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La seule chose demandée à l’Iran !

lundi 6 avril 2015, par Pierre Dortiguier

En ayant accueilli sur le territoire de l’ancien mandat anglo-sioniste, le républicain John Andrew Boehner (né en 1949), entrepreneur, de confession catholique, président du Congrès US, M. Netanyaou poursuit inébranlablement la traditionnelle politique sioniste, de s’imposer par la terreur et le chantage à ses voisins et de bloquer toute création d’Etat palestinien ne reconnaissant pas, - chose exigée maintenant de l’Iran pour parvenir à un « bon accord » - la légitimité de l’entité sioniste.

Telle est la carte maîtresse non pas du parti ou de la coalition du Premier Ministre, mais du World Jewish Congress et du mouvement sioniste international dont la base principale est dans l’Etat de New York, et la secondaire, peut-on le vérifier, en France, avec Laurent Fabius, qui est également, utile précision, comme Andrew Boehner, baptisé catholique !

Pourquoi donc, demandera la presse sioniste ou atlantiste, qui est celle de tout le panorama politique français et US, ne point accorder cette garantie de sécurité à l’entité sioniste ? Cela ne permettrait-il donc pas d’écarter le spectre de la « guerre horrible » évoquée par M. Netanyaou ? D’autres Etats arabes s’y sont résolus, et le gardien wahhabite des lieux saints n’a-t-il pas des instructeurs de Tsahal pour piloter ses jouets célestes qu’il lance contre l’innocence civile yéménite, avec un dernier bilan de 800 civils dont cent enfants ? La position de l’Iran, de refuser la reconnaissance du prétendu droit à l’existence ne vient pas d’une intention guerrière, d’une arrière pensée exterminatrice que le mouvement des centrifugeuses laissait deviner à ceux qui refusent l’indépendance énergétique iranienne ! C’est l’ignorance du droit, et des conditions du droit d’existence accordé par les Nations Unis à l’Agence juive muée en Etat qui apparaît : la condition à l’entrée des Sionistes dans le concert des nations repose sur la proposition présentée par le comte suédois Bernadotte assassiné dans un quartier chrétien spolié de Al Qods, de rétablir les Palestiniens chassés de leurs maisons, et dépouillés de leurs biens, dans leurs droits. C’est ce rétablissement qui autorise ces Palestiniens à se prévaloir de la qualité de réfugiés. Y satisfaire donne le droit à Israël entendu comme colonie politique, de figurer au sein des nations, d’avoir une légitimité. Celle-ci implique une communauté judéo-arabe, concevable, mais aujourd’hui utopique, car fondée sur une représentation arbitraire de « peuple juif » dont cette terre de Palestine, ou plus exactement de la Syrie méridionale serait l’assise, la Terre Promise ! C’est une avocasserie et non point de l’histoire réelle, une sorte de château féérique parmi les nombreux artifices dont use le Diable, père, selon la parole d’Issa (béni soit-il) de ces gens !

Le titre ou qualité de réfugié est moins entendu maintenant que pendant une génération ou deux ! C’est que le monde se préoccupe de jouir de bonnes places, au détriment du peuple, et ceux qui s’imaginent être avec cet accord de Lausanne, au bout des obstacles, n’ont que la consolation d’être engagés sur le chemin de l’affrontement avec l’inspirateur de toutes les misères supportées par l’Iran ! Le droit de l’Iran à l’énergie nucléaire est une chose, accordée par sa qualité de membre de l’AIEA, le fait d’en user est autre, dépendant de rapports de force, et si l’Iran est présenté, à juste titre comme un pays révolutionnaire, ne dissimulons pas que le sionisme est aussi, quoique à l’inverse, dans le sens d’un désordre permanent, d’une agitation sans laquelle il disparaîtrait, révolutionnaire. Il a pu se targuer d’imposer une nouvelle majorité aux USA, de renverser un engagement de l’Etat US par le jeu de la démocratie, en poussant l’insolence jusqu’à faire adresser par une poignée de députés à l’exécutif iranien une lettre comminatoire, offensante, véritable déclaration de guerre dont l’ultimatum se formule ainsi, en clair : reconnaissez l’entité sioniste et vos serez transformés, ô Iran, de loup en agneau ! En agneau à tondre !

