous infidèles et fidèles, au sens large, mais la conscience historique, la Muse de l’Histoire, qui est toujours nostalgique, ne peut s’empêcher de promener son regard sur un endroit bien délaissé du monde musulman, ce sobre pavillon de Bagdad, à Istanbul que nous visitâmes, où se conservent les reliques du manteau du Prophète et de son sabre !

 
 
 
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