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La nouvelle bataille de Libye.

mardi 14 juin 2011, par Pierre Dortiguier

Ici Londres : des Libyens parlent aux Libyens

Il apparaît à des observateurs qui ne partagent pas les inquiétudes du chef de la flotte états-unienne sur la possibilité d’un gazage à l’ypérite ou gaz moutarde de la population entraînée dans la révolte de Benghazi, ou à ceux qui ne poussent pas le nombre de victimes de l’Antéchrist du jour jusqu’à atteindre les 12000 victimes, selon le credo des bien-pensants, que la solution de la guerre intestine est bien politique, et qu’une tentative dans ce sens n’a pas été assez explorée. Pareille solution existait pourtant avant l’intervention et le monstre – comme chaque démocrate le nomme - s’y était rallié, sauf que les capacités des comploteurs et des insurgés de Benghazi étaient moindres que celles du reste de cette nation, que l’on désigne en la grillant dans des camions et autres véhicules indéterminés selon le mot de notre État-major, -car il ne s’agit pas que de chars-, comme « les pro-khadafi ».

L’Allemagne, c’est une première, est au centre de mire, et la vache à lait de l’Europe, à nouveau, se voit, comme le lui signifiait économiquement cette année Christine Lagarde, traitée d’égoïste, en songeant à ses intérêts pétroliers plus qu’au sang versé par le « peuple libyen ». Est peuple, on ne le redira jamais assez, ce qui favorise les intérêts de l’Angleterre, et despote, qui s’y oppose. Le ministre allemand des Affaires Etrangères a bien compris que la menace sarkoziste, alliée à l’Angleterre, dans la tradition de 1956, contre les dictateurs arabes, était orientée par des intérêts bien particuliers que l’Allemagne ne pourrait nommer sans subir un traitement de choc, comme y a eu droit l’Autriche des années 80, puisque, note-t-il, Bahreïn en est exclu, tout comme le Yémen ; en revanche « le peuple syrien », c’est-à-dire la somme de manifestants réclamant la rupture des relations avec l’Iran et le Hezbollah, revendications éminemment politiques et démocratiques et aucunement économiques, on en convient, ouvrira la voie à un jugement international, où les crimes de la répression seront punis.

En résumé, même si l‘on ne conteste pas les chiffres de victimes, même si l’on cesse de demander des corps de mercenaires africains qui ne soient pas ceux de travailleurs francophones victimes du réveil démocratique, même si des connaissances élémentaires interdiraient à un général, fût-il libyen et séide de l’autocrate, d’user de gaz moutarde pour entrer dans une ville où agissent ses propres amis, dans une sorte de cinquième colonne, sans s’asphyxier lui-même ou les éliminer, on en arrive à poser comme solution sine qua non la conférence politique. Mais encore faut-il être à deux, or le propre des conférences reconnues dans le monde est que seuls des démocrates, gens élus non par le peuple souvent ignorant et fanatique, comme à Bahreïn, proche de l’Iran, mais par un test de laboratoire politique et financier à Londres, parlent à des démocrates. Dans ce cas, seuls les factieux de Benghazi sélectionnés par ces tests en question mis au point par Cameron et Sarkozy, pourront se diviser, et se reproduire, pour ensuite se réunir à eux-mêmes : c’est ce que depuis le frère La Fayette on appelle la Nation. Tout le reste est de la tyrannie. Les Libyens l’ont compris aidés par la cavalerie Saint-Georges, comme on nommait l’argent britannique, celui que les gens armés du S.A.S., comme les journaux en parlaient, il y a plusieurs semaines, devaient distribuer à Benghazi.

L’Allemagne refuse la croisade !

Evidemment certains esprits, toujours prompts à douter de la révélation franco-anglaise des droits de l’homme et du citoyen global formaté par les satellites de la Rand Corporation, protestent ; et d’abord le pays de l’ex président Cossiga qui rappelle dans ses Mémoires l’incident de l’appareil italien DC9, qui faisait Boulogne-Palerme, sombré avec 81 personnes, touché par un appareil de l’OTAN qui visait Khadafi, dans un avion de chasse mig23, de retour de l’ex Yougoslavie, le 27 juin 1980, près de l’île d’Ustica en mer tyrrhénienne. L’Italie aurait même donné le coup de pied de l’âne au pape français de la nouvelle croisade, selon le girondin Thierry Meyssan, qui cite l’article du « libéral de droite » italien Franco Bechis – pour dire italien dans l’âme et patriote - sur la conjuration contre la Libye, formée en novembre 2010 ; et Thierry Meyssan de nous exposer avec sa clarté coutumière, le soulèvement mûri de Benghazi où de nombreux soldats réguliers sont tombés sous les coups des cols révolutionnaires comme à chaque fois que la bête sort de la cage aux applaudissements de l’arène des « démocrates », de ceux qui payent tout ce qu’il faut pour arriver à leur but final : la domination des pauvres par les riches, sur de dos des tyrans aristocrates ou excentriques !

Il reste à l’Allemagne et à ses alliés naturels de l’Europe qui travaille, de rester contempler les chevaliers de la nouvelle croisade. L’on pense à Frédéric II de Hohenstaufen, que Nietzsche célèbre dans son Antéchrist, qu’il appelait le premier des Européens, cet empereur qui refusa de partir en croisade et fut excommunié ! Pauvre Allemagne, qui n’a que le travail pour seule forme d’existence, en tout domaine, ce qui lui ôte, selon le mot de Voltaire, trois grands maux : l’ennui, le vice et le besoin ! Nous aurons surtout le dernier en partage !

 
 
 
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