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La dame blanche du végétarisme...

lundi 5 août 2013, par Pierre Dortiguier

L’on a tout dit sur le végétarisme ou l’on n’en parle trop, - c’est un nouveau hobby, diront les blasés et aussi les intoxiqués de tout ! Ce mouvement est, au contraire, très ancien, s’est maintenu et développé dans les Temps modernes et a dans le pythagorisme "antique" ou plus près de nous, comme on voudra le dire, ses lettres de noblesse. Le fameux géomètre et arithméticien « grec d’Asie », qui a donné son nom au théorème de Pythagore et aurait créé le terme de "philosophe", voulait que ses disciples, hommes et femmes, fussent végétariens, s’abstinssent de nourriture animale pour mieux étudier ! 

En France, Montaigne le pratiquait, l’ordre de Saint Bruno aussi, qu’on dit les Chartreux, Voltaire, Rousseau ont plaidé en sa faveur et Richard Wagner les cite. Lamartine l’a présenté comme son éducation maternelle jusqu’à ce qu’il soit jeté dans la vie des collèges, à l’âge de 12 ans, tenu loin des viandes "putrides" (selon son expression) ; et l’Asie - non wahabite s’entend ni celle buvant l’islam dans un punch colonial britannique, à la façon de Muslims Brethern - le pratique diversement !

Georges Sand a dit qu’il n’y aurait de monde sans guerre que lorsque l’on aurait cessé de s’alimenter sur la mort animale et la grossièreté de l’élevage ! A quoi les gens qui s’énervent vite, et crient plus qu’ils ne digèrent bien, exhibent un mot en effet authentique de l’innommable chef d’Etat wagnérien qui soigna par le végétarisme son gazage pulmonaire de la première guerre mondiale à l’ypérite ; et qui dans un "propos de table" authentique, sorte de hadith rapporté, prône l’alimentation crudivore. L’historien anglais végétarien Howard - que connaissait Gandhi et dont Tolstoï a préfacé la version russe, a écrit une "éthique" du régime végétarien, sorte d’histoire du mouvement, à la fin du 19ème siècle ; le mouvement fleurissait déjà à l’aube du siècle avec John Newton et fut surtout organisé là où tout est organisé, comme on le voit aujourd’hui, même quand l’on n’est ni musicien, ni métaphysicien, en Allemagne !

Dans ces deux pays des Angles et des Saxons, le mouvement avait et conserve une connotation religieuse et esthétique, - car surtout en Allemagne l’éducation de l’être humain ne sépare pas la morale et l’esthétique ou science du beau - ; il s’agissait de lutter contre le mal, de réconcilier l’homme avec lui-même, la politique avec la nature, le monde animal et la société ! C’est que l’Allemagne comme l’Angleterre - à savoir la merry old England, la grande patrie saxonne - dont notre Normandie fut une partie - avaient une idée non pas despotique ni non plus aimable, copinarde, mais intérieure de Dieu, animant la conscience humaine, créateur des mondes visibles et invisibles, "Seigneur des mondes" comme le dit l’expression coranique ; et qui avait donné à l’homme le minimum de vie pour le maximum d’efforts : ce qui est une sorte de théorème mathématique !

Dans ce qui n’est plus qu’un monde en miettes, surtout en France devenue le champ clos de guerres civiles larvées et un pays de liberté pour les égoïsmes rebelles à la discipline et qui se "mélanchonisent "assez vite, le plaisir endort l’effort, "absorbe l’âme" (selon l’expression latine heureuse attribuée à un saint Thomas d’Aquin) ; et la religion n’ y est pas comme ailleurs critiquée pour être perfectionnée, mais est éloignée comme importune en soi : c’est la "plaisirologie" qui est le mot à la mode ; or le végétarisme est une mortification des sens - une spiritualisation du goût et une diminution de la volonté de vivre reposant sur l’anéantissement d’autrui : le contraire de la Goldman Sachs !

Toutefois, comme notre génération est devenue par un succès remarquable de la pédagogie formée aux triples mensonges du marxisme, du nietzschéisme et du darwinisme (en ajoutant l’absurdité et la fausseté, la menterie médicale du freudisme) irritable à tout ce qui est idéal, l’intelligence est un sommet trop haut ; et elle désigne par obscurantisme religieux tout le passé : elle croit que le soleil est un miroir suffisant de sa sensualité vite déclinante, et si elle admire une partie du ciel elle ignore ce que le grand penseur prussien-allemand Kant a dit du "ciel étoilé au dessus de moi et de la loi morale en moi" !

