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La guerre de Syrie dévoile l’hypocrisie régionale

mercredi 28 décembre 2011, par Pierre Dortiguier

Le masque fait l’hypocrite, le comédien et le dupeur. Tout masque suppose de tenir son visage immobile, et par conséquent seul le mouvement historique peut laisser enfin voir le visage des événements. La Syrie aura ainsi été la victime et le révélateur de ce que valent les mots empoisonnés et les scénarios détournant l’attention de l’opinion publique, pour faire progresser le dessein du Grand Moyen Orient annoncé par G.W.Bush. A la continuité de vue américaine répond l’apparente discontinuité révolutionnaire ou ce feu d’artifice des convulsions populaires, mais le fait demeure : le déracinement des institutions étatiques et l’extinction de toute autorité nationale propre.

Les derniers attentats de Syrie nous sont présentés comme pouvant être une provocation du « régime » car ce pays, veut-on nous faire accroire, n’a plus qu’un paravent de gouvernement et l’on ne désigne plus son chef que comme un dictateur. Opinion qui serait possible, si l’orchestre mondial qui nous joue cette musique n’était aussi uni sous la baguette du Département d’Etat.

Passons en revue les résultats définitifs de cette guerre : nous constatons l’alignement des médias arabes sur la politique U.S. et ceci s’explique par leur financement et la nature de l’Etat qui leur donne asile. Chaque fois qu’un foyer musulman, par exemple, croit se retrouver en famille ou en communauté de pensée arabe avec Al Jeezira ou autre, il est en réalité invité à entendre l’avis et les suggestions du bureau ovale de la Maison Blanche. Et alors, dira-t-on ? Il suffit d’en être averti.

Nous vérifions une fois de plus que la guerre libyenne, marche-pied de la guerre syrienne, ne fut pas une cause nationale mais internationale, et que l’agitation islamique y a été dévoyée pour ne plus être que la reprise, du slogan : « les Soviets partout », métamorphosé en « l’OTAN avec nous » ! De là passons au premier de la classe otanienne, qui confie une base aux révolutionnaires libyens devenus, par changement de costume, des insurgés de l’Armée Syrienne libre. Nous pouvons ainsi vérifier ce que valent les protestations d’amour de leaders ayant fondé leur réputation sur la défense de valeurs morales et patriotiques.

Il y aurait donc deux mondes, l’un tenant de la société du spectacle avec ses tambours arméniens roulant depuis l’Assemblée nationale française et s’arrêtant, du reste, aux portes du Sénat, au palais du Luxembourg, et leur répondant les grondements du Parlement turc donnant raison formellement à ceux qui salissent la Turquie, en reprenant la même procédure, comme l’on confierait une poubelle à l’Algérie pour la déverser sur la France ! Querelles sérieuse ou paravents commodes, pendant que des Syriens, chrétiens et musulmans, tombent sous les balles de ceux qui sont instruits par les cadres occidentaux disséminés en Turquie, au Liban et y retrouvant leurs compagnons de table des pubs londoniens ou parisiens ?

En Syrie, il ne s’agit pas de la vie du Président Assad ou du Baath ou de pluripartisme dans une distribution ethnique de portefeuilles, mais de la vie d’une nation qui était indépendante et voudra le rester. L’histoire sainte nous apprend que Eve fut troublée par le serpent et Adam bien faible, car il admirait certainement plus sa femme qu’il n’en étudiait les faiblesses. Si les conséquences de ses actes lui étaient apparues, au lieu de demeurer l’œil rivé sur des querelles de mots, s’il avait davantage raisonné, la postérité que nous sommes aurait connu plus de visages que de masques. Mais les souffrances de la guerre ont au moins ce résultat de faire tomber les apparences et de montrer les choses en soi.

 
 
 
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