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La puissance médiatique, arme développée au "printemps arabe", contre la nation arabe !

samedi 28 juillet 2012, par Pierre Dortiguier

Quelle que soit l’opinion sur la légitimité du concept de printemps arabe, et son rapprochement historiquement justifiable avec la « révolte arabe » de 1915, avec les mêmes résultats d’intervention militaire de l’OTAN d’hier et d’aujourd’hui, il reste un fait reconnu : la puissance médiatique est sans égale, multiforme :

1. La désinformation est sensible relativement au nombre de victimes estimées, hier, à Benghazi, et, maintenant, en Syrie, à 20 000, sans aucune certitude que celle avancée par l’observatoire, prétendument syrien des droits etc. ; et cette quantité outrée et, en tout cas, douteuse, permet de faire disparaître la qualité des crimes commis, la nature des assassinats politiques, des tueries réelles. L’ampleur des chiffres se veut sidérante, et la répétition qu’il s’agit de « pilonnages » et autres emplois d’armes modernes a pour tâche d’abandonner à l’initiative des stratèges militaires la solution finale.

2. La démesure a permis de présenter Damas et Alep, après Homs, principalement, comme écrasées, alors que ce sont des groupes armés, bien équipés et entraînés, guidés par des moyens de communications sophistiqués, qui y sont neutralisés.

3. L’autre importante déformation porte sur la menace islamistes qui grandirait, dans les médias, à proportion du danger que ressent l’entité sioniste. Et ce n’est pas sans habileté que celle-ci passe de commanditaire ou de stratège à la situation de victime potentielle. Les statistiques de la presse locale, reprises par les médias internationaux, font état, par mécontentement sioniste, du trop faible appui des USA, d’une popularité du candidat républicain Romney, près de venir à Tel-Aviv ; et le candidat Obama en profite, pour lancer, maintenant, chez les 600 000 électeurs juifs (selon une indication du "New York Times") de Floride, lequel Etat est, ni proprement républicain, ni démocrate, une campagne de charme ! Et de lancer des promesses ! Mais là, aussi, nous avons affaire à un leurre !

4. La presse des Etats-Unis avoue, en effet, l’enjeu de cette campagne : le soutien du lobby sioniste, qui fait monter les enchères ! Aussi, Mme Clinton, sénatrice de New-York, vient-elle, dans une conférence de presse donnée au titre de Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, de dénoncer, comme un danger planétaire actuel, la négation de l’holocauste : on se demande ce que cela vient faire, dans cette galère électorale et dans la situation critique de la Syrie ou de la Palestine, et de mettre en cause des régimes ou des personnalités politiques tentées par le scepticisme, ou par la condamnation de la légitimité de l’entité sioniste ! Mais, enfin, quel autre rapport avec la réalité du jour, sinon de suggérer –forme la plus lourde et basse de conviction- qu’un prochain holocauste se prépare, selon cette superstition, qui veut qu’un diable de la tradition talmudique, nommé Amalek, et formé sur le nom d’un dit peuple Amalécite mentionné dans la Bible, persécute, périodiquement, ceux qu’on ne doit nommer qu’avec la déférence due à un peuple souverain !

5. Nous doutions, au début de cet article, de la vérité de l’expression « printemps arabe », et nous terminerons par la conviction que le soi-disant danger islamiste menaçant l’entité sioniste ou la distance que prendrait avec elle l’administration Obama, sont tout autant de fantômes médiatiques faits pour abuser les naïfs ! S’il est de bonne politique pour le « lobby » sioniste US de ne pas mettre les œufs dans le même panier et d’afficher, aussi, des prétentions à la justice sociale, il est bon de reprendre l’analyse du quotidien de la côte Est : il reconnaît qu’une certaine désaffection s’est faite autour d’Obama, mais que l’électorat juif –car on peut dire ce terme, ouvertement, aux États-Unis, a été séduit par la liberté d’avortement, le mariage homosexuel et autres fruits du nouvel arbre de la morale, mais que, fondamentalement, le Parti démocrate est un pilier de la communauté, comme au temps de Wilson et de Roosevelt, et ce fut, certainement, l’œuvre du Parti démocrate que d’éliminer son propre président, déviant de la tradition pro-israélienne, et en cela trop catholique, comme De Gaulle le confiait à son ministre Peyrefitte, savoir que si l’on connaissait la vérité sur ce crime, « ce serait la fin des Etats-Unis » ! [1]

« Il y a un très large gros morceau de la communauté juive, qui est très Démocrate et dans lequel on ne peut pas mordre » (a very large chunk of the Jewish community that is very Democratic that can’t be eaten into), prétend, dans le "N.Y.Times" du 26 juillet,p.5) Mike Moore, fondateur du Conseil juif pour l’Education et la Recherche », et que donc les efforts républicains serons vains.

Comme est vaine toute cette mise en scène de croire que l’entité sioniste est menacée ; et dont le péril islamiste n’est qu’un attirail, une pièce de cette artillerie médiatique qui n’atteint que le cœur vivant des nations arabes et, surtout, islamiques, chrétiennes et libres.

Notes

[1] cf. « C’était De Gaulle », paru chez Fayard, 1994, puis Gallimard

 
 
 
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