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La libre-pensée française brouille la personne de Jésus (béni soit-il)

vendredi 10 août 2012, par Pierre Dortiguier

Le livre déjà ancien, de Michel Coquet, publié en 2008, sur la personne sacrée de Jésus ne mériterait pas d’être cité dans un cadre d’articles et d’informations politiques et culturelle ou religieuse, si dans ses nombreuses rééditions, des éléments polémiques n’y apparaissaient en rapport avec les évolutions politiques contemporaines.

C’est ainsi que la citation mise en exergue par l’auteur qui sympathise avec les doctrines asiatiques, venant du Pape Benoît XVI dont on sait l’hostilité envers la personne du sceau des Prophètes, telle que l’avait fait apparaître la conférence de Ratisbonne, porte sur une tâche prioritaire de l’Eglise : l’ennemi principal étant, selon cet extrait non daté, le bouddhisme. « Quelqu’un avait justement prédit, dans les années 1950, que le défi de l’Eglise au XXème siècle serait non pas le marxisme, mais le bouddhisme ». Il est présenté comme une sorte d’aspiration à l’infini dénuée d’obligations religieuses, ce que contredit visiblement, au témoignage des voyageurs en Asie, la rigueur des cérémonies et le monachisme masculin et féminin dont cette secte est la matrice.

Mais on remarquera cette charge en apparence gratuite contre une doctrine religieuse dont il a été remarqué l’analogie ou l’affinité entre le sermon sur la montagne du Bouddha à Bénarès et celui dit Sur la Montagne de Jésus (béni soit-il). Elle a une portée nécessairement géopolitique en pointant la principale rivalité de l’Eglise catholique sur une religion qui a toujours possédé le plus grand nombre de fidèles et englobe le Tibet, la Chine et le Japon. Sont-ce des puissances potentiellement ennemies, comme toute l’Eurasie, du leadership obsessionnel qui, par la voix récente de M. Netanyahou, après les attentats bulgares, voit dans l’Iran le pays le plus dangereux au monde, l’Etat terroriste par excellence ? Proposition grotesque, mais symptomatique de la préparation psychologique à la guerre totale dont la campagne antisyrienne bat la mesure, avec la cantatrice Mrs Clinton à l’avant-scène !

Nous sommes loin de la personne vénérable de Jésus, dans cet ouvrage qui lui est consacré et s’ouvre bien mal par une croisade intentionnelle de l’Eglise catholique contre le Bouddhisme ! Il s’agit en fait d’obstruer cette vérité donnée par Schopenhauer que le Christianisme est une lumière bouddhique recueillie en Egypte et malheureusement réfléchie sur une région du monde qui ne pouvait, par son égoïsme, que la vomir, comme elle brouille la personne du Christ. Le reste de l’ouvrage, qui s’en étonnerait, puise, comme tout libre-penseur qui ignore les limites du sacré et du profane, du naturel et du surnaturel, et fait de Dieu un personnage de roman, ses sources sur la vie de Jésus dans les traditions talmudiques que l’on nous demande de prendre au sérieux. Le noble Coran est à peine effleuré et aucunement cité lorsqu’il s’agit de défendre l’honneur de la mère de Jésus.

La perle du livre est justement là, et quel que soit le sentiment de pudeur naturel à l’âme, il nous faut mettre sous les yeux du lecteur ce qui est écrit en faveur des calomniateurs de la mère de Jésus, Marie : « En ce qui concerne les polémiques à l’encontre de Marie, on a tort de s’offusquer », écrit l’auteur, « de voir la mère de Jésus être traitée de prostituée sans chercher à en comprendre le sens réel. Il s’agit probablement là de la réaction d’un groupe de Juifs en conflit avec les thèses catholiques, mais c’est peut-être aussi l’utilisation par ces mêmes Juifs d’une métaphore courante à l’époque » (Jésus et sa véritable histoire, p.210).

Les textes du Talmud qui salissent la Vierge ne sont pas la doctrine d’un groupe, mais bien une lecture de passages de plusieurs traités qui n’ont pas été répudiés, tout au plus ôtés, dans leur crudité d’expression, des éditions imprimées vénitiennes ou polonaises à la Renaissance pour ne pas meurtrir les consciences chrétiennes et autres, en particulier musulmanes aussi : « il n’ont point cru, ils ont inventé contre Marie un mensonge atroce. » (verset 156, Sourate IV An-Nisa, les femmes). Il est comique de voir un auteur prêt à battre le clergé catholique pour ses fictions, qui sont, même avérées, pour une juste cause, même égoïste, imaginer les pires excentricités d’une Antiquité née dans le cerveau d’esprits malades ou pervers, comme l’exaltation de la prostitution dans les temples, qui faisait rire Voltaire ! « La prostituée était la matière première passive et maternelle subissant l’étreinte des dieux actifs et créateurs etc. » écrit l’auteur ! Donc les injures envers Marie étaient sacrées ! Voilà ce que penserait peut-être quelque DSK, mais non point accepterait le degré de raison nécessaire à toute foi droite !

Il est notable que citant un auteur du paganisme romain, Celse, dans son traité "Contre les Chrétiens", qui est le fonds dans lequel puise toute la polémique des libre-penseurs, une apostrophe du « romain » contre Jésus laisse voir cette même calomnie dont le noble Coran a conservé la trace, et qu’il montre ineffacée, comme les traces de sang sur les mains de Macbeth : « En réalité tu es originaire d’un petit hameau de la Judée, fils d’une pauvre femme campagnarde qui vivait de son travail. Elle fut convaincue d’adultère avec un soldat (romain) Panthère, fut chassée par son mari ». (ouvrage cité, p.371).

Quelle idée de nous faire croire qu’un auteur romain va puiser ses sources dans une agence de presse talmudique ; idée fantastique qui nous ferait douter de l’authenticité de cette littérature ! La conclusion est que la biographie ou la connaissance d’un cadre, sujette à toutes les imaginations, ne vaut pas le tableau, la précision du dessein ou la composition des couleurs, et que la doctrine évangélique est tue, au long de ces pages, car le meilleur moyen d’éteindre encore davantage la foi française surtout, est de l’égarer dans des recherches vaines ; nos nouveaux disputeurs y réussissent, tout comme ils parleraient du sceau des Prophètes sans ouvrir le livre qui donna le sens à sa mission. De là les caricatures !

 
 
 
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