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La guerre psychologique contre l’Iran

jeudi 23 février 2012, par Pierre Dortiguier

Il y a un paradoxe de la vie médiatisée, c’est qu’un secret y est publié de telle sorte que chacun le conserve comme une confidence, tandis qu’il rebat les oreilles des foules. Il en va ainsi des jeux de hasard qui font rêver le pauvre homme, ou plutôt la multitude à l’âge du paupérisme, alors qu’un géomètre lui expliquerait vite que sa probabilité de gain est infime. Mais toute l’attente qu’elle excite en son âme sera remplie du poison de l’illusion. Nous en avons un exemple avec les confidences de Léon Panetta, patron de la C.I.A., au sujet des frappes sur l’Iran, en raison de la crainte supposée d’anéantissement éprouvée pathologiquement par l’Etat sioniste et de l’envie néanmoins réelle de ce dernier de freiner le développement scientifique d’une puissance phare en Asie. Car c’est bien là ce qui est visé, de faire pression sur l’opinion iranienne pour lui représenter que la voie suivie par son Etat équivaut à une guerre fatale dont, pour paraphraser un propos évangélique, vous ne connaissez ni le jour ni l’heure.

La diffusion de ces indiscrétions sur le nombre de jours (cinq dit-on) nécessaires à atteindre les bases iraniennes que l’on suppose profondément protégées, le nombre d’avions estimé à une centaine, avec accompagnement états-unien, sans oublier les sous-marins atomiques, dont ceux achetés (avec l’argent allemand) par le régime de Tel-Aviv que les ingénieurs sont venus achever sur place, puisque tout Allemand, merkélisé ou pas, à la différence des Sionistes rois, est indigne de toucher à de l’atome militaire, selon une règle de l’égalité en cours dans notre République universelle, cette profusion donc de nouvelles sur des sites de renseignements militaires a un but politique et non militaire : jouer sur la volonté d’indépendance de l’Iran durant son printemps électoral.

Nous ne doutons pas de l’intérêt étranger porté aux décisions populaires d’un Régime patriotique, celui de la Révolution de 1979. Le rêve étranger n’est pas, comme on le croit naïvement, de désislamiser l’Iran : autant enlever aux Allemands l’art de philosopher, à quoi même l’Ecole de Francfort n’est jamais parvenue, ou d’écrire la partition de la Création, à quoi se livre leur grande musique ! Non, l’on s’accommoderait bien d’un Islam à la manière du Golfe qui a horreur d’entendre le mot de Persique, qui soit tout d’apparence, et terrible à l’extérieur, mais gâté dans l’âme, et pour qui le Paradis serait la récompense des actions financières et non le sublime du château de l’âme, pour employer une métaphore espagnole, que l’on dit identique à la mystique islamique, comme si elle provenait d’une même source.

Le rêve étranger serait de faire verser toute la foi iranienne en symboles si abstraits qu’ils en deviendraient une ivresse métaphysique ! Mais le cœur serait froid et l’esprit affairiste. Tel est le regard que l’étranger avait de l’Iran, il y a plusieurs générations, et c’est ce temps-là que les menaces actuelles veulent retrouver et restaurer ; il y avait alors, au temps du Stalinisme et du post-stalinisme, au temps de la stabilité, diraient les stratèges de l’OTAN, issue de la guerre mondiale, des partis « antifascistes », bien sûr, qui se livraient à des compétitions violentes, électorales pour remplir le madjless, terroristes parfois, pour montrer que la rue était incertaine, en Iran. Le parti des masses, les Toudehi qui ne dédaignaient pas d’avoir quelque aristocrate au comité d’honneur, et confisquaient la lutte anti-impérialiste, d’une part, et celui de la Volonté populaire, l’Eradeh-Melli, auquel son attitude anticommuniste masquait l’asservissement complet aux Anglo-américains et à tout ce qui spéculait. L’idéal de démocratie politique que les bruits de guerre ayant le même timing que les projets de frappe sur les installations atomiques veulent imposer en causant une paralysie des réflexes nationaux iraniens, à quoi un coup de pouce de l’Arabie financière des pétrodollars ne serait pas indifférent, est de faire des partis politiques iraniens des expressions permanentes des intérêts étrangers, et de représenter leurs contradictions au besoin.

Ce serait une situation de clientélisme, comme celle dans laquelle se trouvaient les partis principaux qui remplissaient toute la scène intérieure iranienne. Le régime de Tel-Aviv y joue son rôle d’agité qui semble faire des grandes puissances un rempart de la paix, à la seule condition que l’on veuille écouter leurs demandes. Elle sont très simples, formulées par Brezinski, le varsovien catholique devenu le stratège géopolitique de son pays d’émigration, et dont le grand fils a fait la campagne électorale de l’avocat de Chicago, le Président Obama : que l’on accepte enfin, depuis la Turquie, en passant par le Kurdistan et l’Irak, l’Afghanistan retalibanisé à la mode obamesque et wahabitique et un Pakistan effondré dans le terrorisme et sous menace indienne, de faire enfin cette ceinture verte autour des étendues qui échappent au Pentagone, au leadership états-unien ; et après un Islam modéré à l’ouest, une fois l’empêcheur libyen de monnayer assassiné, nous aurions un Islam offensif à l’est, une fois la Syrie explosée, mais dont les conseillers seraient les mêmes que depuis fin août 1941, après l’invasion anglo-soviétique et l’installation des conseillers américains, dont était l’instructeur dès 1943 de la gendarmerie iranienne, - comme est lisible dans la presse allemande d’alors suivant de près les événements dans un pays qui avait bénéficié d’une aide considérable des Allemands dans la modernisation des industries du textile, du sucre, du ciment et de l’armement et qui équipaient l’Iran comme ils l’avaient fait en Turquie ! - le père du futur général Schwarzkopf qui menait la première campagne contre l’Irak : il ne resterait plus aux fidèles que de travestir leur foi, en changeant le nom d’Hussein en celui de Yazid, et ce serait vraiment un travail œcuménique, un monde nouveau ?

Non, le monde ancien perpétué avec le même résultat, la mort de l’âme de chaque peuple et un refus de s’incliner devant la diversité de la Création, devenue désormais, dans ces mains partisanes et démoniaques, une illusion boursière perpétuelle.

 
 
 
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