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La stratégie américaine et le front du chaos.

mardi 22 novembre 2011, par Pierre Dortiguier

Il semble que le « grand échiquier » - dont M. Brezinski qualifiait le monde sur la voie d’un leadership américain,- terme préféré alors, il y a près de trente ans, à celui de domination ou d’empire, car il impliquait la servitude volontaire des peuples et leur encadrement politique, gouvernemental ou non – comme le sont les ONG et ces comités philanthropes, de droit et « commissaires politiques » de fait, - , soit clairement visible : ses constituants font apparaître sous un jour éclatant la fameuse « ceinture verte » dont on raillait ce père de la stratégie mondiale contemporaine U.S. de vouloir vainement étouffer, comme par un lacet sur leur cou, les colossaux et populeux rivaux chinois et russes « soviétiques ».

Un vert bien ciblé, qui soit un faux drapeau pour démolir au nom d’une révolution culturelle touchant la société civile, ce qui résisterait à l’économie libérale de marché ; entendons par là les exécutants d’une direction globale de la finance dont en Europe les premiers ministres d’Athènes et de Rome indiquent déjà la « voie royale ». Ces gouvernants ne gouvernent plus, comme un capitaine de vaisseau calcule sa route par sa propre observation et peut changer de cap, mais leur éducation ou long stage et profession universitaire aux Etats-Unis et leur seul attachement à la technique de contrôle monétaire, loin des attaches populaires, même démagogiques, mais bien enracinées d’un Papandreou ou d’un Berlusconi, les rendent dociles au seul plan d’une normalisation mondiale. Tel est ce Globalistan de sourd-muets politiques où Obama et l’administration publique ou privée des entreprises américaines invitent de gré ou de force les nations à prendre place.

Il n’y a point d’autre sens à ces révolutions que nous disions colorées et que nous voyons, après le massacre de la Libye, continuer brutalement en Syrie, et qui, pour différentes qu’elles soient entre elles, ont le même résultat : celui d’une démocratie ou d’une liberté accordée à l’élite de la spéculation, le vrai héros de la démocratie moderne, cependant que les peuples réels sont promis aux sacrifices dont le vrai nom est celui d’un état permanent de paupérisation.

Ce qu’il aurait été impossible de faire accepter sous le joug d’une autorité locale l’est désormais par l’union ou la cohésion d’un vaste syndicat de puissances. Et à cet égard la ligue arabe même a montré qu’elle avait effectué une véritable révolution sur elle-même : elle reste arabe, elle demeure une ligue, mais son critère de fonctionnement est la conformité d’une politique à l’ordre mondial en marche. Elle s’insère dans le nouveau Commonwealth, comme les élites indiennes, toutes confessions confondues, et contre le sentiment populaire même, dans l’Empire britannique, après la chute du Grand Mogol. Une nouvelle anthropologie politique naît, par exemple en Orient et dans le Maghreb, qui consiste en une scission entre le plan humain et le plan technique jusqu’à présent coordonné et mêlé d’autoritarisme et de corruption, mais national et d’intérêt régional : que ceux qui veulent être éclairés sur ce point se réfèrent à la formule sociologique donnée par Saint-Simon au XIXème siècle, de remplacer le gouvernement des hommes par l’administration des choses. Ce glissement rend toutes les valeurs morales arbitraires et subjectives. C’est une liberté proclamée, qui devient une vanité.

Soyez musulmans, ou chrétiens ou autre chose, puisque la société de consommation propose des modèles de vie, des plus excentriques aux plus conformistes, selon ce qu’elle nomme des valeurs, mais ne touchez pas au moteur de fonctionnement de notre répartition de richesses, et surtout ne liez pas votre vision du monde ou quelque instinct naturel communautaire, à un enracinement local. Pour ce faire, une foi abstraite est proposée aux nouvelles générations, celle d’un monde de communications, et d’internationalisation, mais où elle est transportée et non pas décideuse de son mode de vie. Une valeur peut alors coexister avec son contraire, car elle est formelle, seulement liée à un rite de reconnaissance, mais aucunement enracinée ou incorporée en un Etat, en une communauté déterminée qui suit un destin particulier.

L’Iran l’a tenté. Il progresse en ce sens. Les autres entités de ce monde y verraient leur intérêt, mais il existe un seuil à ne pas franchir pour ceux qui les contrôlent et menacent les Etats de déstabilisation, celui de bien peser la réalité de notre action politique ; et cette pesée a donné le mot français, à partir du latin de pensée. Chose au monde la plus dangereuse pour le front du chaos, véritable qualité des ceintures multicolores que nous vendent par la propagande ou les bombes ceux pour qui la terre est un marché fictif, une foire aux dupes, non plus une Création à déchiffrer.

 
 
 
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