Heures les plus sombres de la conscience, croit-elle, et elle rejette, encouragée par le curé local ou l’imam à court d’idées et embarrassé par ses sens trop nombreux, à son goût, toute idée d’ascèse, de formation spirituelle qui prendrait les histoires des religions non pour un scénario de film, mais une allégorie, une éducation fondée sur le mystère et qui appelle à des découvertes ; tout ceci a été bien expliqué sur un site de Vivre cru - que je conseille de regarder pour ses conseils et la science pratique de son auteur herboriste catalan, par une jeune femme blonde aux yeux bleus, - ce qui ne lui donne pas l’apparence de la mûre Anne Sinclair ; mais il est certain que le régime alimentaire et l’âge aussi des deux personnes est différent et que la bergère de Lourdes sainte Bernadette vite enfermée au couvent, - peut-être pour qu’elle ne discoure pas trop dur l’objet réel de sa vision - imaginons-le, mise en présence des deux , montrerait du doigt la première assurément comme ressemblant davantage à la femme planétaire qu’elle rencontra toujours habillée de blanc, comme les "dames blanches" des récits féériques trop constants et nombreux pour être des fictions !

Il est temps que la jeunesse, pour survivre aux maux que certain sang vicié par l’alimentation, fruit des mauvais désirs, imposent au monde, regarde autour d’elle les bons modèles et ne tire pas vers le bas cet air chaud du végétarisme qui - la physique le démontre - est plus léger que l’air ambiant ! Dans les traditions religieuses dont la dame claire citée donne une interprétation communautaire réelle (par allusion à religare), ce que les Musulmans nomment, à partir d’un nom céleste ou planétaire, dit-on chez un érudit allemand saxon, la oumma, ce sont les exemples pratiques qui l’emportent sur la raison théorique ! Et ces exemples sont les saints réels ou supposés ! A cet égard sommes-nous si sûrs de l’existence historique de Socrate ? Le philosophe belge Dupreel ne le croyait pas. Nous avons son personnage, qui est l’essentiel. Et lire la vie de certain saint suisse du 15ème siècle et patron du pays, comme Robert Flue apprend que l’on peut vivre à partir de cinquante ans aussi, en solitaire, de l’énergie du soleil (Sungazing) et du jeûne ; toute l’Inde le savait et y applaudirait, mais là bas on n’eût pas même relevé le nom du brahmane suisse ! Mais on y jeûne pour prier, et non pas l’inverse ! Et le Coran qui affirme avec raison, dans la Sourate de la Caverne - la plus importante du "livre"- , que peu d’hommes sont croyants dit qu’en fait, il faut espérer que Dieu ou le Tout Puissant, le All(m)ahu qui est le maître de l’Univers ("All" visible et invisible, qui est au-delà de nos écrans de télé physiologiques et matériels) prie pour nous ; et pour cela il faut être propre, un candidat (habillé d’une robe blanche, "candidatus" selon le sens "latin" du mot candidus, donnant notre candide et disant le blanc, couleur préférée aussi de l’éternelle amie iranienne que je célèbre toujours)

Je pourrais justement citer à ce point, le poète persan Saadi, comme je l’ai appris à Ispahan, chez mon collègue le ph.d. francophone Ibrahimi Salimi qui dit qu’un mystique entra au Paradis, avec l’intercession de Mahomet, pour avoir fait boire un chien au désert ! Ce n’était point du végétarisme, mais son premier pas : une compassion animale ; en réalité le végétarisme n’est rien sans la charité, mais celle-ci est bornée sans lui, étouffée par le sucre artificiel. Les beignets, les Mac- Donald,qui donnent leur recette du samedi à qui l’on devine, et les abattoirs divers dont le résultat est le cancer de plus en plus précoce, sans parler de l’aspartame que protégea Donald Rumsfeld qui rend idiot ou vous transforme en satyre !

Il est certain que le peuple croira davantage comprendre le sacrifice d’Abraham en parlant avec son boucher plus qu’avec un astrologue. Car le bélier, pour ce dernier, ne saigne pas mais est le vouloir-vivre du moi, qu’il importe de sacrifier ! Mais l’homme aime le sang qui coule, davantage que les calculs !

Laissons parler cette blanche animatrice du mouvement crudivore, prêchant dans le désert des âmes ne sachant plus brûler, bonne fée et mère de famille - comme elles sont souvent :  En fait la « dame blanche » qui participe au débat sur le site se pose la question non de ce qu’est (l’essence) du régime végétarien – le directeur et animateur du site, herboriste que j’ai vu et entendu parler - le dirait mieux qu’un autre - mais le "en vue de quoi" (la finalité) du végétarisme : est-ce revenir à l’homme tombé de l’arbre ou venu du ciel ? A qui profite la santé retrouvée, est-ce pour vivre plus longtemps ou vivre mieux ? Manifestement les contradicteurs auxquels elle s’adresse n’entendent pas ces questions, car ils sont étonnés que la matière pensent, mais ils ne disent pas : pourquoi pense-t-elle ? C’est trop monarchique, trop élevé, trop haut, trop métaphysique, c’est du Dali, et l’on préfèrera souvent, même végétarien ou crudivore, déjeuner sur l’herbe dans un tableau de Renoir ! Etre aux couleurs impressionnistes, « plafond bas » ajoutait un critique, Spengler, dans « La chute de l’Occident » en parlant en effet de cette école de peinture dépouillée de toute mythologie ! Une couleur sans dieux, pas même un ! Lisons la dame blanche, Laure, dont le style est sobre et enjoué :  

