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La gifle du Pont neuf ou la mascarade wahabite !

samedi 6 octobre 2012, par Pierre Dortiguier

Un artiste marocain, Mounir Fatmi en mal de création, a eu l’idée moderne, où tout consiste à étonner, plus qu’à plaire et donc à n’instruire ni les sens ni l’intelligence, de projeter des versets du noble Coran sur le sol comme distraction esthétique, à Toulouse, mardi dernier. Infortunément le système s’est détraqué et les versets se sont trouvés balayer un très beau pont, le plus ancien de la ville, construit contemporainement à celui d’Ispahan, et qui garde toujours son nom traditionnel de Pont Neuf.

C’est là que la mascarade commence ; alarmés de voir des habitants dont on peut imaginer qu’ils ne connaissent pas les caractères du livre sacré, pas plus qu’ils ne pourraient lire le latin des Evangiles ou même une prière médiévale en langue locale fouler innocents le texte du saint Coran sous leurs pas, des activistes – ceux que la presse anglophone nomme « militants » - se sont attroupés après qu’une femme de trente ans, wahabite, ait par derrière, à trois reprises, giflé une étudiante de 19 ans, à 21h, qui marchait sans le savoir sur les lettres ; un vraie guerre comme celle que Rabelais raconte, s’est produite, et l’étudiant agressée a dit qu’elle « ne faisait pas l’amalgame » avec la communauté musulmane ! [1]

Mais quelle est donc cette superficialité entretenue jusqu’à l’excitation par des organismes suspects, dont chacun s’accorde à dire qu’ils préparent un affrontement inter-confessionnel ou ethnique ! Pourquoi aussi mépriser à ce point un livre sacré pour le projeter dans les espaces d’une lumière artificielle ? Convertir une religion en spectacle « Sons et Lumière » est le dernier degré de l’hystérie contemporaine, maladie de l’esprit dont un des traits pathologiques classiques est l’insensibilité.

Ceci nous ramène à un peu de recherches historiques, non pas lointaines, mais à portée de main ! Il est recommandable d’ouvrir son ordinateur et de consulter le lien de Wikipedia sur le Wahabisme, comme idée religieuse, politique et sociale attachée au Royaume saoudien, dès son origine puisqu’un mariage scella l’union de cette famille avec le fondateur de la secte ! Ce dernier terme désigne ceux qui suivent ; et il y a de bons et de mauvais sectateurs, relativement à l’objet poursuivi.

Il serait bon que les Européens, anciens et nouveaux, suivent attentivement les méfaits sacrilèges du Wahhabisme dont nous avons dit, d’après les Mémoires de l’agent anglais Humfrey publiées en Turquie ottomane, qu’il fut un lavage de cerveau de son fondateur sur commande du ministère des Colonies anglais voulant défaire les deux Empires persan et turc : l’action de ce mouvement sera de mettre à sac la Mecque, Médine et Kerbala, au début du 19ème siècle, et si les résultats n’en sont plus encore si visibles, c’est que la communauté musulmane mondiale - les pèlerins des Indes et d’Indonésie, d’Afghanistan, de l’Empire russe, de l’actuelle Malaisie en premier, outre ceux de l’Empire ottoman-, permirent au Sultan de recueillir, sous Mahmud II, la somme de 700000 livres sterling pour rebâtir ce qui avait été ignominieusement saccagé sous prétexte de lutte contre l’idolâtrie !

Le Christianisme a aussi connu ces folies et l’irascible, quoique excellent écrivain français et disciple d’Aristote, Jean Caulvin ou Chauvin dit Calvin (1509- 1564) - tout comme les actuels hommes d’Etat wahhabites qui violent les âmes des fidèles, ou paient des mercenaires pour détruire Alep, alors qu’ils se coulent une vie peu ascétique dans leurs séjours londoniens - a voulu « wahabitiser » avant l’heure. Il écrivait : « Il a fallu écarter innumérables superstitions… les saints étaient invoqués comme dieux ; les propres appartenances de Dieu leur étaient attribuées, et il n’y avait pas grande différence entre la vénération d’iceux, et cette idolâtrie que tous à bon droit ont en horreur et exécration » !