M. Fabius, qui devrait avoir un monument à côté de celui de Herzl sur le mont Scopus, là où son chef spirituel, le Pape François a jeté quelques pierres « selon l’usage antique et solennel » eût écrit Racine, sur la tombe du fondateur du sionisme, a bien spécifié qu’en droit positif maintenant encore les sanctions demeurent. Elles seront levées si....la preuve est enfin apportée de la bonne volonté de l’Iran, non pas de ne pas fabriquer une arme atomique, face à l’entité sioniste qui en dispose, tout comme pratiquement son vieil allié de la première guerre mondiale, wahhabite, mais d’accueillir cette machine infernale faisant sauter tout le Moyen Orient, et entraînant le monde, à une vitesse aussi folle que la danse de la noire Kali, démone indienne de la destruction.

Les accords de Lausanne ont permis de préciser le sens du débat nucléaire ; il ne portait pas sur le nombre de centrifugeuses ou cet enrichissement dont le taux ne permet pas de produire quelque arme, mais sur l’état de santé d’une bête touchée sérieusement par le Lion syrien, et qui réclame que toutes les victimes de sa politique, de son blocus financier, toutes ses âmes arrachées à la vie par ce blocus infâme, viennent le secourir !

L’Iran ne sera pas le petit Chaperon rouge, car, selon le mot du comte Gobineau, que nous aimerions voir en diplomate remplacer Fabius, il est « un peuple expérimenté » ! L’Iran est un vrai Nemrod, c’est un chasseur qui a débusqué la bête fauve, et celle-ci n’a pas fini de nous faire entendre ses plaintes.

Une conclusion s’impose : les sanctions font pression pour que l’Iran modifie sa politique, et on ne lui demande au fond que peu de choses, d’admettre que dans le concert des nations, une seule fait la loi, et vérifie cette belle lettre de notre Descartes à la Princesse Elizabeth, allemande : « Ceux qui s’imaginent que les cieux sont pour le service de la terre, veulent entrer au Conseil de Dieu et prétendent régir avec Lui, les affaires du monde, ce qui entraîne de nombreuses inquiétudes et fâcheries ». Je cite de mémoire, mais si l’on veut reconnaître un homme mêlé d’inquiétude et de fâcherie, c’est bien le Premier Ministre sioniste, les inquiétudes et fâcheries de ses serviteurs, de la Saoudie au Bahreïn, en passant par tous les fils de la coalition contre le Lion de Damas, n’étant que l’imitation de leur maître commun ! Que Dieu garde l’Iran, et nos peuples de tels personnages !

Nous entendons en Occident et dans ses vitrines orientales, des clameurs contre le danger que serait en soi l’Iran, mais une simple vue historique du siècle précédent démontre que le pays a été victime muette d’un blocus organisé pendant la Première guerre mondiale, et sur lequel un universitaire irano-Us, en 2003 a composé une étude. Le nombre de victimes entre 1917 et 1919 dépasse ceux que l’on enseigne dans les écoles primaires aujourd’hui sur les malheurs judéens et arméniens, et aura fait de l’Iran le pays le plus massacré du dernier siècle, en population civile, sauf à tenir compte des territoires de l’Empire russe emportés dans la famine organisée en Ukraine ! N’insistons pas car les mêmes causes produisent les mêmes effets, mais savoir vraiment, c’est savoir par les causes. Et ce propos s’adresse aussi à la jeunesse iranienne qui veut comprendre l’obstination et la méchanceté de la coalition contre son pays. Qu’elle fasse comme à l’opéra de Paris, regarder le chef d’orchestre ! Sans lui, point de musique, ou de tintamarre !

 
 
 
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