« Quelle tristesse ! Que de simplifications… Tous dans le même sac : le bon, la brute et le truand. Adieu saint Thomas d’Aquin, saint Augustin, saint Ignace de Loyola, sainte Thérèse, saint Vincent de Paul, saint François d’Assise, sainte Bernadette… de vilains manipulateurs, et non pas des gens qui nous proposaient de nous élever (je parle pour la religion catholique, je connais mal les autres). Et je ne vous parle pas des textes, des inventions, des mots choisis volontairement pour nuire et abrutir, des fadaises, aucune sagesse, jamais, que du malheur… Balayer des siècles d’histoire humaine, ignorer tout ce qui s’est fait de beau en choisissant d’appliquer à la lettre l’endoctrinement de « l’éducation » nationale, créée à dessein au XIXe siècle pour nous séparer de Dieu en extirpant la religion de nos cœurs (c’était le but de Jules Ferry, qui a également soutenu la colonisation : « Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis à vis des races inférieures »). Cher Jules… quel progrès ! On nous a fait croire que la religion oppressait l’homme (l’opium du peuple), alors que, par exemple, au Moyen-âge, elle le protégeait contre les intérêts économiques des puissants, en imposant des jours de repos (saviez-vous qu’on était plus libre au Moyen-âge que maintenant ?). Elle était (est encore un peu) le meilleur rempart contre le capitalisme dévoyé, contre la marchandisation de l’homme, contre l’esclavage, contre les massacres, contre la barbarie. Par exemple, on nous a fait croire que les Jésuites étaient esclavagistes alors que, au contraire, ils ont lutté contre le massacre des Guaranis (voir « Mission »), se sacrifiant pour eux jusqu’à la mort. On a réécrit l’histoire pour avilir, toujours avilir, et cela a parfaitement fonctionné. Cher Jules Michelet ! (tiens, un autre Jules) Nous livrer à nos errements, pour faire de nous de bons petits consommateurs obéissants, de bons petits soldats de la mondialisation. Et cela de manière accélérée depuis les années 1960. Curieusement, plus on nous « libère » de la religion, plus nous sommes prisonniers de nos pulsions, de nos égoïsmes, de la société de consommation… où est le progrès depuis que nous sommes devenus nos propres maîtres ? Choisir de regarder les fautes et d’ignorer la beauté des hommes et des actes passés. Dénigrer. Avant nous, seulement des crétins, des naïfs vous dis-je. Nous sommes tellement supérieurs, nous, hommes modernes. Tous nos ancêtres se sont trompés. Faire table rase du passé. Vive Attila ! (qui devait avoir pour prénom Jules, mais cela s’est perdu dans les annales) Pourtant, déracinés, coupés de notre mémoire, livrés à nos pulsions au lieu de tenir compte les uns des autres (religare), nous sommes plus influençables, manipulables à loisir. Nos dirigeants (les vrais, pas les hommes politiques, ceux qui les paient), eux, connaissent les points faibles de l’humain et lui donnent l’illusion de la liberté en le précipitant dans leurs pièges. Ne nous trompons pas d’ennemi. PS. on trouve au moins deux autres étymologies au mot religion :
- religio : respect de ce qui est sacré
- et l’étymologie donnée par Cicéron de relegere : relire, c’est-à-dire interpréter les textes ou avoir quelqu’un qui nous en donne une interprétation. Car nous n’avons pas tous la certitude de tout comprendre seuls. Mais peut-être ne suis-je simplement pas assez éclairée…
 »

Le texte de Cicéron est dans un livre « de la nature des dieux » - je le dis de mémoire - et en effet ce mot de religion est mystérieux, et l’on a même donné cette version (DE)R E li gion, ce qui, avec cette correction signifierait que « DeR(le) E LI nom d’une divinité partout lisible sur la pierre, de l’Amérindie aux îles Maori – ce qui donne aussi Ali qui chez les Alaouites allègrement massacrés par les mercenaires wahabites avec les armes de Sa Majesté est donné pour un nom de Dieu, et qui est lisible chez Elie etc. – ce E li (ou peuple de Dieu de l’ Eternel - ce que dit le lettre E repérable dans la graphie du nom d’Allah même) va (gion) en vieux saxon ou goes en anglais moderne, allemand moderne geht) dans sa course universelle !

J’oublie de préciser aux incrédules que cette idée d’une langue universelle dont l’Allemand serait la forme la plus simple est dans Leibniz, au livre sixième de ses Nouveaux Essais sur l’Entendement humain  ! Un auteur alsacien a dit la même chose au temps de la Réformation ! Merci à « la dame blanche » !

 
 
 
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