Cela conduit au résultat où, supprimant toute distance respectueuse entre Dieu et soi, que sont les personnages pieux et vénérables défunts, nos dignes parents en premier, l’orgueil sous-humain se voit à égalité avec son Créateur, comme un élève effronté et paresseux, négligeant les exercices de son maître, courant jouer au piano sans solfège !

De là cette audace terrible du wahabisme appuyé sur la force dynastique et étatique, consolidée par Londres, dans les combats menés en premier contre l’Islam politique que l’Histoire enseigne : l’anéantissement en 1998 de la tombe d’Amina Bint Wahb, mère du Prophète est la suite d’autres scandaleuses destructions de sépultures et de mosquées ou lieux de prière, pour ne pas citer les plus humiliantes qu’il nous répugne de reproduire et que le lecteur curieux trouvera sur Wikipedia ; non que ces actes soient, pour user du vocabulaire de la fraternité maçonnique, le propre de l’âge de la darkness, de l’obscurité : « quelle heure est-il ? » est-il rapporté par l’illustre écrivain et universitaire écossais, John Robinson, dans son livre de 1798, paru à Edinburgh, sur les Preuves d’une conjuration contre tous les gouvernements et religions existants de l’Europe etc. ; il faut répondre que « c’est l’heure de l’obscurité parmi les hommes » et que « c’est midi dans la loge ». En somme, l’heure de l’obscurité est chez les Musulmans, les Chrétiens et Mosaïstes réels, sauf au midi de la loge wahabite ! Cette empreinte barbare - on ne peut parler d’hérésie- du wahabisme explique pourquoi les aïeux de l’actuel Hezbollah libanais ou les Musulmans chiites de Bassora et d’ailleurs n’ont pas répondu à l’Arab Revolt de 1916 : ils savaient les méfaits de cette dynastie et de ce fanatisme profitable aux destructeurs de la paix et de l’ordre islamique ! Elle se proposait de répandre la lumière déposée dans la famille régnante, contre les tyrans d’Istanbul et du Caire, dont Mehmet Ali, ; et aujourd’hui, toujours dynastiquement armé et impulsé, le mouvement désigne ceux qui sont des tyrans dont le plus horrible est à leurs yeux Bachar ; il ne craignent plus Dieu, car ils l’ont identifié à leur instinct d’anarchie qui supprime toute marche dans l’escalier montant au Paradis ! Comment définir cette folie ? Ou plutôt sa raison d’être ? Sa finalité ?

« Nous avons parmi nos agents - conscients et inconscients - des hommes de toutes les opinions : restaurateurs de monarchies, démagogues, socialistes, anarchistes, communistes et toutes sortes d’utopistes. Nous les avons tous attelés à la besogne : chacun sape de son côté et s’efforce à renverser tout ce qui tient encore debout. Tous les Etats sont excédés de ces manœuvres ; ils appellent la paix et son prêt à tout pour l’obtenir… » lisons-nous dans un pamphlet célèbre dont les universitaires périodiquement démontrent la fausseté, et que n’écoute point l’étudiant distrait par ce qu’il entend des rues d’Alep et d’ailleurs !

Chacun sent qu’il y a une subversion dont les acteurs ignorent où l’on veut les mener, comme celle qui giflait sa cadette étudiante sur le Pont Neuf, confondant une image avec une pensée, attitude idolâtre par excellence ! C’est vouloir arracher la paille dans l’œil du voisin et ne pas voir la poutre dans le sien, avait averti Jésus (béni soit-il), giflé aussi sur tous les Pont Neuf qu’emprunte une foule marchant vers le plus incertain des avenirs ; sauf à compter sur la bonté et la miséricorde de Dieu !

 
 
 
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