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La marche turque.

vendredi 7 octobre 2011, par Pierre Dortiguier

Ce n’est point à cette Turquie de l’époque de Mozart qui fut la dernière à entrer en conflit avec l’Autriche, que nous pensons, mais à celle qui sera défendue par les deux Empires centraux et les plus avancés d’Europe, en matière scientifique, culturelle et sociale, jusqu’à la fin de 1918, contre la propagande et la stratégie consistant à la traiter d’homme malade de l’Orient, ce qui est une contre-vérité.

L’on redit la parole de Metternich suppliant, par son ambassadeur, en 1839 le gouvernement ottoman occupé de se réformer, de « rester musulman », en témoignage de son amitié et en lui citant l’exemple même de la stabilité du pouvoir établi à Vienne, lequel, sans la coalition mondiale de 1914, aurait poursuivi une œuvre de culture notamment antipositiviste avec Aloïs Höfler et Christian v. Ehrenfels, tous deux membres de l’Union Wagner viennoise, et de progrès économique et social, pour lui et tous les pays danubiens. L’œuvre apaisante de la Turquie musulmane, qui ne fut ruinée que par des sociétés subversives a été défendue par les hommes d’Etats austro-hongrois et allemands ; et une réfugiée bosniaque, dont l’oncle homonyme, grand mufti de Zagreb, avait été pendu par les communistes en 1944, aux grilles de sa mosquée transformée ensuite en maison du peuple et piscine, Meïa Muftic réfugiée avec ses deux enfants dont l’un Timour avait été gravement blessé à l’œil pendant le siège de Sarajevo, me citait ce dicton : « Partout où le Turc passe, les chemins le réclament ». Certainement que Victor Hugo n’aurait pas pu le dire, mais il n’était pas bosniaque et vivait comme BHL dans un beau quartier parisien où il y avait peut-être des Grecs de bonne foi, mais peu de musulmans.

La Turquie agonisante, comme la qualifiait Pierre Loti dans le livre intitulé ainsi édité en 1913, eut sa population civile massacrée dans les Balkans, notamment en Bulgarie, au même moment où les Italiens essayaient difficilement de chasser les Turcs de Libye. Aujourd’hui les Turcs ne résistent plus en Libye aux Occidentaux, et semblent encourager leur présence pour faire place nette à une coopération. Ce n’est plus, il est vrai, l’époque de la résistance héroïque des Dardanelles, en Palestine et en Mésopotamie, où les Turcs se battaient respectivement à un contre quatre et un contre deux, face aux troupes coloniales anglaises dont ils capturèrent une armée entière. Grande victoire musulmane des temps modernes, avec l’aide allemande, ajoute-t-on. Ne soyons pas jaloux, en philosophie et en musique, puisque nous débutions par Mozart en parlant de la marche Turque, c’est le même cas. Maintenant l’OTAN est son drapeau et les U.SA. peuvent y entreposer du matériel atomique. Tous les Turcs ne l’approuvent pas, mais il n’y a pas que des Turcs non plus à parler au nom des Turcs et un Voltaire moderne, espèce rare, relèverait que le politicien, homme de lettres et terroriste Vadim Jabotinsky, natif d’Ukraine, mort en 1940, figure célèbre de cette secte sioniste intransigeante qu’on nommait révisionniste s’immisça à Constantinople au mouvement jeune Turc avant de prendre brusquement en 1914 le parti de l’Angleterre ! Quand à cette offre évoquée en Turquie de certaine coopération turco-islamique, elle s’étend même à la Syrie et à L’Irak et une lecture de la presse est édifiante à cet égard : « Türkiye » dans son numéro de Mars 2011 cite l’artiste syrien Saïd Yusuf parlant des occasions de travail offertes aux Kurdes syriens, et appelant à une union plus étroites des deux Etats. Serait ce que la démocratie de demain, en Syrie et Irak, s’accompagnerait d’une marche turque, avec orchestre de l’OTAN ? Bien sûr le renseignement continue pour lutter contre les indépendantistes kurdes aux finances suspectes, mais sans plus, et les missiles américains seront rediscutés dans deux ans. Rassurons-nous donc ! La scène de l’Histoire devrait s’éclairer bientôt, en particulier à la lecture du grand quotidien Hürriyet du 5 mars 2011 : « Une autorité américaine interviewée par le Washington Post a dit qu’on ne devait pas avoir peur de la politique islamique. L’administration des Etats-Unis se prépare aux administrations islamiques qui seront établies avec la montée des mouvements islamiques au Proche-Orient et en Afrique du Nord. »

 
 
 
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